Agora du Management
En préambule à ma démarche, j'ai entamé la lecture du livre de Pierre Sansot, Du bon usage de la lenteur. En effet, le titre de son ouvrage
réfère à une vision complètement étrangère au monde de l'entreprise : il n'appelle pas à une lenteur systématique mais à une lenteur choisie et nécessaire
; l'absence de ce vocable dans l'entreprise va-t-elle de paire avec l'absence de la lenteur et est-il significatif d'une faiblesse ?
Dans un monde où l'agir apparaît comme une valeur supérieure exaltée (comme si faute d'agir, un individu s'exténuait et disparaissait), la lenteur est réléguée, décriée... dans ce monde où la métaphore darwinienne est régulièrement invoquée, la lenteur apparaît comme le symptôme de l'être mourant.
Mais là où la recherche de l'action se confond avec agitation, gesticulation, aveuglement voire avec déraison, la lenteur ne serait-elle pas une vertu. Peut-être ne faut-il pas parler de lenteur mais de maîtrise du rythme.
En suivant le chemin ouvert par Pierre Sansot, je ferai quelques détours ou haltes par la pensée chinoise et son célèbre wuwei (non agir), trop souvent compris à tort comme une passivité ; chez Sansot, je retrouve un écho de cette pensée chinoise décrite par François Jullien : y aurait-il une nouvelle voie pour l'entreprise, une voie de profit ?
Le dictionnaire donne les éléments de définition suivants pour le terme LENTEUR (http://atilf.atilf.fr/) :
A1. Manque de rapidité d'une personne, d'un animal à effectuer une action, un mouvement Lenteur de l'escargot À la lenteur de ses mouvements, il était clair que l'homme était blessé (MALRAUX, Espoir, 1937, p. 478).
A2. Manque de rapidité à réagir, de vivacité intellectuelle Il arrive enfin que la lenteur exprime, notamment aux approches de la puberté, un refus d'avancer dans la vie, d'accepter la maturation et l'avenir (MOUNIER, Traité caract, 1946, p. 284). J'ai fait en mathématiques mes preuves de stupidité, ou du moins de lenteur d'esprit (MICHELET, Journal, 1820, p. 104) :
P. anal [À propos d'institutions sociales, humaines] Lenteur de la justice, de la machine administrative, de la procédure
B1. [À propos d'un processus] Manque de rapidité à se manifester Lenteur d'une action, d'un progrès; lenteur d'une drogue Nous sommes (...) peu frappés des changements et des altérations qui s'opèrent avec lenteur, soit en nous, soit dans les êtres avec qui nous cheminons (MAINE DE BIRAN, Influence habit, 1803, p. 94) :
B2. Littér [À propos du temps, d'une unité ou d'une période de temps] Qui est peu rapide dans le temps ou perçu comme tel.
C. P. méton, au plur
C1. Actes, mouvements qui manquent de rapidité
C2. Au fig. Retards apportés à faire quelque chose
Synon tergiversations, hésitations Les lenteurs de la Justice
Dans toutes les facettes de cette définition ressort la connotation négative du terme, sauf peut-être lorsqu'il s'agit de qualifier un processus aussi factuellement que possible ; par exemple, le vieillissement de l'homme est un processus lent
L'analyse étymologique donne au terme une autre dimension, une dimension perdue
Dérivé du latin lentor qui signifie " flexibilité, souplesse; viscosité ".
Dans l’idée de mon approche, je retiendrai plus particulièrement ici les sens, perdus aujourd’hui, de flexibilité et de souplesse, qualités perçus plus positivement par notre société contemporaine
La lenteur permet une meilleure disponibilité aux événements à condition, bien-sûr, d'être ouvert à son environnement ; pour Sansot, elle donne une capacité à accueillir l'événement.
Cette capacité à accueillir l’événement est une qualité du sage ou du stratège chinois, selon François Jullien.
