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Lundi 26 octobre 2009 1 26 /10 /Oct /2009 23:16
Vous aurez peut-être remarqué dans la colonne gauche de ce blog, un nouveau module, "Discussions socratiques" que j'ai ouvert à titre expérimental ; il s'agit d'un exercice de pratique philosophique sur des questions managériales inspiré de la maïeutique socratique. J'en explique le principe dans une rubrique chapeau (ICI).

Je vous propose donc aujourd'hui une première question où tout à chacun peut avoir son mot à dire :

Qu'est-ce qu'un bon manager ?

A vos commentaires donc !
Publié dans : Management et organisation - Voir les 16 commentaires - Ecrire un commentaire - Par Damien
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Commentaires

Afin de démarrer la discussion :
Je suppose une entreprise (idéale) reposant sur trois acteurs :
- Ses propriétaires ou actionnaires
- Ses clients ou usagers
- Ses employés
Le manager se situe au carrefour de ces trois acteurs. Un bon manager arbitre leurs intérêts contradictoires avec un double souci d'équilibre entre ces intérêts et de développement de l'entreprise d'autre part.
L'intérêt de l'actionnaire est de gagner le maximum d'argent. Il cherche donc à augmenter sa marge au détriment des salaires de ses employés et en vendant le plus cher possible à ses clients.
Le client partage l'intérêt de l'actionnaire à ce que les salires soient le plus bas possibles pour faire diminuer les charges, en espérant ainsi diminuer les prix. Sur ce dernier point, son intérêt est opposé à celui de l'actionnaire.
Le salarié cherche à avoir le salaire le plus élevé possible.
Cette analyse purement économique, je devrais dire financière, donne au manager un rôle d'arbitrage entre des intérêts fianciers divergents. Se pose alors la question des critères de répartition. Ils n'existent pas, et la répartition n'est que le reflet des rapports de forces entre les acteurs. Se pose alors pour le manager, la question du côté où il se place. Par rapport à la question initiale, il faut donc poser la question suivante : Un bon manager pour qui ? Car ce ne sera pas le même, suivant qu'il défend les intérêts de l'un ou de l'autre.


Cette première analyse repose sur l'hypothèse d'une entreprise dont les acteurs ont des intérêts contraires. On peut tenter une réponse en supposant quelques objectifs communs aux parties prenantes de l'entreprise. La première idée qui vient à l'esprit, serait que tous ont intérêt à la vie et au développement de l'entreprise. Mais ce n'est sans doute pas vrai, puisque de multiples faits témoignent que la masse des investissements est orientée vers un retour à court terme sans souci de la survie et de développement à long terme.
Par ailleurs, je laisse délibérément de côté le rôle social et humain de l'entreprise, dont on espère qu'ils survivent encore et qui méritent un autre angle d'attaque.
On aura compris que cette première contribution baigne dans un climat de crise économique générale et, en ce qui me concerne, extrêmement présente.
Commentaire n°1 posté par René le 27/10/2009 à 16h13

