Agora du Management
L'excellence est souvent invoquée comme principe de management. L'excellence est quelque chose de relatif ; elle est comparable à la ligne d'horizon vers laquelle on va mais que l'on atteint jamais. Et ce qui peut paraître excellent aujourd'hui dans un contexte donné, l'est beaucoup moins dans un contexte voisin et un futur proche ou lointain.La force et la faiblesse du concept d'excellence, c'est qu'il ne permet pas le repos et qu'il contraint à un dépassement perpétuel.
L'excellence lorsqu'elle est imposée par le haut apparaît comme une critique de la médiocrité et une volonté de culpabiliser pour obtenir que les collaborateurs s'impliquent davantage.
L'excellence redécouverte par chacun et vécue à tous les niveaux devient au contraire le moyen primordial de contaminer tout un chacun de l'esprit d'entreprise, de transformer tout membre du personnel en un intrapreneur.
A la lecture de ce passage du livre "La créativité, mode d'emploi' de Hubert Jaoui, je me suis posé la question de la distinction entre excellence et perfection. Voici donc ce que le TILF en dit :
Excellence : caractère de la chose ou de la personne qui correspond, presque parfaitement, à la représentation idéale de sa nature, de sa fonction ou qui manifeste une très nette supériorité dans tel ou tel domaine.
TILF
Perfection : Qualité, état de (ce) qui est parfait, sans défaut. Vient du latin perfectio "achèvement complet, état de ce qui est idéal en qualités et sans défauts"
TILF
De ces deux définitions, nous pourrions en conclure que l'excellence est un état inférieur de la perfection. Toutefois, à considérer raisonnablement la perfection comme un idéal inatteignable, on peut renverser les valeurs et considérer l'excellence comme une attitude réaliste... mais ambitieuse.
L'excellence ne renvoie pas à une notion de vrai ou faux ; elle se définit par rapport à un idéal, donc à quelque chose de relatif (relatif à une époque, une culture, un environnement...) et d'extérieur à la réalité.
L'excellence n'est pas concurrence ou compétition ; la comparaison se fait par rapport à l'idéal et non à l'autre.
Peut-il y avoir excellence sans idéal ? ...
Cher Aigle,
Merci pour votre réaction et commentaire ; la notion d'excellence n'est peut-être pas adaptée au monde de l'entreprise ; néanmoins, elle est utilisée de plus en plus et il peut être intéressant de se demander pourquoi ou du moins d'en relever les contradictions.
J'ai, suite à votre commentaire, publié un autre article sur l'excellence afin de compléter le panorama : L'Excellence avec une majuscule.
Nous sommes d'accord sur le fait que l'utilisation de la notion d'excellence n'a pas une grande valeur descriptive des pratiques de management mais peut-être son utilisation doit-elle être considérée comme une invocation de certains mythes de l'humanité pour y trouver une énergie mobilisatrice des groupes humains :
- Mythe d'Icare : recherche de l'affranchissement ; sous-entendu l'affranchissement des faiblesses de l'homme et de sa propension à l'erreur.
- ou Mythe de Prométhée : recherche d'une source d'énergie inépuisable.
L'excellence apparaît comme une fuite de l'erreur, qui pourtant est sa condition d'existence ; que serait la perfection sans l'erreur ? Finalement, l'erreur n'est-elle pas plus un moteur de progrès que l'excellence ? il est vrai qu'invoquer l'erreur n'est pas aussi accrocheur et vendeur que d'invoquer l'excellence.
En conséquence de ce petit développement, j'en déduirais que la notion d'efficacité ne peut se subsituer à celle d'excellence, étant entendu que cette dernière fait appel à l'imaginaire humain plus qu'elle ne décrit ses pratiques.
Selon moi, Le Robert mélange deux notions dans sa définition de l'efficacité :
- L'efficacité est la capacité à produire l'effet attendu ; il s'agit donc d'un rapprochement entre l'objectif d'une action et son résultat constaté ; on retrouve le principe d'une finalité extérieure que l'on va s'efforcer de faire passer dans le réel (ce qui ne se fait jamais vraiment parfaitement). Je soulignerai également que l'objectif assigné n'est pas nécessairement ambitieux, ce qui vise à introduire la notion d'excellence. Que pensez-vous de cet objectif : "écrire deux mots à l'heure" ;si je réussi, mon action sera considérée comme efficace (je vous rassure, j'écris plus vite que cela ;-) )
- L'efficience introduit une notion complémentaire dans la sens de la deuxième partie de la définition du Robert : faculté à optimiser les moyens mobilisés dans l'atteinte d'un résultat ; il s'agit d'un rapport entre le résultat constaté et les moyens mobilisés (le rapport entre l'objectif et les moyens pourrait être qualifié de pertinence).