Cet auteur, en particulier au travers de son Traité de l’efficacité, m'a ouvert le chemin de la pensée chinoise ; néanmoins, je n'ai toujours pas réussi à aller au bout de ce cheminement ; pour cela, il est nécessaire de réaliser une rupture avec son propre fond culturel.
Toutefois, son approche reste un détour (tel que lui-même aime à la qualifier) qui permet, entre autres, de mettre en exergue la prégnance dans nos modes d’actions et décision au quotidien de la conception grecque du schéma : Délibération sur les moyens - Fixation d’objectifs - Action volontariste pour atteindre l’objectif.
La lecture par François Jullien des auteurs chinois classiques montre une toute approche : disponibilité et détection des facteurs porteurs sur lesquels le Stratège ou le Sage s’appuient pour obtenir l’effet ; cette disponibilité n’est possible que si le stratège ne se fixe pas des objectifs figés (on se posera la question plus tard de l’intentionnalité dans cette attitude), se donne la possibilité d’attendre le moment opportun ; ici, il importe peu que l’effet soit obtenu par une démarche visible, voire héroïque : au contraire, l’action invisible avec le moins de moyens possibles serait privilégiée.
Ces quelques éléments soulignent déjà quelques traits forts de l’action managériale occidentale, en particulier dans notre siècle de communication :
-Le manager fixe des objectifs et sa performance est d’autant plus valorisée qu’il atteint ses objectifs selon l’échéance prévue ;
-Le manager est responsable de l’atteinte ou non des objectifs ; cette vision prométhéenne exclut quasiment toute prise en compte des circonstances, de l’environnement.
-L’inaction, donc l’attente, ne sont pas valorisées, voire considérées comme une faiblesse,une frilosité.
-L’action du manager doit être visible afin de pouvoir communiquer dessus.
Le manager est plongé dans le monde de l’agir (qui selon moi confine souvent à l’agitation plus qu’à l’agir efficace) ; il ne prend pas le temps de la réflexion. L’attente est acceptée mais elle doit être courte.
Comme je l’ai déjà souligné, je cherche à explorer, à questionner l’entreprise et le management dans ses articulations les plus profondes. Elle ne constitue en rien un rejet ; je continue néanmoins à penser que le long terme n’est pas suffisamment pris en compte, que l’action confine à l’agitation, la précipitation et donc à l’action inefficace qui doit donc donner lieu à des investissements supplémentaires.
Dans mes prochains billets, je vais continuer à explorer ce thème de la lenteur.
La Chouette
Dans un monde où l'agir apparaît comme une valeur supérieure exaltée (comme si faute d'agir, un individu s'exténuait et disparaissait), la lenteur est réléguée, décriée... dans ce monde où la métaphore darwinienne est régulièrement invoquée, la lenteur apparaît comme le symptôme de l'être mourant.
Mais là où la recherche de l'action se confond avec agitation, gesticulation, aveuglement voire avec déraison, la lenteur ne serait-elle pas une vertu. Peut-être ne faut-il pas parler de lenteur mais de maîtrise du rythme.
En suivant le chemin ouvert par Pierre Sansot, je ferai quelques détours ou haltes par la pensée chinoise et son célèbre wuwei (non agir), trop souvent compris à tort comme une passivité ; chez Sansot, je retrouve un écho de cette pensée chinoise décrite par François Jullien : y aurait-il une nouvelle voie pour l'entreprise, une voie de profit ?
Le dictionnaire donne les éléments de définition suivants pour le terme LENTEUR (http://atilf.atilf.fr/) :
A1. Manque de rapidité d'une personne, d'un animal à effectuer une action, un mouvement Lenteur de l'escargot À la lenteur de ses mouvements, il était clair que l'homme était blessé (MALRAUX, Espoir, 1937, p. 478).