Peut-être cette question - parce qu'elle contient un certain élément dramatique - mérite-t-elle une réponse aporétique - qui rebondirait en un sens sur le premier commentaire publié. De manière un peu ironique on pourrait dire qu'un bon manager est peut-être celui qui ne cesse de s'interroger sur ce qu'est un bon manager, et qui agit - comme manager - en ayant constamment en tête cette question.
A défaut de savoir alors ce qu'est le bon management -et ce que serait un bon manager - on aurait alors un critère pour reconnaitre un bon manager. S'interroger - et par-là douter - sur ce que c'est que bien manager, serait alors une conditions nécessaire - même si elle n'est certainement pas suffisante- pour être un bon manager.
Une autre manière de répondre à cette question - ou plutôt de s'interroger sur la manière d'y répondre -, et qui irait dans le même sens, consisterait, à la manière de Nelson Goodman (dans son ouvrage Manières de faire des mondes) à modifier la formulation de la question. Plutôt que de s'interroger sur "qu'est-ce qu'un bon manager?", il faudrait plutôt se demander "quand un manager est-il bon?". D'abord parce que, sur le fond, la question "qu'est-ce" suppose que l'on peut être capable de trouver ce qui serait une "essence" du "bon manager", entreprise non seulement périlleuse, mais sans doute également improbable. Goodman s'interrogeait sur l'art. Il remarquait qu'à la question "Qu'est-ce que l'art?", chaque artiste, chaque tendance essayait de répondre en définissant l'art à partir de principes qui caractérisent une tendance, mais qui du même coup exluent les autres. Pour le dire vite, si l'on définit l'art à partir des oeuvres classiques, alors les oeuvres modernes et contemporaines sont exclues de cette définition. De même la définition que peut donner Kandinsky de l'art sera très éloignée, voire incompatible avec celle que donnera Duchamp. Non seulement, aucune définition satisfaisant et englobante n'émergera, mais en plus encore on risque de n'aboutir qu'à des querelles et à beaucoup d'incompréhension. 'en va-t-il pas de même pour le management? Que quelqu'un dise "tels sont les principes qui définissent le bon management et un bon manager", et aussitôt un autre surgira pour donner d'autres principes qui - selon les périodes, selon les lieux, et selon l'humeur - pouront sembler tout aussi justes. Un autre argument, va, selon moi, dans le sens d'une redéfinition de la question initiale - et complète le précédant argument. Un manager peut être bon dans une entreprise à un moment donné, et se révéler moins bon (et même mauvais) dans une autre entreprise à un autre moment. Peut-être qu'il n'existe pas "un bon manager", mais simplement des moments où l'on se révèle bon. Il serait à ce sujet intéressant de ne pas seulement sinterroger sur les meilleures pratiques de management (tendance à observer les best practice), mais à s'inspirer aussi des pires pratiques (un ouvrage sur les worts practice ne serait certainement pas anecdotique), et l'on verrait certainement que dans certains cas la frontières entre les deux est plus tenue qu'on pourrait se l'imaginer.
Encore une fois, il en va de même avec une oeuvre d'art (je m'inspire ici d'un mode de pensée développé par Arthur Danto dans La transfiguration du banal). Un tableau dans une exposition est considéré comme une oeuvre d'art. Mettez maintenant ce tableau dans un autre contexte (par exemple utilisez le comme support pour une table), et il perd du même coup sa fonction artistique, et en partie esthétique. Le contexte, la fonction, les moments, bref le temps et l'espace, sont autant d'éléments qui me font penser qu'il serait intéressant de déplacer le questionnement.
Sans doute mes exemples paraitront-ils emprunter un peu trop à la philosophie de l'art (même si Arthur Danto a commencé sa carrière comme "philosophe de l'action"), mais après tout c'est peut-être parce que le management est une forme d'art, et que pour être un bon manager il importe d'être un bon artiste.

Commentaire n°2 posté par GL le 28/10/2009 à 00h26
En engageant la discussion sur le thème du manager arbitre d'intérêts contradictoires, j'ai peut-être pris une mauvaise piste. Elle suppose, en fait, que l'on ait défini auparavant un modèle d'entreprise idéale. Le rôle du manager serait alors de défendre ce modèle auprès des différents intérêts (actionnaire, client, employés). Or ce modèle n'existe pas. Il y a bien des sortes d'entreprise et l'on peut déjà distinguer :
les entreprises de service public où le service rendu ne doit pas être dépendant du prix payé par l'usager (en tous cas il est le plus souvent modulé suivant les ressources financières de celui-ci)
les entreprises privées où le service est dépendant du prix payé.
Par ailleurs, la maximisation du profit est sans dout le modème dominant à l'heure actuelle, mais il n'est pas le seul. Il existe aussi des entreprises qui se donnents des objectifs sociaux, de recherche scientifique, d'aménagement du territoire, etc..
Tous ces types d'entreprise ont des modèles et des objectifs différents. Le bon manager sera alors également différent suivant le type d'entreprise où il travaille.
Mais il nous faut trouver une hypothèse de travail et des critères communs.
Le critère commun que je distingue et qui paraît applicable à tout manager est celui-ci : Quel que soit son niveau hiérarchique, un manager est responsable d'un groupe d'employés qui dépend de lui. Qu'il soit PDG ou chef d'équipe, il a cette responsabilité.
Par rapport au type d'entreprise, je propose l'hypothèse suivante : notre manager partage les objectifs de l'entreprise dans lequel il travaille. On le suppose donc libre de quitter cette entreprise si'l ne les partage pas avec le choix de collaborer avec une autre qui lui convient mieux. On évite ainsi d'entraîner la discussion sur le terrain du dilemme entre la nécessité du salaire au prix de la renonciation à quelque valeur morale.

