Partager l'article ! La sécurité d'une organisation peut-elle reposer sur le principe que celui qui n'a rien à se reprocher n'a rien à cacher ?: La sécurité d'u ...
205 par jour ; 249 654 depuis 2006.
Ethique
Management
Philosophie
Autres outils
La sécurité d'une
organisation peut-elle reposer sur le principe que celui qui n'a rien à se reprocher n'a rien à cacher }?{
Beaucoup d'émissions et de publications sont consacrées ces derniers temps aux questions de la liberté et de la sécurité. Ainsi, France Culture, dans son émission Fabrique de l'humain, invitait le 8/4 Gérard Wajcman, l'auteur du livre, "l'oeil absolu" :
Lors de l'émission, G. Wajcman relatait l'expérience de vidéosurveillance de la police londonienne, et en particulier, l'interview d'un responsable de cette dernière qui mettait en avant cet argument : "celui qui n'a rien à se reprocher n'a rien à cacher".
On retrouve ici le thème de la transparence que le livre d'Orwell, 1984, ou encore, le film minority report, avaient bien illustré. Différentes études ont par ailleurs montré que le simple fait de se sentir savoir surveillé créé un sentiment de culpabilité quand bien même la personne n'a rien fait de particulièrement répréhensible. De plus, à bien y réfléchir, cela traduit un manque de confiance de la société dans l'individu. Peut-on construire un projet de société sans confiance ?
D'une part, il y a donc les effets de la surveillance omniprésente sur l'individu ; d'autre part, il y a la question de la finalité et de l'efficacité d'une telle surveillance. Elle est une réponse possible à la volonté d'anticiper tout événement potentiellement dangereux. Mais est-ce que le fait de tout savoir à un moment donné permet-il de tout prévoir ? Même en imaginant un cerveau ou un ordinateur suffisamment puissant pour digérer toute l'information collectée, n'y-a-t-il pas des risques d'erreurs d'interprétation, d'évaluation du poids d'un événement par rapport à un autre ?
Cette question du contrôle et de la transparence posée ici au niveau de la société peut se décliner sur les entreprises où les dérives de la crise financière poussent le régulateur à demander plus de transparence et de contrôles. Ainsi, le thème de la traçabilité est souvent évoqué dans les approches de contrôle ; les reportings financiers sont de plus en plus détaillés... Comment alors face à ce besoin d'un meilleur contrôle (peut-être pas un tout-contrôle), peut-on préserver le sentiment de confiance constitutif du lien social et de la capacité d'innovation des individus ? Comment aussi rester cohérent en affirmant d'un côté plus de contrôle, plus de transparence et de l'autre en appelant à plus de responsabilité ?
Les questions du blog sont publiées quelques jours avant sur Twitter sous un compte que j'ai appelé Minute Ethique ; si vous voulez les recevoir, abonnez-vous sur Twitter.
Vous pouvez aussi initier et participer à un échange ici sur ce blog.
Note : Une dose de réflexion éthique tous les jours fait le plus grand bien et c'est une bonne manière d'affûter ses facultés de discernement le jour où l'urgence ou plus largement le contexte ne vous laissent pas suffisamment de temps pour réfléchir à vos décisions ou comportements.
Aujourd'hui en image, peinture de Alain Gaudin : liberté, 2009.
Dépayser les lieux communs.
Remettre du sens et de l'éthique au quotidien.
"Socrate, un philosophe au secours de l'entreprise" - Damien Goy (Maxima)
Disponible chez votre libraire ou sur le web : FNAC, Amazon.
Mise à jour du 5 jan. 2012
Commentaires récents