A2. Manque de rapidité à réagir, de vivacité intellectuelle Il arrive enfin que la lenteur exprime, notamment aux approches de la puberté, un refus d'avancer dans la vie, d'accepter la maturation et l'avenir (MOUNIER, Traité caract, 1946, p. 284). J'ai fait en mathématiques mes preuves de stupidité, ou du moins de lenteur d'esprit (MICHELET, Journal, 1820, p. 104) :
P. anal [À propos d'institutions sociales, humaines] Lenteur de la justice, de la machine administrative, de la procédure
B1. [À propos d'un processus] Manque de rapidité à se manifester Lenteur d'une action, d'un progrès; lenteur d'une drogue Nous sommes (...) peu frappés des changements et des altérations qui s'opèrent avec lenteur, soit en nous, soit dans les êtres avec qui nous cheminons (MAINE DE BIRAN, Influence habit, 1803, p. 94) :
B2. Littér [À propos du temps, d'une unité ou d'une période de temps] Qui est peu rapide dans le temps ou perçu comme tel.
C. P. méton, au plur
C1. Actes, mouvements qui manquent de rapidité
C2. Au fig. Retards apportés à faire quelque chose
Synon tergiversations, hésitations Les lenteurs de la Justice
Dans toutes les facettes de cette définition ressort la connotation négative du terme, sauf peut-être lorsqu'il s'agit de qualifier un processus aussi factuellement que possible ; par exemple, le vieillissement de l'homme est un processus lent
L'analyse étymologique donne au terme une autre dimension, une dimension perdue
Dérivé du latin lentor qui signifie " flexibilité, souplesse; viscosité ".
Dans l’idée de mon approche, je retiendrai plus particulièrement ici les sens, perdus aujourd’hui, de flexibilité et de souplesse, qualités perçus plus positivement par notre société contemporaine
La lenteur permet une meilleure disponibilité aux événements à condition, bien-sûr, d'être ouvert à son environnement ; pour Sansot, elle donne une capacité à accueillir l'événement.
Cette capacité à accueillir l’événement est une qualité du sage ou du stratège chinois, selon François Jullien.
Cet auteur, en particulier au travers de son Traité de l’efficacité, m'a ouvert le chemin de la pensée chinoise ; néanmoins, je n'ai toujours pas réussi à aller au bout de ce cheminement ; pour cela, il est nécessaire de réaliser une rupture avec son propre fond culturel.
Toutefois, son approche reste un détour (tel que lui-même aime à la qualifier) qui permet, entre autres, de mettre en exergue la prégnance dans nos modes d’actions et décision au quotidien de la conception grecque du schéma : Délibération sur les moyens - Fixation d’objectifs - Action volontariste pour atteindre l’objectif.
La lecture par François Jullien des auteurs chinois classiques montre une toute approche : disponibilité et détection des facteurs porteurs sur lesquels le Stratège ou le Sage s’appuient pour obtenir l’effet ; cette disponibilité n’est possible que si le stratège ne se fixe pas des objectifs figés (on se posera la question plus tard de l’intentionnalité dans cette attitude), se donne la possibilité d’attendre le moment opportun ; ici, il importe peu que l’effet soit obtenu par une démarche visible, voire héroïque : au contraire, l’action invisible avec le moins de moyens possibles serait privilégiée.
Ces quelques éléments soulignent déjà quelques traits forts de l’action managériale occidentale, en particulier dans notre siècle de communication :
-Le manager fixe des objectifs et sa performance est d’autant plus valorisée qu’il atteint ses objectifs selon l’échéance prévue ;
-Le manager est responsable de l’atteinte ou non des objectifs ; cette vision prométhéenne exclut quasiment toute prise en compte des circonstances, de l’environnement.
-L’inaction, donc l’attente, ne sont pas valorisées, voire considérées comme une faiblesse,une frilosité.
-L’action du manager doit être visible afin de pouvoir communiquer dessus.
Le manager est plongé dans le monde de l’agir (qui selon moi confine souvent à l’agitation plus qu’à l’agir efficace) ; il ne prend pas le temps de la réflexion. L’attente est acceptée mais elle doit être courte.