D'où le resserrement de la question qui deviendrait : Dans le cadre d'une entreprise dont il partage les objectifs, le manager a toujours responsabilité d'un groupe d'hommes. Défini comme ceci, qu'est-ce qu'un bon manager ?
Commentaire n°3 posté par René le 29/10/2009 à 14h20
Merci René et GL pour ces premiers apports.
Avant de retenir une question de base et de la pousser, je vais laisser encore un peu de temps pour d'éventuels autres commentaires.

A ce stade, quelques points me semblent être plus saillants dans vos commentaires :

@ René (1er comm)
1) le manager comme arbitre ou équilibriste entre les intérêts divergents des parties prenantes et, plus spécifiquement, comme arbitre de la répartition des richesses.
2) La qualification du manager (bon ou mauvais) dépend de la partie prenante considérée qui le juge

@ GL
3) le bon manager est habité par le doute
4) rechercher l'essence du bon manager est illusoire [peut-être mais il faudra pousser cette piste à l'instar de Socrate]
5) La qualification du manager (bon ou mauvais) dépend de l'entreprise où il opère

@ René (1er comm)
7) La qualification du manager (bon ou mauvais) dépend du type d'entreprise où il opère (secteur marchand, secteur public...)
8 ) Le manager est "responsable" d'un groupe d'employés
Commentaire n°4 posté par Damien le 31/10/2009 à 23h36

Tout comme on mesure un arbre à ses fruits, le manager est souvent jugé sur ses résultats... trompeurs.

Jack Welch s'est forgé à General Electric la réputation de "Manager of the Century" en menant une stratégie qui a rapporté gros dans un premier temps, mais qui a orienté l'entreprise vers des récifs qui risquent maintenant de la couler. Il ne sera plus là pour assumer les conséquences de son management.... et on se souviendra de lui comme d'un grand manager.

 

Le bon manager devrait être celui qui sait susciter le meilleurs chez ses collaborateurs en leur confiant l'opérationnel, en donnant la direction et en ayant à cœur la pérennité de l'entreprise.

Il sait le faire en assurant son bien-être physique et psychique afin d'être épanoui, ce qui est nécessaire à un management sain.

Un manager épanoui est souvent bon alors que l'inverse n'est pas forcément vrai.

 

Commentaire n°5 posté par Damien Ponçon le 04/11/2009 à 15h11
Votre commentaire Damien me rappelle cette petite phrase de JP Dupuy "L'action et la parole engendrent des histoires dont nul ne peut se dire l'auteur et qui connaissent parfois un dénouement tragique". Elle montre toute la difficulté de l'imputabilité d'événements ; jusqu'où une personne peut-elle être considérée comme responsable ? D'ailleurs, les événements/résultats dont l'auteur est unique et clairement identifié, sont-ils nombreux ?
En fait, les résultats mesurables obtenus reflètent-ils parfaitement les qualités du manager ? Pour le formuler autrement, ne peut-on pas considérer qu'un manager puisse être bon indépendamment des ses performances ?
Réponse de Damien (AdM) le 07/11/2009 à 00h37
J'essaierai de revenir fournir davantage un prochain commentaire. Pour rebondir sur l'esquisse de la question posée (et des comm pour lesquelles je rejoins les propositions), proposer si ce n'est une lecture mais au moins une référence à un ouvrage de deux chercheurs Nicole Aubert et Vincent de Gaulejac qui ont écrit "Le coût de l'excellence" en contre-pieds du célèbre "Le prix de l'excellence" de Peters et Waterman (1983) : idéologie managériale du "toujours plus / mieux de performance".
A minima les quelques questions que cela peut soulever peuvent porter sur :
- quelle performance est recherchée et quel rôle peut jouer le manager ou doit jouer le manager en focntion de la mission qui lui est assignée (plus ou moins explicitement)
- dans quelle dynamique cette fonction s'inscrit-elle : le manager doit-il garder des "constantes" et doit-il introduire des "variantes" dans son agir managérial?
- à quel(s) coût(s) organisationnels et humains (marginal/aux ou global/aux) peut-on évaluer l'action managériale?

