Agora du Management
Aujourd'hui, je vais à
nouveau partager avec vous ma lecture du moment, "L'Ethique ou le Chaos". Inspirés par A. Comte-Sponville (Valeur et
vérité) et les approches de la complexité, ils expliquent que :Toute réalité peut et doit être considérée sous quatre niveaux distincts, qui ont chacun leur logique , et dont chacun est nécessaire à toute analyse de la situation ainsi qu'à la préparation de toute action sur le terrain.
Ils distinguent ainsi :
- Niveau 1 : ordre techno-scientifique ou la maîtrise du mesurable
-
Niveau 2 : ordre politico-juridico-organisationnel ou la maîtrise du structurel
- Niveau 3 : ordre comportemental ou la confiance mutuelle
Suivant les sociétés, une morale plus ou moins riche se développera suivant la capacité de chacun à accepter que les autres ont le droit d'attendre de lui un comportement de qualité.
La confiance est en quelques sortes la mesure de la qualité des comportements et de leur non-déviance par rapport à des normes, valeurs ou des attentes-anticipations.
La confiance est nécessaire à l'action en commun ; mieux vaut la cultiver plutôt que de l'imposer (dictatures) ou de l'acheter (systèmes mafieux).
- Niveau 4 : ordre des finalités (de l'acte ou de la décision)
Le monde est alors ouvert à la barbarie, au totalitarisme.
A l'opposé et par symétrie, ne donner de l'importance qu'aux comportements et aux finalités , en négligeant le mesurable et le structurel, c'est l'angélisme.
Vous l'avez compris, pour appréhender la réalité ou rechercher des solutions, il faut atteindre un équilibre harmonieux des quatres ordres : mesurable, structurel, comportemental, finalités.
J'ai, à titre personnel, appliqué cette grille de lecture à un directeur général que je connais bien (vous comprendrez rapidement, qu'il ne s'agit pas d'un ami) :
- Niveau 1 : ayatolah des indicateurs (une vision peut-être réduite de la qualité totale) ; tout passe par la mesure : l'appréciation de l'efficacité, l'évaluation et l'objectivation des salariés, les négociations en comité d'entreprise...
- Niveau 2 : définir l'organigramme et jouer sur la peur des sanctions légales
- Niveau 3 : introverti, pervers et narcissique ; il fuit le contact humain, la contradiction ; la peur est sa passion ; le niveau 3 est donc ignoré
- Niveau 4 : il ne partage aucune finalité, ne donne pas sens à l'action collective
Par contre, chère moi-même, il faut faire attention à ne pas sombrer dans l'angélisme. Il est vrai que les derniers articles de l'Agora tournent beaucoup autour des niveaux 3 et 4 (comportemental et finalités) mais il s'agit plus d'un rééquilibrage par rapport à une certaine pensée dominante du management qui peut rester parfois collée aux niveaux 1 et 2 (mesurable et structurel). Et j'en suis parfois la première victime, plongé que je suis par mes fonctions dans les dimensions financières, légales et de pilotage.
Mar 22 mai 2007
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