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Jeudi 8 décembre 2011 4 08 /12 /Déc /2011 23:40

Au travers de mes fonctions en entreprise, cette question de l'évaluation de l'éthique revient régulièrement sur la table. Sans être exhaustif, je citerais trois cas particuliers :

  • Vous avez déployé dans votre organisation une charte éthique (ou code de conduite,...) et vous souhaitez intégrer quelques points  relatifs à l'éthique dans le bilan annuel de votre collaborateur ;
  • Très soucieux des risques éthiques, vous souhaitez confier à votre équipe d'audit interne quelques missions pour évaluer l'exposition de l'entreprise à ces risques ;
  • Votre dispositif éthique a bien été développé et a suscité une importante adhésion de vos salariés ; vous souhaitez maintenant convaincre de votre sens de l'éthique vos clients, partenaires, la société civile, etc. Pour cela, vous envisagez de faire appel à un organisme de certification externe, similaire à ceux intervenants dans le domaine de la qualité.

Tous trois aboutissent, en principe, à un jugement (qui se traduit par des qualificatifs du type bien, satisfaisant ou non, conforme ou non, à améliorer,...), voire à une note. Néanmoins, si l'on cherche à mettre à jour les enjeux sous-tendus par chacun des trois cas, on soulèvera de nombreuses questions :

  • Qu'est-ce que l'éthique ? Avez-vous déjà essayé de définir cette notion ?
  • Si l'on peut parler d'éthique pour un individu, peut-on en faire autant pour une entreprise ou toute autre organisation ?
  • Le comportement éthique est-il quelque chose qui se mesure objectivement, c'est-à-dire à l'aune des actes plus que des motivations profondes ?
  • Une règle éthique s'applique-t-elle à tous les cas ou peut-elle subir quelques entorses en fonction des situations ?
  • Une situation peut-elle mettre en conflit deux règles éthiques ? Dans ce cas, laquelle privilégier ?

Je ne développerai pas ici ces questions (j'en aborde certaines dans mon livre paru fin novembre ; en outre, ces grands enjeux éthiques nécessitent souvent 3-4 heures de cours pour en présenter les grandes facettes à des étudiants en fac). En fait, en résumant de manière presque exagérée, je dirais que ces trois cas mettent en confrontation :

  • Les partisans de la mesure, moteur parfois excessif du progrès scientifique, qui considèrent qu'il ne peut y avoir de gestion de ce qui ne se mesure pas - l'enjeu consiste à trouver les bons indicateurs ;
  • Les partisans de la norme morale universelle applicable partout et ne souffrant aucune exception ; c'est noir ou c'est blanc, il n'y a pas de gris ;
  • Enfin, les partisans d'une éthique relevant plus de la réflexion et du dialogue, où, au final, on peut craindre qu'ils sombrent dans le tout relatif ou encore dans le tout gris (ni noir ni blanc). J'inclus également dans cette catégorie ceux qui considèrent que l'éthique est quelque chose de très personnel et donc très subjectif. Du point de vue de l'entreprise, ces différentes approches privilégient plus l'évaluation du dispositif éthique que de l'éthique elle-même : existe-t-il une charte ? à qui a-t-elle été diffusée ? l'éthique est-elle régulièrement à l'ordre du jour des réunions de direction ?...

A partir des ces quelques considérations, rapides et superficielles, pensez-vous que l'éthique puisse faire l'objet d'une évaluation et si oui comment ?

Publié dans : Éthique et gouvernance - Voir les 1 commentaires - Ecrire un commentaire - Par Damien
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