La fonction managériale est fondamentlament en question, et en questionnement. Des apports de l'ordre de la philosophie peuvent être appréciables et, je l'espère, appréciés. Merci pour votre site qui y invite.
A bientôt
Commentaire n°6 posté par Damien le 05/11/2009 à 05h19
Cher Damien
Quand vous parlez concernant l'agir managérial de constantes et variables à quoi pensez-vous par exemple ? Qu'appelez-vous constantes et variables ?
Merci pour vos encouragements
Réponse de Damien (AdM) le 07/11/2009 à 00h40
Juste pour rebondir et poursuivre le débat, je voudrais ajouter quelques remarques.
1) Je ne sais pas si un bon manager est habité par le doute, mais peut être devrait-il l'être. En outre, un mauvais manager peut aussi être, je pense, habité par le doute. De même devrait-il être inquiet. Inquiet de ne pas être "bon", inquiet surtout des répercussions de son management à la fois sur l'entreprise et sur ses collaborateurs. De ce point de vue, l'exemple de Jack Welch, telle qu'elle est décrite par Damine Ponçon est intéressante.
2) En revanche, je ne suis pas sûr du tout qu'un bon manager soit épanoui, ni qu'un manager épanoui soit forcément bon. Je en suis pas sûr non plus qu'on puisse associer bon management et management sain. Pour le dire de manière légèrement plus philosophique, je ne partage pas l'idée toute grecque du "kalos kai agathos" (beau et bon). Pourquoi un bon manager ne serait-il pas rongé par les doutes, angoissé, et même totalement névrosé. Car, après tout, un management absolument parfait n'existant probablement pas, un bon manager sera peut-être plus lucide qu'un mauvais, et par-là plus lucide sur les ratés et les imperfections. Donc d'autant plus inquiet. 
3) Quant à savoir s'il est illusoire de s'interroger sur l'essence d'un bon manager (ou sur l'essence d'un mauvais manager), je ne le pense pas. Il n'est jamais illusoire de chercher quelque chose. Car cela peut déboucher sur de nombreuses trouvailles, pistes ou idées. Il est en revanche, peut être, illusoire de penser trouver (découvrir, connaître) l'essence de quelque chose. En proposant de contourner la question du "qu'est-ce que", je n'entendais pas dire qu'elle n'est pas intéressante, mais je suggérais qu'il y a une autre forme de questionnement ("quand y a-t-il"), moins ambitieuse peut-être, moins habituelle aussi, qui s'appuie plus sur les expériences, les événements et les actions, et qui tient compte des contextes dans lesquels intervient le questionnement.
4) Enfin, il me semble que la qualification de bon manager, dépend certes de l'entreprise dans lequel il opère, mais de bien d'autres choses:  du moment, de l'espace, des critères et des idéologies managériales en vogue. Ainsi, les critères de management (et de bon management) définis dans un cadre fordien, ou définis dans les années 30, sont très différents de ceux que nous tenons pour justes aujourd'hui. De même, faut-il faire avec les lois et coutumes des lieux et des pays où l'on se trouve (pour paraphraser Descartes). Aussi, un même manager peut-il se révéler excellent dans un cadre légal et coutumier donné, et bien moins bon dans un autre cadre, parce qu'il n'en saisit pas les spécificités. C'est donc d'un ensemble de facteurs assez importants, me semble-t-il que dépend la qualité du management: être au bon moment, au bon endroit, dans la bonne entreprise, avec les bons collaborateurs, et avoir su l'analyser.