Comme je l’ai déjà souligné, je cherche à explorer, à questionner l’entreprise et le management dans ses articulations les plus profondes. Elle ne constitue en rien un rejet ; je continue néanmoins à penser que le long terme n’est pas suffisamment pris en compte, que l’action confine à l’agitation, la précipitation et donc à l’action inefficace qui doit donc donner lieu à des investissements supplémentaires.
Dans mes prochains billets, je vais continuer à explorer ce thème de la lenteur.
La Chouette
Lun 17 avr 2006
4 commentaires
Arnaud,
A la lecture de ton commentaire, je n'imaginais pas mon billet aussi polémique, surtout après une "lecture en diagonale".
Concernant mon blog de manière générale, je ne cherche pas à juger ; je cherche à me poser des questions sur mon activité de manager et celle de ceux que je connais. Ce questionnement n'est pas fondé sur une expérience unique ; mon activité passée dans le conseil et des postes dans différentes entreprises m'ont permis d'observer de nombreux cas. Actuellement, j'investis, avec passion, une grande partie de mon temps dans le management d'une équipe de 30 personnes.
Mais, cela ne m’empêche pas de me poser la question du sens ; en réponse, à différentes de tes affirmations :
Est-ce qu’une conjoncture d’un moment doit dicter le sens de notre action ?
Peut-être travailles-tu dans une entreprise où la stratégie et les valeurs sont très claires ; mais, dans les cas où cela n’est pas le cas (et il en existe de nombreux !), résoudre un problème n’est pas satisfaisant et efficace lorsque la solution ne s’inscrit pas dans une vision plus long terme ou des valeurs; j’ai été amené à mener un plan de licenciement pour que l’exercice annuel soit profitable conformément aux objectifs et aux annonces mais, excuse-moi, mais cela n’est pas satisfaisant et ne fait pas vraiment sens lorsque l’on sait que d’autres solutions sont possibles.
Tu affirmes également que le temps c’est de l’argent ; ce propos est courant et contient une position philosophique forte qui, je pense mérite d’être questionnée.
De la même manière, affirmer ne pas avoir le droit à l’immobilisme contient une autre position philosophique ; mes expérience à l’étranger, en particulier en Chine, m’ont montré que l’immobilisme pouvait être une valeur positive ; là-bas, ils considèrent que, dans certaines conjonctures, il est préférable de ne pas bouger et attendre un moment plus opportun pour agir.
Pour finir, sur les références ennuyeuses, j’utilise et continuerai à utiliser des références philosophiques ; c’est l’objet du blog. Peut-être l’utilisation que j’en fait n’est pas pertinente et pauvre mais voilà le deuxième objectif du blog ; il repose sur le fait qu’une réflexion se construit et s’enrichit dans l’échange, et dans le temps.
Je suis un manager pressé, décidant dans l'urgence qui a décidé de prendre le temps du questionnement, en particulier dans cette conjoncture du toujours plus.
Je garderai bien en tête ton commentaire car, il est vrai, le risque est toujours présent de faire une généralité des cas particuliers.
A la lecture de ton commentaire, je n'imaginais pas mon billet aussi polémique, surtout après une "lecture en diagonale".
Concernant mon blog de manière générale, je ne cherche pas à juger ; je cherche à me poser des questions sur mon activité de manager et celle de ceux que je connais. Ce questionnement n'est pas fondé sur une expérience unique ; mon activité passée dans le conseil et des postes dans différentes entreprises m'ont permis d'observer de nombreux cas. Actuellement, j'investis, avec passion, une grande partie de mon temps dans le management d'une équipe de 30 personnes.
Mais, cela ne m’empêche pas de me poser la question du sens ; en réponse, à différentes de tes affirmations :
Est-ce qu’une conjoncture d’un moment doit dicter le sens de notre action ?
Peut-être travailles-tu dans une entreprise où la stratégie et les valeurs sont très claires ; mais, dans les cas où cela n’est pas le cas (et il en existe de nombreux !), résoudre un problème n’est pas satisfaisant et efficace lorsque la solution ne s’inscrit pas dans une vision plus long terme ou des valeurs; j’ai été amené à mener un plan de licenciement pour que l’exercice annuel soit profitable conformément aux objectifs et aux annonces mais, excuse-moi, mais cela n’est pas satisfaisant et ne fait pas vraiment sens lorsque l’on sait que d’autres solutions sont possibles.