Au final, et pour boucler avec votre conclusion, je dirais : Soyons efficients (l'efficacité relève encore trop d'une certaine idéalité).
AIDEZ FABRICE !
En résumé :
Fabrice est un petit garçon de 6 ans atteint d'une maladie rare, la leucodystrophie...
De nouveaux essais clinique sont en cours et Fabrice aurait enfin peut-être un espoir, mais ce traitement lui est refusé sous prétexte qu'il est trop vieux de 4 mois... Son père à décidé de lancer une pétition... Si vous désirez aidez Fabrice et sa famille en signant la pétition cliquez sur le lien ci-dessous... Merci pour lui...
Peter Pan...
Peut-il y avoir excellence sans idéal ? ...
une excellente question la chouette. j'ai bien aimé le commentaire de l'aigle (même si son pseudo effraie un peu ; je voulais signer la mésange mais je n'ai pas osé, de peur d'être dévoré tout cru ;-) sur l'efficacité vs idéal
comme à mon habitude je vais prendre ta question de biais ; via la langue chinoise qui peut nous donner un autre éclairage sur les conditionnements de notre pensée.
Idéal renvoie au monde des idées ; ces choses permanentes qui flottent au dessus de nos têtes et auxquelles nous cherchons avec acharnement à accéder. L’excellence, on la poursuit. Et malheureusement elle court très vite !
En chinois je vois trois manières de dire excellent : 优秀 yōuxiù; 精 jīng; 妙 miào;
优秀 yōuxiù; dans 优 l’élément qui fait le sens est la partie gauche : l’homme (forme traditionnelle : 優). L’excellence, ce n’est pas l’affaire d’idées extérieures ; c’est une affaire d’homme. Un homme qui atteint l’état d’excellence. Notons aussi des sens secondaires de ce caractère : libre et décontracté d’un côté, voire même indécis (comme dans 优游) ; acteur de l’autre côté (comme dans 优伶) ; ce qui convaincra je l’espère le lecteur de l’aspect incarné de l’excellence. Quand à 秀 , il est fait d’une céréale 禾 et d’une poitrine 乃 suggérant ainsi une abondante récolte ; ce qui nous rapproche de l’efficacité et des processus évoqués par l’aigle. 秀 signifie excellent, mais aussi beau, élégant.
精 jīng; désigne un certain raffinement ; une essence (comme dans l’alcool酒精). Il est construit de riz à gauche米 et d’un élément phonétique青 à droite. Pourquoi du riz ? Parce que le riz est considéré comme parfait. Du riz est toujours parfait ; c’est l’essence de la nourriture chinoise, et c’est à partir de lui qu’on fait l’alcool. L’ excellence n’est pas nécessairement grandiose ; elle peut être très basique.
妙 miào; représente graphiquement une petite femme ; sémantiquement il signifie plutôt « excellent ; magnifique ; parfait » avec une nuance d’ »ingénieux ; malin, subtil ». L’excellence ce n’est pas Goliath mais plutôt David, ou même (pour rester chinois) Mulan !
Féminité de l’excellence qui se cache dans les plus petits recoins de notre être.
Je voudrais rappeler une vision taoïste de la création des choses : le Qi (souffle originel) était à l’état gazeux ; infiniment subtil et fin, et il s’est condensé de manière grossière dans des êtres. Ainsi la perfection est en nous ; mais il nous faut revenir à sa finesse originelle. Ainsi on ne poursuit pas l’excellence comme un but extérieur mais on la recherche dans son être même.
Quand à l’idéal, on peut le traduire par理想. Le理 li étant une notion néoconfucéenne d’ « ordre des choses » délicate, dans laquelle je ne souhaite pas rentrer ici (le 理li est utilisé dans des notions aussi hétéroclites que理论 lǐlùn la théorie; et 管理 guǎnlǐ manager).
On peut aussi dire志愿 pour idéal au sens d’aspiration ; 志 étant fait d’un lettré et d’un cœur, alors que 愿 (qui inclut aussi un cœur) représente un désir sincère.