Aussi, et je terminerais sur ce point, peut-être qu'une bonne manière de répondre à la question "Qu'est-ce qu'un bon manager?" consiste, de manière plotinienne, à inverser cette question pour se demander "Qu'est-ce que n'est pas un bon manager?"
Commentaire n°7 posté par GL le 10/11/2009 à 03h27
Bonsoir GL

Je vous rejoins dans l'idée que ce questionnement a son utilité même s'il reste sans issue ; se questionner sur les critères du bon management, c'est accepter que l'environnement change et évolue et qu'il faut s'adapter (une autre manière de parler du doute).
En outre, je ne sais dire si le fait d'être névrosé pour un bon manager le rend pour autant moins bon ; par contre, il apparaît souvent que si le manager ne communique pas des objectifs/vision et des règles de fonctionnement (et donc des certitudes), il créé de l'inquiétude.

Pour le reste, et à ce stade de notre réflexion, j'inviterai à lire ma réponse à Damien (L) où j'indique une autre voie entre la recherche de critères absolus (l'essence) et celle du relativisme le plus complet : le bon manager est celui qui est reconnu comme tel par le plus grand nombre. Une hypothèse...
Si c'est le cas, cela rend bien difficile l'enseignement du management (peut-être en racontant les histoires des bons managers ?
Réponse de Damien (AdM) le 17/11/2009 à 00h34
Pour tenter d'éclairer (ou plutôt d'éclaircir!) mon propos au sujet de l'agir managérial, des éventuelles "constantes" et "variables" :
> Mintzberg avait défini, par ses observations, les rôles managériaux, ou grande fonctions / activités. Il en avait tiré une conclusion qui était de signaler qu'entre le déclaratif "ce que je fais, en tant que manager" et "ce qu'ils font vraiment", les écarts étaient très conséquents. Les raisons à cela étaient diverses, mais un enseignement est de conclure que les managers savaient peu ou prou ce qui était attendu d'eux (ou la perception qu'ils en avaient)... mais exerçaient leur rôle tout autrement.

> Alors, beaucoup d'organisations (et de chercheurs, et de consultants, et d'écoles, etc.) proposent des sortes de "référentiels des activités managériales", avec, souvent, le "référentiel des compétences managériales", associé.
Peut-être que les "constantes" seraient une sorte de cadre de référence assez générique auquel se reporter (mais est-ce souhaitable? quel est le véritable apport des référentiels?), et les "variables", toutes les raisons (de "contexte" pour reprendre les propos du contributeur GL) qui font s'écarter du cadre. Ou, pour reprendre des grilles d'analyses chères aux ergonomes notamment, les écarts entre le "prescrit" et le "réel".

Alors, je ne dis pas qu'il faut des "constantes" et qu'inévitablement il y a des "variables". Il me semble préférable de faire réfléchir chaque entreprise, "dans ce quelle est" et "pour ce qu'elle est" à "qu'est-ce que manager chez moi? et pourquoi?".
Doit-on pour autant évaluer / mesurer / apprécier la qualité managériale en tant que tel? Je suis réservé tant le "quoi" de la mesure et le "comment" de la mesure sont discutables, y compris par les managers eux mêmes.
Je risque donc fort de répondre à la question "qu'est-ce qu'un bon manager" par.... "ça dépend". Et peut-être même "ça ne se définit pas".
Je continue à y réfléchir...
Commentaire n°8 posté par Damien (L) le 12/11/2009 à 08h19
Les écarts soulignés par Mintzberg ne m'étonnent pas ; la forme idéale de comportement que je vise n'est pas réalisable à tout instant et c'est peut-être ce qui fait toute la complexité et la richesse de l'homme.

Concernant votre dernière remarque, si l'on accepte l'hypothèse qu'il n'y a pas de définition du bon manager, que penser alors des nombreux jugements exprimés ou entendus sur tel ou tel manager ? Ne seraient-ils pas fondés et/ou ne seraient-ils que subjectifs ?

Faut-il adopter une approche toute autre qui serait de considérer qu'il n'y a pas de critères absolus du "bon manager" (des vertus ou des critères catégoriques à la manière de Kant) mais que le bon manager est celui qui serait reconnu comme tel par le plus grand nombre ?
Réponse de Damien (AdM) le 17/11/2009 à 00h23

Bonjour,

Il me semble que le manager qui intègre dans sa pratique le "ça dépend", donne de la justesse et de l’efficacité à son management, comme le guerrier qui se transforme en Lion sur le champ de bataille et en Homme pacifique de retour chez lui.

