Agora du Management
Le "parler creux sans peine"
est une découverte que j'ai faite au travers de la lecture du livre de Jean-Pierre Le Goff, "Les illusions du management" ; l'auteur précise bien qu'il n'en est pas l'inventeur et qu'il
s'agit d'un document de source inconnue circulant dans les entreprises depuis les années 90.De quoi s'agit-il ? De composer des phrases en retenant un mot de chaque colonne ; toutes les combinaisons ou presque vous donneront l'impression d'un air de déjà entendu.
J'ai trouvé une résonance tout à fait particulière dans ce petit "jeu" à la suite de mes précédents articles sur les lieux communs (ou idées reçues) :
- Le lieu commun : tout un symbole
-
L'équilibre du marché et le vol de la colombe
- Si vous êtes intelligent, ne lisez pas cet article
C'est une vue romantique à mes yeux que de "créer du neuf" à chaque fois qu'on parle. C'est croire en l'individu, parfois outre mesure.
En réponse, je préciserai que mes articles et propos ne constituent pas un appel à "créer du neuf" à chaque fois mais un simple appel à la vigilance afin, entre autres, d'éviter ces phrases vides de sens que l'on peut entendre régulièrement ; le "parler creux", présenté ci-dessous, illustre cela peut-être de manière un peu caricaturale : L'excellence renforce les facteurs institutionnels de la performance L'intervention mobilise les processus organisationnels du dispositif L'objectif révèle les paramètres qualitatifs de l'entreprise Le diagnostic stimule les changements analytiques du groupe L'expérimentation modifie les concepts caractéristiques du projet La formation clarifie les savoir-faire motivationnels des bénéficiaires L'évaluation renouvelle les problèmes pédagogiques de la hiérarchie La finalité identifie les indicateurs représentatifs des pratiques L'expression perfectionne les résultats participatifs de la démarche Le management développe les effets cumutatifs des acteurs La méthode dynamise les blocages stratégiques de la problématique Le vécu programme les besoins neuro-linguistique des structures Le recadrage ponctue les paradoxes systématiques du méta-contexte
Mais ces non-sens (ou vides de sens) dont je parle, sont-ils si inutiles au-delà d'une valeur socialisante, de mise en relation ; leur vocation ne relève peut-être pas du discours, au sens d'un message à faire passer, mais peut-être, plutôt, d'un effet à créer chez le destinataire : l'impressionner, rappeler une expérience vécue commune, produire une sorte d'incantion qui rappellerait à chacun les valeurs de l'entreprise.
Mer 12 sep 2007
3 commentaires
dans cet esprit lire
La langue de coton
http://docroger.over-blog.com/article-6443720.html
Cordialement
lafouine - le 17/10/2007 à 15h49
Remarquable ce parler creux sans peine.
Je vous propose dans la même veine les Brèves de couloir (http://brevesdecouloir.fr/index.htm) et son bingo réunion.
Je vous propose dans la même veine les Brèves de couloir (http://brevesdecouloir.fr/index.htm) et son bingo réunion.
Rene Lenoir - le 25/11/2007 à 11h10
Quel plaisir de lire ce billet qui me rajeuni de plus de 20 ans.
En 1985 au cour d'une formation sur la communication, j'ai découvert le tableau que vous décrivez en colonnes et qu'il suffit de prendre un mot de chacune des colonnes peu inporte le sens pour faire une frase très "intellectuelle" mais qui ne veux pas dire grand chose oa part d' vouloir impressionner l'autre interlocuteur!!!! si celui ci n'est pas un averti.
Aujourd'hui ce type de frases n'éblouissent personne, je l'espère....
Ce sont bien des techniques vides de tout intérêt créatif.
Encore merci de cet éveil car nous devons rester vigilants devant ces "lieux communs" qui peuvent fragiliser les plus vulnérables.