Ce que je souhaite juste poser ; c’est que l’excellence n’est pas spontanément reliée à une forme d’idéal extérieur à l’homme dans une vision chinoise. Voici ce qu’il me semble
Je ne pense pas être clair mais tant pis ; je viserai l’excellence la prochaine fois ;-))
Ton commentaire complète ou termine mon article ; en effet, comme tu l'as peut-être deviné, lorsque je parlais d'extériorité de la notion d'excellence, j'avais en tête mes lectures de F Jullien ; j'ai commencé à imaginer un complément d'analyse au travers du lexique chinois mais je manque cruellement de connaissances et de temps. C'est donc avec grand intérêt que j'ai lu ton développement ; j'y répondrai demain car ce soir, je dois être raisonnable : mon petit garçon d'un mois va encore perturber ma nuit.
Le test fonctionne ;-)
Comme promis, j'ai lu avec attention ton commentaire.
Concernant le 理 li, il va falloir s'y attaquer ; tu en parles mais évite le sujet ; pour ma part, j'avais annoncé une thématique sur l'ordre au travers du prisme chinois, mais j'ai encore reculé devant ; ma maîtrise du chinois étant insuffisante, je passe beaucoup de temps à feuilleter les dicos et ouvrages de référence en ma possession.
Peut-être faudra-t-il unir nos efforts pour traiter ce sujet ?
Au-delà, ton commentaire est tout à fait clair pour moi et il apporte une vision particulièrement intéressante : l'excellence comme intériorité plutôt qu'extériorité !
Cela implique pour l'individu de ne plus se compararer aux autres et se positionner par rapport aux eux ; voilà ce qui serait une forte évolution culturelle en Occident. En fait, ne faudrait-il pas trouver un autre terme qu'excellence pour cette idée ; en effet, l'étymologie de excellence implique une sortie (une exteriorisation donc) pourquoi pas incellence ?
toutefois, est-ce que la recherche d'une excellence en son for intérieur n'implique pas néanmoins l'existence de normes ?
Pour avancer dans la voie que tu ouvres, Florent, j'ai repris le très intéressant livre de Sophie Faure "Manager à l'école de Confucius".
Comme elle le rappelle, le confucianisme est une philosophie du gouvernement qui s'adresse au souverain ; comme elle le dit le bon souverain (et elle dérive ainsi sur le bon manager) "n'a de cesse de nourrir sa relation à l'autre et de chercher à développer" un ensemble de qualités/valeurs liées entre elles ; elle en énumère six :
- 仁 ren : sens de l'humain, valeur centrale englobante
- 义 yi : équité rituelle
- 礼 li : rites
- 德 de : morale (comportement), conformité aux règles
- 心 xin : confiance
- 智 / 知 zhi : connaissance des choses et des hommes
Finalement, cette excellence dont tu parles, Florent, est-elle vraiment intériorisée et ne repose-t-elle pas sur des valeurs extérieures mais centrées sur l'homme ?
Qu'en pensez-vous ?
Mon cher Chouette,
C’est pour moi un privilège d’avoir une réponse à de votre part sur mon avis au sujet de l’Excellence.
Je ne pense pas pouvoir vous faire changer de idée et c’est ne pas le but, mais je vais essayer de éclairer ma pensée, même si pour moi est un exercice assez compliqué !!!!
Concernant les invocations par certains mythes, je suis tout à fait d’accord avec vous.
Icare : « recherche de l’affranchissement des faiblesses de l’Homme et de propension à l’erreur » Nous savons bien que des erreurs commises donnent naissance à une réflexion qui doit nous emmener à une modification de nous. Si l’erreur n’existé pas que deviendrait l’Excellence ou l’ surpassement de soit ????
Prométhée : « recherche d’une source d’énergie inépuisable » C’est ce qui est à l’intérieur de nous.
Je ne veux pas substituer l’Excellence par Efficacité. Juste utiliser l’Efficacité dans son concept et dans l’environnement qui le sien à l’intérieur de l’entreprise et du management, entendu que l’Excellence fait appel à l’imaginaire et dans l’entreprise on cherche le coté pratique, absent de l’Excellence !!!!
