Agora du Management
Dans le cadre de la préparation du colloque de l'UNESCO, qui en ce moment m'occupe une bonne partie
de mes week-ends et soirées), nous avons essayer de cadrer le thème de la liberté par rapport à l'entreprise. Je vous livre ici le fruit de nos réflexions et donc une idée de ce qui sera développé
dans la matinée du colloque.Parler de liberté pour une entreprise, peut étonner. Néanmoins, à y regarder de plus près, la mise en perspective d’un tel concept permet de bousculer quelques évidences et d’éclairer quatre enjeux de l’entreprise d’aujourd’hui :
- L’entreprise, est-elle libre de se comporter comme bon lui semble dans l’univers compétitif qui est le sien ? Sous peine de disparaître, n’est-elle pas obligée de se plier à une logique de recherche à tout prix du profit ? Dès lors, quel sens y-at-il de parler de sa responsabilité ?
- En tant qu’acteur imbriqué dans un système plus global et responsable au sein de la société, l’entreprise doit souvent son succès à l’implication de ses parties prenantes et donc à son aptitude à transformer des intérêts individuels particuliers en un intérêt collectif. Les modes de gouvernance actuels permettent-ils cette transformation ou faut-il doter l’entreprise d’organes similaires à ceux des démocraties, c’est-à-dire organisant un débat contradictoire, caractéristique de la liberté républicaine ? De tels organes ne seraient-ils pas sources d’inefficacité, voire d’inertie, dans un monde où il faut anticiper et agir rapidement pour survivre ?
- Au sein de l’entreprise, dans les relations au quotidien, là où tout un chacun doit faire face à un flot d’informations et de changements, la bonne décision ne repose-t-elle pas sur le partage et la confrontation des points de vue, et en particulier la liberté d’exprimer une autre manière de voir ? Comment le manager et le dirigeant peuvent-ils ou doivent-ils éclairer leur décision ?
- Pour terminer, comment le manager peut-il concilier d’une part ses objectifs de maîtrise et de contrôle (organiser, structurer pour prévoir et anticiper) avec, d’autre part, la prise de risque et l’écart à la norme nécessaires à toute innovation ainsi qu’à toute adaptation à un environnement mouvant et imprévisible. Ainsi, la transparence et le contrôle/la conformité réclamés aujourd’hui ne risquent-ils pas de tuer les capacités d’innovation et d’adaptation des entreprises ?
Au final, on pourrait également se demander si la liberté concernant l’entreprise n’est pas une illusion : l’entreprise ne doit-elle pas trouver son modèle dans les mondes du vivant, parfois constitués autour d’un chef, le plus fort…
Sam 3 oct 2009
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