Ainsi, un critère de bonne pratique pourrait être la capacité à répondre aux situations comme elles l'exigent ? Sur le champ de bataille il est à-propos d'agir en guerrier, mais pas dans un pays en paix ou un tel comportement est condamnable.

 

Transposé dans le management, nous pourrions dire qu’un bon manager est celui qui sait percevoir le changement et répondre aux diverses situations qui se présentent à lui avec à-propos. Il se distribue dans la fonction, le rôle, l’action, le comportement qu’exige la situation.

 

En empruntant ce chemin, le manager ne fera plus nécessairement ce qui lui faisait plaisir ou ce qui lui semblait idéal, populaire,… etc. S’il veut embrasser le changement, son intention devient d’aiguiser son attention pour être conscient des situations et agir en conscience.

 

Quant à être reconnu ou non par les autres comme bon ou mauvais, je ne sais pas jusqu’à quel point cela peut être un critère. J’ai plutôt le sentiment que la justesse, tel que j’ai tenté de la présenter, devrait aider le manager à composer avec les aspects favorables ou défavorables de l’environnement et faciliter son action de manager. Qui voit le changement avec clarté ne s’y oppose pas. Ce qui est très efficace pour éviter de créer des résistances et pour agir juste et à-propos. C’est le principe même de l’aïkido, de façon générale de tous les arts martiaux. L’aïkido est un des arts martiaux qui est resté le plus proche de la tradition.

 

Sinon, chaque fois qu’une situation ne correspondant pas à son concept mental se présente, le manager hallucine, perd en lucidité et son action devient hasardeuse si ce n’est dangereuse.

Commentaire n°9 posté par Damien Ponçon le 21/11/2009 à 12h32
Bonsoir Damien

En lisant votre commentaire, je me suis poser la question suivante : comment juge-t-on qu'un manager a bien su percevoir le changement et répondre aux diverses situations qui se présentaient. S'il pleut et que je sors mon parapluie, on pourra dire que j'ai su m'adapter au changement mais pourra-t-on pour autant affirmer que je suis bon ?
Réponse de Damien (AdM) le 26/11/2009 à 00h13
Bonsoir Damien

Une réponse rapide et spontanée... à cette heure.

Pour répondre à votre exemple de la pluie. La sortie du parapluie semble appropriée, ni plus, ni moins en effet.

Par contre, si vous êtes contrarié par cette pluie, car votre week-end est fichu, au point d'oublier de sortir votre parapluie et que vous devenez insupportable avec vos collaborateurs car vous  savez que votre match de golf est compromis, nous pouvons dire que vous vous opposez au changement.

Le critère est simple. S'opposer au changement se traduit toujours par une crispation. Dès qu’il y a crispation, le manager a besoin de se détendre par une réaction. Ce qui entraîne des comportements qui manquent souvent de justesse et d’à-propos.  

 

Si quand le comportement semble approprié cela ne veut pas nécessairement dire que le manager est bon, que peut-on dire quand, en somme, il perd les pédales ?

 

Peut-être pourrait-on tout simplement  dire qu’il existe des conditions pour être bon. Que le fait de ne pas s’opposer au changement, c'est-à-dire de l’accepter en est une. Mais qu’il y en a certainement d’autres comme le talent, la compétence, etc.

 

Cdlt

Commentaire n°10 posté par Damien Ponçon le 26/11/2009 à 00h50
Un bon manager est celui qui écoute ses employés, qui prend les décisions en connaissance de causes. Etudie les conséquences bonnes ou mauvaises de ses décisions, et sait motiver ses employés.
Commentaire n°11 posté par comptable le 08/02/2010 à 08h18

un bon manager est une personne qui cree des situations dans lesquelles tout le monde tirent des profits

Commentaire n°12 posté par Abdraman Abakar Goukouni le 14/06/2010 à 16h44

Pouvez-vous préciser que mettez-vous dans "tout le monde".

