Partager l'article ! Faut-il sacrifier une personne pour en sauver cinq ?: Du premier abord, la question peut apparaître extrême et complètement déconnectée du m ...
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Questionner sa pratique et lui donner du sens |
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Du premier abord, la question peut apparaître extrême et complètement déconnectée du monde de l'entreprise. Comment choisir entre, d'une part, la disparition probable mais complète du groupe mais sans aucun sacrifice, et d'autre part, sa probable survie mais au prix du sacrifice d'un de ses membres ?
J'insiste bien sur le terme "probable" associé à chaque alternative ; ce serait presque trop simple si la décision se réduisait à deux alternatives certaines une fois le choix effectué. Il reste toujours une possibilité que le sacrifice au final ne sauve pas le groupe ; de la même manière, il reste une possibilité que le groupe arrive à s'en sortir sans aucun sacrifice. Dans tous les cas, les éventuels survivants auront à justifier leur choix. Deux grandes visions du groupe et de l'homme s'opposent au travers de ce cas.
La première solution juge de l'acte en lui-même (elle s'interdit de sacrifier une personne quelles qu'en soient les circonstances) alors que la seconde juge de l'acte au travers de ses conséquences (recherche du bien pour le plus grand nombre). On distingue donc deux visions du groupe : un groupe soudé jusqu'au bout, pour le meilleur et pour le pire ; un groupe prêt à sacrifier l'un des siens mais maximisant le bien-être de l'ensemble. En outre, dans la deuxième approche se pose la question de la personne à sacrifier : et si le groupe considérait qu'il valait mieux sacrifier quelqu'un qui vous est proche : votre enfant, votre conjoint, votre ami... La décision se corse. Plus largement, le moment choisi pour prendre la décision est-il le bon ? A-t-on éclusé toutes les possibilités avant d'arriver à la décision ultime ?
Toujours est-il que les entreprises ne sont en général pas exposées à un tel dilemme, en tous cas avec la mort d'individus en balance. Néanmoins, lorsqu'une entreprise engage un plan de licenciement, cela relève de la même logique que le dilemme exposé au-dessus. Sa décision véhicule une vision du groupe et du type d'éthique à laquelle elle a recours (conséquentialiste ou de conviction). Ainsi, comme c'est parfois le cas, elle privilégie une approche conséquentialiste (dite aussi utilitariste), elle peut difficilement attendre de ses collaborateurs de pratiquer une éthique de conviction (être loyal, à tous prix, par ex).
Le cas présenté ci-dessus est bien entendu irréaliste et il est réducteur des réalités complexes qui sont les nôtres. Il a néanmoins le mérite d'illustrer deux grands courants de la philosophie morale et permet de toucher du doigt tous les enjeux de la dimension éthique d'une décision.
Dépayser les lieux communs.
Remettre du sens et de l'éthique dans les pratiques au quotidien.
"Socrate, un philosophe au secours de l'entreprise" - Damien Goy (Maxima)
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Mise à jour du 5 jan. 2012
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