« L’Efficacité est bien la capacité à produire l’effet attendu » Alors sur l’objectif « écrire deux mots à l’heure » encore foudre t’il savoir quels ont ceux deus mots ??? Car bien souvent il faudrait bien réfléchir avant de envoyer des mots sans avoir de sens…..Mais ce ci dit si un tel objectif est fixé, la question que l’ont doit se poser c’est : qui est le manager qui me dirige pour me donner des objectif si faibles ??? Je me ferais muter rapidement dans un autre service au je change d’entreprise. Pour que un objectif soit bon il doit être ambitieux, mesurable et atteignable, ors ce lui donnée en exemple ne répond pas ni à l’efficacité ni au bon management. Je suis assurée vous écrivez bien plus que deux mots à l’heure, pour preuve votre « excellent » blog que j’apprécie. Sur l’Efficience rien à ajouter je suis d’accord.
Permettez moi de avoir encore une certaine naïveté et être un peu idéaliste, car sans idéal je ne sait pas me diriger dans cette jungle dans la quelle nous vivons. Avec toutes mes excuses.
Nos points de vue ne sont pas si éloignés ; il n'est donc pas nécessaire de me faire changer de point de vue.
Dans ma démarche, je ne vise pas à normaliser le vocabulaire du management et donc, par ce biais, à exclure la notion d'excellence, sous prétexte qu'elle n'apporte rien au manager ou au managé ; je constate sa présence dans le vocabulaire du management et cherche à la comprendre, ou à lire entre les lignes : chercher le non-dit.
Ceci étant dit, votre propos amène une autre réflexion ; le domaine du management n'est-il pas un réduit de l'activité humaine au sens large et de ce fait ne peut-on pas y rencontrer toutes les dimensions de cette activité humaine, comme les idéaux, religions... ; du moins, si ces domaines ne constituent pas des facettes du management, il faut considérer qu'ils interfèrent avec lui.
Bonsoir "La Chouette"
Dans votre réponse à Florent vous lui sudgerez la reflexion sur le mot
"Incellence" Je ne connaispas ce mot ,??? mes connaissances sont epuisses!!!!!
En fait, ne faudrait-il pas trouver un autre terme qu'excellence pour cette idée ; en effet, l'étymologie de excellence implique une sortie (une exteriorisation donc) pourquoi pas incellence ?
Pouvez vous m'éclairer?
Merci
Excellence traduit la recherche d'une perfection extérieur dans un acte, une technique visible
Incellence traduit la recherche d'une perfection intérieure dans ses qualités humaines non appréciable directement (visible par ses effets seulement)
Si quelqu'un a une idée qui sonne mieux, n'hésitez pas à en faire part !
Bonsoir,
J'avais bien compris le sens d'"Incellence" mais je netais pas sur de la non existence dans la langue Fraçaise. Je peux vous proposer SAGECE car ça viens du plus profond de l'interieur et ça rejoint le commentaire N°3 de Florent et le votre car vous etes tous le deux des ferus de la langue chinoise.
J'arrete la.
La chouette ; laisse moi te redire l’intérêt que j’ai à te lire ; je ne viens pas assez souvent par ici ce qui fait que nos discussions prennent un tour décousu que je regrette. Et pourtant mon bébé d’un an et demi dort maintenant presque toutes les nuits ! Pas comme toi ;-( Je n’ai donc pas d’autre excuse qu’une passion dévorante et consumante pour la formation des caractères chinois.
(deux en particulier t’intéresseront peut être : le mot « compliqué » ( http://florent.blog.com/1702107/ ) et le mot « comprendre » (http://florent.blog.com/1702135/ )
Désolé si je parle peu du management ; c’est intéressant mais j’en parle déjà beaucoup dans mon travail ;-))
J’ai pas mal de choses à dire ; je vais les séparer par des --- pour plus de clarté
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D’abord une référence aux dialogues de Platon, qui montre que les grecs ne considéraient pas forcément l’idéal comme étant hors de l’homme. Socrate invite à réfléchir au côté humain de l’excellence. D’où l’idée importante pour moi, selon laquelle il ne faut pas opposer les visions chinoises aux visions occidentales ; mais simplement observer le développement de chacune, le chemin de chacune.
SOCRATE.--Et aussi, à propos de conduire droitement (orthôs), que ce sont seulement ces deux choses, opinion vraie et epistèmèn, par la possession desquelles un homme (anthrôpos) conduit droitement (orthôs) ? Car ce qui advient par chance n'advient pas du fait d'une conduite humaine. Mais ce par quoi un homme (anthrôpos) est quelqu'un qui conduit selon le droit, ce sont ces deux choses, opinion vraie et epistèmè.