En outre, pensez-vous qu'il y ait toujours une solution où tous les intéressés sont gagnants ?

Qu'entendez-vous également par "profits" ; s'agit-il uniquement de profits au sens comptable ?

Réponse de Damien le 30/06/2010 à 11h22

Idéalement le manager doit révéler de nombreuses capacités :

·         -La communication.

·         -L’intuition.

·         -La vision stratégique.

·         -L’écoute.

·         -La rigueur.

·         -La créativité, l’innovation.

·         -L’action.

·         -La remise en cause, l’adaptation. 

·         -Le flair contrôlé.

Le manager ne peut accomplir seul toutes ces fonctions. Il y a nécessairement division et spécialisation. C’est ce qu’Ichak Adizes a appelé le P.A.E.I.

P= Producteur : connaitre la technologie et être un homme de terrain.

A= Administrateur : être organisé et méticuleux.

E = Entrepreneur : être créatif et aimer prendre des risques.

I= Intégrateur : être tourné vers les relations humaines.

Idéalement un bon manager sera compétent dans les quatre rôles, cependant il est rare de trouver une seule personne douée pour tout, aussi le management est souvent géré par une équipe.

Dans quels cas à t’on a faire à un mauvais manager ?

·         -attribution du poste par procédure aléatoire et non-rationnelle,

·         -le manager se trouve dépassé par l’évolution technologique,

·         -l’entreprise est en dysfonctionnement,

·         -etc.

Un bon manager doit  exceller dans au moins un des quatre aspects du P.A.E.I, et en même temps être sensibilisé aux autres. Il doit connaitre ses forces et ses faiblesses et il doit être capable de collaborer.

 

Commentaire n°13 posté par mehdi le 30/11/2010 à 23h16

Je travaille dans une entreprise de 20 salariés. Le fils du Gérant vient de prendre un poste de Manager : il a 21 ans et un BTS en poche. Qu'en pensez-vous ? En ce qui me concerne, je crois qu'il n'a pas la maturité du poste. J'ai 53 ans. et suis choquée : il donne son avis aux responsables, il participe aux réunions en tant que membre actif et décisionnaire.

Commentaire n°14 posté par Junior le 08/05/2011 à 12h44

Bonjou et merci de votre message

En dehors de son âge, en quoi a-t-il montré qu'il était un mauvais manager : le fait de donner son avis ou de participer ne me semblent pas être des fautes, au contraire ; que diriez-vous d'un manager qui ne participe pas, ne dit rien...? En soi, l'âge ne me semble pas un critère pertinent : j'ai connu de jeunes brillants, des vieux c..., des jeunes c... et des vieux brillants. Avez-vous pu le juger sur ses décisions plus que sur son âge et son comportement ?

Ceci étant dit, vous avez été "choqué" et il n'y a rien à redire à cela ; par contre, il serait intéressant identifier laquelle de vos valeurs a été bafouée : "c'est le le fils du patron", "il n'a pas mérité son poste", "un jeune doit se taire devant un plus senior"...

Au plaisir de vous lire

Réponse de Damien le 11/05/2011 à 22h59

Je ne pense pas qu'il y ait une définition d'un bon manager, chacun peut l'être à sa manière. Par contre avant d'être un bon manager, il faut peut être d'abord être un bon être humain...

Commentaire n°15 posté par Yasmine BENSALAH le 24/12/2011 à 19h29

Et y a-t-il une définition du bon être humain ?

Réponse de Damien le 24/12/2011 à 19h49

Bonsoir Damien,

Pour la définition d'un bon être humain, je tenterais ''quelqu'un qui prend en compte l'ensemble des acteurs et des facteurs relatifs à une situation donnée, avec pour but de prendre une décision éclairée qui représente l'équilibre des intérêts communs et individuels''.

Commentaire n°16 posté par Yasmine le 25/12/2011 à 19h15

Socrate et l'entreprise

Dépayser les lieux communs.

Remettre du sens et de l'éthique au quotidien.

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Citations

"Tout le monde se plaint de sa mémoire mais personne ne se plaint de son jugement"
La Rochefoucault
"Voyager nuit gravement aux lieux communs"
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