Tu affirmes également que le temps c’est de l’argent ; ce propos est courant et contient une position philosophique forte qui, je pense mérite d’être questionnée.
De la même manière, affirmer ne pas avoir le droit à l’immobilisme contient une autre position philosophique ; mes expérience à l’étranger, en particulier en Chine, m’ont montré que l’immobilisme pouvait être une valeur positive ; là-bas, ils considèrent que, dans certaines conjonctures, il est préférable de ne pas bouger et attendre un moment plus opportun pour agir.
Pour finir, sur les références ennuyeuses, j’utilise et continuerai à utiliser des références philosophiques ; c’est l’objet du blog. Peut-être l’utilisation que j’en fait n’est pas pertinente et pauvre mais voilà le deuxième objectif du blog ; il repose sur le fait qu’une réflexion se construit et s’enrichit dans l’échange, et dans le temps.
Je suis un manager pressé, décidant dans l'urgence qui a décidé de prendre le temps du questionnement, en particulier dans cette conjoncture du toujours plus.
Je garderai bien en tête ton commentaire car, il est vrai, le risque est toujours présent de faire une généralité des cas particuliers.
La Chouette - le 17/04/2006 à 20h22
Tu t'es lancé dans un travail de longue ( et lente) haleine. Reste à savoir si il restera quelque chose à sauver sur cette pauvre planête quand les "forces vives" et autres "créateurs" (et pourquoi pas 4e personne de la Trinité tant qu'on y est...) en auront fini avec elle.La croissance n'a apparement pas le temps de lire, pas plus que les affamés, je le crains. Un effondrement salutaire des bourses, à la structure suicidairement pyramidal, pourrait avoir un impact
plus décisif que celui que tu entrepends avec un louable courage.
En espérant, contre toute évidence, me tromper lourdement.
Amicalement.
plus décisif que celui que tu entrepends avec un louable courage.
En espérant, contre toute évidence, me tromper lourdement.
Amicalement.
Pier - le 19/04/2006 à 00h30
Philosophie et entreprise, un rapprochement fort intéressant. J'attends avec impatience vos billets.
La lenteur n'est plus de mise, la mesure de la performance, les "profits warning" enferment les décideurs politiques et économique à agir dans l'ultra-court terme. Bien des erreurs et renoncements en découlent. Nous vivons tous, volontairement ou non, dans la dictature de l'instant. Les nouvelles technologies de la communication, que j'utilise en ce moment même pour ce commentaire, ont contribué à ce mouvement. Le client téléphone, le fournisseur "faxe"... Ils veulent une réponse immédiate. Qu'il était bon et sensé le temps où il fallait répondre par courrier. La réflexion pouvait se développer. La langue et le stylo avaient le temps de tourner sept fois dans nos bouches ou dans nos mains avant de donner sa réponse.
Les stratégies industrielles se construisaient dans la durée, avec un projet. L'État planifiait. La cohérence était de mise.
Aujourd'hui, qu'avons-nous ?
Le regard le l'actionnaire, la notation trimestrielle du "petit" chef dont dépend notre rémunération au "mérite", la hausse ou la baisse du CAC40 ou de tout autre indice pourtant sans valeur. Tous ces indices qui remplissent nos tableaux de bord ne représentent rien. La vitesse moyenne du vent, le nombre de mariages, l'âge du capitaine nous seraient tous aussi utiles et inutiles pour "prédire" l'avenir. Nos misérables outils statistiques se contentent de "prévoir" le futur en prolongeant des courbes.