On lit dans la note numéro 38 : Socrate a beau accumuler les références à l'homme en général (deux occurrences du mot anthrôpos sans article et une occurrence de l'adjectif anthrôpinè en cinq lignes dans cette réplique), suggérer des limites à ce qui mérite ou pas le qualificatif d'« humain », Ménon, qui prétend s'intéresser à l'origine de l'excellence en l'homme n'a cure de savoir ce qui fait qu'un homme est homme !... Sans doute pense-t-il que c'est évident et qu'il le sait déjà...
Référence complète des dialogues :
http://plato-dialogues.org/fr/tetra_3/meno/t96c_00c.htm
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Le mot incellence ; pourquoi pas ?
Mais « cellence » ne donne t il pas l’idée d’un mouvement , comme dans la célérité ? (je n’ai pas retrouvé l’origine du mot latin dans ses composants « ex » et « cellent ») . L’excellence serait alors un mouvement intérieur ?
Il me semble qu’un taoiste résumerait l’objet de ce post, ce qu’il cherche à dire, par « spontanéité authentique » ou bien « retour au tao en soi » (dans ce second terme on voit bien un mouvement interne à la personne)
Mais ce sont des propos marqués par une vision taoiste ; il est impossible de les prendre pour soi sans aborder une autre question fort difficile : l’origine et le fond de l’homme sont- ils bons ?
(le plus grand débat que je connaisse dans l’antiquité chinoise)
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Le 理 li maintenant ; j’élabore peu pour deux raisons :
- je n’ai pas bien compris ce que cela voulait dire
- c’est une notion assez tardive ; vraiment développée par des penseurs comme zhuxi pendant la période néoconfucianiste correspondant à notre moyen âge francais ; c'est-à-dire des siècles après l’antiquité chinoise (la période qui m’intéresse)
En fait l’idéal n’est pas une notion dont l’exploration m’intéresse beaucoup en chinois. Tout simplement parce que son aspect désincarné ; atemporel ne parle pas du tout à un esprit chinois je crois. Donc la langue chinoise a produit peu de termes (à part au XXe siècle ou de nombreux termes philosophiques occidentaux ont été traduits « manu militari » en chinois pour « moderniser le pays »
(une parenthèse là-dessus : je recherchais l’autre jour la notion de « valeurs » comme dans « nous n’avons pas les mêmes valeurs » ; et je n’ai rien trouvé d’intéressant en chinois ; seulement des termes très récents)
Cela dit ; fais moi signe la chouette quand tu feras ton analyse des termes chinois (on pourrait même se reprendre un pot sur ce sujet ? pourquoi pas ? je garde un souvenir très gouleyant de la bière de l’autre jour ;-)
Les six termes que tu cites ont ; dans une perspective confucéenne ; une profondeur abyssale.
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Concernant tes études de caractères, je les avais lues et avais particulièrement accroché sur le "comprendre" ; j'ai d'ailleurs noté quelques idées et laisse "incuber" (ton analyse sur "compliqué" est plus graphique et traduit moins une approche alternative et spécifique ; mais si elle n'existe pas forcément, et je sais que certains de tes lecteurs réagissent sur la tendance à vouloir pointer des différences entre la Chine et l'Occident ; de manière générale, je te rejoins assez dans ton approche)
Ton complément avec Socrate est très intéressant ; l'excellence serait à rechercher dans la conduite droite ; des lectures récentes sur la doxa (croyance, opinion) m'amènent la réflexion suivante ; si l'excellence réside dans la conduite droite (ortho), est-ce toujours l'excellence que d'avoir une opinion conforme à l'opinion générale (orthodoxa) ou l'excellence est-elle à rechercher du côté du recul critique qui va au-delà de l'opinion généralement admises (paradoxa) ?
J'aime bien également ton apport sur ma créativité farfelue d'incellence ; je dis "farfelue" car il semble qu'etymologiquement, excellence est un mot en lui-même sans aucun préfixe, ce qui implique que l' "ex" n'implique pas l'idée de sortir ; mais bon, pour être créatif, il faut passer la ligne blanche.
