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Agora du Management

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Questions de management et d'éthique dans les organisations

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Morale et sciences humaines

Je vous invite à consacrer 30 minutes de votre temps à l’écoute de l’émission de Monique Canto-Sperber sur France Culture « Questions d’éthique » (faites comme moi, écoutez la quand vous le souhaitez en podcast). Le 16 décembre, elle avait retenu pour thème « Morale et Sciences Humaines » avec Sylvie Mesure, pour invitée. Cette émission peut être écoutée en cliquant ICI (cela nécessite l’installation de Realplayer ).
En quoi cette émission radiophonique est-elle intéressante ?



Je vous ferai part de deux points qui ont particulièrement retenu mon attention, peut-être, parce que certaines idées sont posées simplement, ce qui ouvre ainsi quelques voies de réflexion.

La moralité
Les sciences humaines essaient de comprendre comme les hommes vivent ensemble au sein d’une société particulière ; lors de son émission, Monique Canto Sperber cherche à identifier plus spécifiquement comment ces sciences humaines expliquent le phénomène moral, un ensemble complexe de raisons et de valeurs que l’on retrouve sous différentes formes :
- Les hommes disent « C’est bien » ou « C’est mal » ;
- Ils qualifient positivement ou négativement les actions, les comportements, les individus ;
- Ils éprouvent indignation, culpabilité ;
- Comment dois-je vivre ?
- Ils jugent.

La moralité : une idée passéiste ? Non, à mon sens essentiel dans un monde écrasé par…(les points de suspension traduisent finalement ce malaise qui n’a pas de nom ou qui n’en a que trop : rationalité, la logique mécanique ou technique,…)..

L'image prise en illustration de ce billet est l'affiche du film "The lord of war", dont je ne cherche pas à faire la promotion mais dont le thème pose une question de moralité : continuer un commerce d'armes dont l'utilisation amène à tuer des enfants et des hommes plus largement, en prétextant qu'il y aura toujours quelqu'un pour le faire.

Structuralisme et rationalisme : que deviennent l'individu et, plus particulièrement, la moralité
Elle résume deux théories souvent opposées de l’individu : modèle structuraliste et modèle rationaliste.
Le structuralisme est un modèle déterministe fondé sur des éléments non personnels, des invariants, des structures qui permettent de prévoir les comportements humains et sociaux : il revient à dissoudre le sujet dans le structure, et par là même, la philosophie morale ; l’individu n’a plus de pouvoir agissant.

De l’autre côté, il y a le modèle rationaliste, cher à l’économie ; il prône un retour à l’homme réflexif qui maximise ses intérêts, à partir de ses croyances et de ses préférences ; il choisit les options qui servent au mieux ses souhaits et ses désirs. Ce modèle remet au premier plan le sujet humain qui, conscient des moyens utilisés pour parvenir à ses fins, est transparent à lui-même.

Entre ces deux visions, une troisième voie se dessinerait, en particulier au travers d’auteurs comme Raymond Boudon et sa rationalité axiologique : ce concept pose que l’on ne saurait toujours ramener un choix ou une décision à des considérations instrumentales, a fortiori à des considérations utilitaires (une action guidée par des principes plutôt que par les conséquences qu’elle risque d’entraîner).

Quelle serait donc la vision de l'homme à retenir dans l'entreprise ou tous types d'organisation ? Quelle serait celle la plus proche de vos croyances ?

Comme vous avez déjà pu, peut-être, l’identifier, je ne reste méfiant vis-à-vis des modélisations, en particulier lorsqu’elles prétendent à l’unicité et à un pouvoir explicatif absolu. Les modèles, parce qu’ils sont réducteurs de la réalité, doivent aider à la réflexion et non pas la structurer, au risque de l’enfermer.

Pour ma part, je suis convaincu d'un individu déterminé partiellement par des mécanismes cognitifs, culturels et sociaux ; pour le reste, il fonctionne selon des principes, des normes, des valeurs, des croyances, des préférences...
En fait, je crois en un mélange de visions qui ne font pas une théorie ; mais en faut-il absolument une ? Cela revient à apprendre à vivre en toute conscience dans l'incertain et le flou.

Publié le 24/12/2006 à 01h31 dans ÉTHIQUE

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