Fermer
Chers lectrices et lecteurs, bonsoir,
Je me suis fait moins présent ces derniers temps et m’en excuse ; je ne me noierai pas dans les explications mais croyez moi, elles sont nombreuses.
Ce soir, je souhaite vous parler d’engagement ; en effet, ce concept est devenu un leitmotiv, jusqu’à satiété, de ma direction : « je vous rappelle, à telle date, vous vous êtes engagés à… », « s’engager, c’est faire ce que l’on dit ».
Avant de faire un détour par la philosophie, quelques réactions primaires :- Sur les conditions d’expression de l’engagement : une réunion, un sujet pas forcément préparé ; « tu peux le faire d’ici la fin de la semaine ? » « bah, euh…. » « pas d’objections ? » « Comment cela, non ! » « Ok, j’attends donc cela pour la fin de la semaine » ; bien entendu, à la fin de la semaine : « ce n’est pas fait ! ; tu n’as pas respecté ton engagement ! ; comment veux-tu que l’entreprise se redresse ? »
- Sur la réciprocité : elle n’existe ni dans les actions de grande portée, ni dans les petits gestes de la vie quotidienne (arriver à l’heure, ne pas répondre au téléphone portable pendant une réunion…)
- S’engager, c’est faire ce que l'on dit et dire ce que l'on fait .
Le Petit Larousse est même utilisé pour rappeler ce qu’est un engagement ; à défaut, d’avoir la référence exacte sous la main, je vous livrerai la définition du TILF :
Source : TILF
Cette dernière définition est assez proche de l’étymologie du terme. L’engagement ne consiste-t-il qu’à être impliqué ? Être impliqué, est-ce être présent au sein de l’entreprise ? Comment juge-t-on de l’implication, de la qualité de l’engagement ? Suffit-il d’aimer ou d’être attaché pour être engagé ? Suffit-il de faire ? Qu’est-ce que ne pas respecter ses engagements ? L’individu peut-il vraiment s’engager ou est-ce que c’est la situation que l’engage ? L’engagement est-il unilatéral ou relève-t-il de l’ordre de l’échange : un retour futur et hypothétique pour un engagement ?Dans cette dernière question, on retrouve l’étymologie du terme ; on donne quelque chose en gage pour garantir autre chose ; quelle garantie doit-je recevoir lorsque je m’engage à réaliser quelque chose ?
S’agit-il de la confiance ? Ne ‘obtient-on qu’un fois l’engagement tenu ou est-ce que la confiance précède l’engagement ? : je ne m’engage que si je suis certain (certitude relevant de la confiance) d’un retour de la part de l’autre.
Doit-on encore parler d’engagement lorsqu’il devient le pain quotidien de chaque action ? Peut-il être autant vulgarisé ? Ne doit-il pas s’entourer de plus de solennité et, surtout, s’accompagner comme le souligne la troisième définition, d’une « conviction profonde.
Si l’on y regarde bien, l’engagement reviendrait à s’auto-attribuer les effets constatés sur le principe d’une causalité exclusive entre une action et le phénomène constaté. Pus simplement, la notion d’engagement revient à s’approprier tous les effets constatés et à nier la possibilité d’interactions avec l’environnement, d’autres personnes ou leurs actions. L’engagement implique donc de considérer que l’homme puisse transformer dans la réalité sa volonté, ses idées… La négation de la possibilité d’autres interférences revient à considérer l’homme comme un démiurge, un créateur… S’engager serait donc se prendre pour dieu ?
Devant le côté irréalise de certaines idées, je préférerai retenir trois points dans cette première approche de l’engagement :
Qu'en pensez-vous ? Qu'évoquent pour vous, ces premiers éléments ?
Publié le 26/10/2007 à 00h49 dans ÉTHIQUE