Agora du Management
La récente polémique
sur les vacances du nouveau président français sur un yacht m'amène aujourd'hui à vous parler de conflit d'intérêts.Voici la définition de Wikipédia :
Un conflit d'intérêt est une situation dans laquelle une personne ayant un poste de confiance, tel qu'un avocat, un homme politique, un cadre ou un dirigeant d'entreprise, a des intérêts professionnels ou personnels en concurrence. De tels intérêts en concurrence peuvent la mettre en difficulté pour accomplir sa tâche avec impartialité. Même s'il n'y a aucune preuve d'actes préjudiciables, un conflit d'intérêt peut créer une apparence d'indélicatesse susceptible de miner la confiance en la capacité de cette personne à agir correctement à son poste.
Source : Wikipédia
La charte éthique de PlaNet Finance apporte quelques compléments :
Un Conflit d’Intérêts désigne toute situation où un Collaborateur d’une ou plusieurs entités de l’Ensemble PlaNet Finance défend où détient un intérêt qui :
- Porte atteinte, semble raisonnablement porter atteinte ou est susceptible de porter atteinte à l’objectivité avec laquelle il doit prendre ses décisions et exercer ses fonctions ou ses responsabilités au profit des entités et en leur nom.
- Constitue ou semble raisonnablement constituer un avantage ou un gain matériel ou immatériel, corporel ou incorporel, direct ou indirect, pour lui-même ou pour toute autre personne morale ou physique aux intérêts desquelles il se trouve directement ou indirectement lié ou intéressé.
Les organismes à mettre en avant ce souci du conflit d'intérêts sont nombreux, en particulier dans les pays anglo-saxons ; ainsi, la fonction publique au Canada a établi un code complet traitant sous différents angles du conflit d'intérêt : le Code de valeurs et d'éthique de la fonction publique canadienne (ce site est également mis en référence par Olivier Bonnet sur Agora Vox).
L'esprit de cette charte est noble, la tâche est rude ; discerner le conflit d'intérêt peut s'avérer très difficile et peut relever d'un un véritable exercice de discipline.
En effet, existe-t-il des actes qui ne soient pas intéressés, même parmi ceux se voulant morals ?
Par exemple, La Rochefoucauld, au XVIIème, posait la problématique de la générosité : l'homme généreux pratique-t-il la générosité parce qu'il est généreux ? N'est-ce pas là une illusion? Ne se glisse-t-il pas parfois un calcul derrière la générosité ? N'arrive-t-il pas que l'on se montre généreux afin de lier l'autre à soi par quelque don ou bien afin de faire étalage de sa vertu devant les autres, en pratiquant une générosité ostentatoire ?
Pascal, à la même époque, formulait cela différemment : les hommes sont en proie à l'amour-propre. Aussi ont-ils une idée derrière la tête et cherchent-ils à se faire plaisir en tout si bien que rien n'est gratuit chez eux, tout étant mû par l'amour-propre.
Sade, un peu plus tard au XVIIIème allait un peu plus loin : la vertu est naïve, elle ignore la réalité du désir, de l'amour-propre ainsi que leurs stratégies.
Sans cautionner et généraliser ce ce constat implacable, il ressort que l'homme agit de manière intéressée ; il n'est cependant pas nécessaire d'y voir un vice systématique ; le plaisir peut motiver ses actes.
Kant (XVIIIème) pensait qu'il faut que le sentiment moral soit désintéressé, et qu'il ne se mêle rien en lui venant du calcul individuel ; la vraie moralité ne se sait pas morale ; elle est innocente.
L'important est la volonté de le devenir moral plus que l'être, un idéal, par essence peut-être impossible. Faisons déjà l'effort de ne pas se trouver dans ce type de conflits d'intérêt. L'exemple n'est certes pas donné mais, à chaque jour suffit sa peine.
Lun 21 mai 2007
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