Pourtant, nos collègues arrivent fièrement en réunion avec leurs diapo ramas sur notebook. Ils le projettent à l'écran. Animations et couleurs sont là pour l'aspect artistique. Mais au fond, y-a-t-il eu le temps de la réflexion pour les produire ? Non ! Y-aura-t-il le temps de la réflexion pour les exploiter ? Surtout pas ! Tout est dans le formel, pas le temps de réfléchir. D'autres chiffres clignotent sur nos tableaux de bord, allons vite les lire pour en produire à notre tour.
La lenteur n'est plus de mise, la mesure de la performance, les "profits warning" enferment les décideurs politiques et économique à agir dans l'ultra-court terme. Bien des erreurs et renoncements en découlent. Nous vivons tous, volontairement ou non, dans la dictature de l'instant. Les nouvelles technologies de la communication, que j'utilise en ce moment même pour ce commentaire, ont contribué à ce mouvement. Le client téléphone, le fournisseur "faxe"... Ils veulent une réponse immédiate. Qu'il était bon et sensé le temps où il fallait répondre par courrier. La réflexion pouvait se développer. La langue et le stylo avaient le temps de tourner sept fois dans nos bouches ou dans nos mains avant de donner sa réponse.
Les stratégies industrielles se construisaient dans la durée, avec un projet. L'État planifiait. La cohérence était de mise.
Aujourd'hui, qu'avons-nous ?
Le regard le l'actionnaire, la notation trimestrielle du "petit" chef dont dépend notre rémunération au "mérite", la hausse ou la baisse du CAC40 ou de tout autre indice pourtant sans valeur. Tous ces indices qui remplissent nos tableaux de bord ne représentent rien. La vitesse moyenne du vent, le nombre de mariages, l'âge du capitaine nous seraient tous aussi utiles et inutiles pour "prédire" l'avenir. Nos misérables outils statistiques se contentent de "prévoir" le futur en prolongeant des courbes.
Pourtant, nos collègues arrivent fièrement en réunion avec leurs diapo ramas sur notebook. Ils le projettent à l'écran. Animations et couleurs sont là pour l'aspect artistique. Mais au fond, y-a-t-il eu le temps de la réflexion pour les produire ? Non ! Y-aura-t-il le temps de la réflexion pour les exploiter ? Surtout pas ! Tout est dans le formel, pas le temps de réfléchir. D'autres chiffres clignotent sur nos tableaux de bord, allons vite les lire pour en produire à notre tour.
Eric - le 19/04/2006 à 00h34
je dois dire qu'aprés la lecture (en diagonale, car trop de références ennuyeuse à lire...) je suis dans un état second... je n'ai pas pour habitudes de faire de la méchanceté gratuite, mais je dois quand même dire que ce n'est pas l'envie qui m'en manque... mais je passerais outre!
je viens à toi en tant que manager! je suis un autodidacte, qui de part cette définition, n'en ai pas arrivé là par hasard!
dans un premier temps je dois quand même avouer que ton idée est louable dans la tentative de démonstration que tu essaies de produire. cependant la réalisation mise en oeuvre n'est pas à la hauteur! tu t'attaques beaucoup frontalement à ce sujet et d'une façon trop unilatérale. tu t'attiras les foudres de personnes qui croient et respectent leurs équipiers, comme ce qu'elles font.
aprés la lecture de cet article il se pourrait que ton manager soit mauvais! car l'image que tu en retiens est trés néfaste, et tient plus du clown crétin nombriliste qu'autre chose. mais ne mets pas tout le monde dans le même panier, et ne fais pas d'un exemple une généralité!
je ne sais pas dans quel secteur d'activité tu travailles, mais ce que je sais, c'est que dans cette conjoncture socio-économique, "nous" n'avons pas le temps de nous tourner les pouces. personnellement je suis payé pour gerer des hommes et des femmes, trouver des solutions aux problèmes, et je n'ai pas le droit à l'erreur ni à l'immobilisme car le temps c'est de l'argent.
je te souhaite bonne chance pour la suite, et je me permettrais un conseil pour tes futurs articles: adopte différent point de vue d'unesituation plutôt que de regarder les choses de ton coin. ce qui fais que tu n'as qu'un regard limité à cette situation!