Concernant l'approche philosophique taoïste (et non religieuse), tu sais qu'elle représente pour moi un véritable fonds d'une vision alternative. Je note que tu marques encore ici, comme dans ton blog d'ailleurs, ton souci des origines, ce qui, je crois (ou en tous cas, ce que j'en ai compris) n'ai pas la principale préoccupation des chinois ; par contre, en ce qui concerne le fond de l'homme, je suppose que dans cette vision taoïste il n'est ni bon ni mauvais ou peut-être les deux à la fois (coexistence et complémentarité des contraires).
Pour illustrer une réponse à cette question, peut-être faut-il retenir la métaphore du funambule, jamais il n'est à l'équilibre sur son fil et cependant il tient par son mouvement et ses mouvements de rééquilibrage (peut-être faut-il considérer que l'homme dans sa recherche du bon est comme ce funambule ; quoi que ? s'il tombe (donc le mal), la chute est définitive ! :-)) ).
Pour finir, en ce qui concerne le LI, je n'ai pas encore réussi à bien l'appréhender ; le faut-il d'ailleurs si il est aussi récent que tu l'indiques.
Concernant ton intérêt sur l'idéal, je ne suis pas d'accord ; justement, c'est intéressant parce que la notion ne parle pas à un esprit chinois ; pourquoi d'ailleurs ? dans ce sens, il ne m'étonne pas que la notion de "valeurs" n'ait qu'une traduction récente. Suite à ton commentaire, j'ai jeté un oeil au livre de Sophie Faure "Manager à l'école de confucius" ; elle parle allégrement de "valeurs" confucianiste mais n'indique jamais aucun équivalent chinois ; pourquoi ce terme que l'on utilise tant (peut-être moins), les chinois ont-ils pu s'en passer ?
A bientôt
si l'excellence est le sujet de ce topic, il aurait été agréable qu'au premier post ce mot soit bien orthographié....sans le C ça fait mal aux yeux...
de même que efficacité avec un seul F, etc...
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Au-delà, il faut juste savoir que la personne qui a laissé le commentaire et que j'ai eu l'occasion de connaître, n'a pas le français pour langue maternelle. Le sens est là et c'est bien là l'essentiel. C'est ce qui fait aussi le charme des échanges dans les déplacements internationaux : arriver à communiquer malgré les fautes de langue.
EXELLENCE ??? PERFECTION ??? C’est bien des idées exotériques et qui ne sont pas adaptées aux milieux du management dans les entreprises, sauf à transformer les sens. J’aimerais mieux le mot « EFFICACITE » car à lui seul réuni l’exotérique et le ésotérique et qui est vivant à l’intérieur de nos vies tant professionnel que au niveau personnel. Je m’explique :
EXELLENCE dans Le Robert » Caractère de ce qui est excellent, ne peut être meilleur
Titre honorifique donné aux ambassadeurs, ministres,archevêques, évêques précédé du préfixe Excellence ». Ce qui me fait penser que c’est diminuer le manager dans ses fonctions EFFICACES de tous les jours.
EXELLENCE Petit Larousse en plus du Robert il ajoute « Au plus haut point ». C’est vers quoi nous devons aller, mais il me parais bien prétentieux de se croire arrivée…..
PERFECTION dans Le Robert « Etat, qualité de ce qui est parfait (notamment dans le domaine moral et esthétique) ». Ce que l’ont voie de l’extérieur.
Petit Larousse, « Achèvement complet. Perfections divines, attributs qui sont en Dieu à un degré infini » Sans commentaire …Soyons raisonnables avec ce mot qui doit nous donner un sens et vers le quel nous devons nous acheminer mais que nous n’attendrons peut être jamais !!!.
Par contre le mot EFICACE ésotérique et exotérique nous donne les définitions suivantes :
Le Robert, »Qui produit l’effet qu’on en attend ; Dont la volonté, l’activité produisent leur effet. Vertu active » EFFICACITE « Capacité de produire le maximum de résultats avec le minimum d’effort, de dépense »
Petit Larousse, « Qui produit l’effet désiré »
L’homme cherche toujours à aller plus loin et très vite sans se poser des temps en temps et analyser le chemin parcouru et examiner ce lui que reste à parcourir et modifier éventuellement ce qui doit être modifie sans entraîner le reste du peloton dans une impasse, seulement en se préoccupant d’être en position d’arriver le premier et toujours le premier….
Que fera t’il après ??? La fin devra être cruelle.
Alors soyons EFICACES et notre EFFICACITE sera plus payante que l’EXELLENCE et la PERFECTION et nous arriverons à Aimer l’ensemble des manageurs et les managées.