Mardi 13 mars 2007
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Cet article est la suite de mon précédent
article "L'esprit du jeu" élaboré à partir d'une conférence de Denis Mousset.
Dans la première partie, nous avions abordé le jeu, et surtout l'esprit du jeu, comme une attitude privée. Ici, je vais vous exposer la thèse de l'auteur qui analyse "comment toute pratique
collective peut être melée à la dimension ludique que l'on retrouve dans les jeux compétitifs, collectifs et réglés".
Dans ces types de jeux, ne sont pas éliminées les pressions de la vie sociale ; on y introduit d'autres contraintes.
"Le but est de rendre les prestations comparables ; il naît une possibilité d'évaluer chaque prestation selon son niveau d'excellence par rapport aux autres prestations".
L'éthique et l'esthétique du jeu peuvent alors même se substituer à l'obsession de la finalité ; cette excellence ludique s'accompagne alors de sa terminologie, propre aux initiés, d'une
grammaire de l'excellence, d'un esprit mêlé de complicité, d'émulation, d'une transmission du savoir-faire et d'une mémoire des prestations d'excellence.
Cette pratique que l'auteur estime exister dans de nombreux corps de métier, apparaîtra dans toute "pratique instrumentale orientée vers l'efficacité où il y a suffisamment de contraintes".
Il donne l'exemple des travailleurs agricoles du siècle passé qui pouvait refuser de labourer un champ la nuit ; en effet, cette nouvelle contrainte ne permettait plus d'admirer les bons sillons
qu'il s'efforçait de faire dans cet esprit du jeu.
Cet esprit du jeu serait donc une manière de se libérer de la contrainte excessive de l'efficacité pour se centrer sur une notion d'excellence. Cet esprit peut recoloniser les pratiques humaines
à chaque instant.
Pour certains d'entre vous, le terme d'excellence aura eu une résonance toute particulière car il fait partie du vocabulaire courant de certaines entreprises, voire est même
institutionalisé au travers de versions avances des démarches Qualité.
Caractère de la chose ou de la personne qui correspond, presque parfaitement, à la représentation idéale de sa nature, de sa fonction ou qui manifeste une très nette supériorité
dans tel ou tel domaine.
Cette notion appelle au dépassement individuel ; je remarque qu'elle fait encore appel à une représentation idéale ; l'entreprise, toute organisation d'ailleurs, est peuplée
d'idéaux.
Dans le cas présent de cet article, et c'est là l'originalité de la thèse, cette excellence n'a pas pour objet de servir les intérêts de l'entreprise même si elle peut y contribuer. Ainsi, le
temps passé à atteindre l'excellence peut s'avérer très consammateur de temps et faiblement contributif à la valeur ajoutée de l'entreprise.
Dans le cas particulier des travailleurs agricoles, je ne peux m'empêcher de me rappeler les théories de l'Analyse Stratégique des Organisations (développée par Michel Crozier) où, face à un tel
refus, on aurait cherché les zones d'incertitudes, objectifs individuels mais absolument pas l'esprit du jeu.
Pouvez-vous identifier cet esprit du jeu dans vos fonctions et secteurs d'activité ?
Pour ma part, dans une refléxion spontanée, je le localiserais dans les tâches à caractère répétitif (saisie d'écritures comptables, traitement de dossiers...) mais il me manque l'aspect visuel
de la forme que l'auteur met en avant.
Vos réactions m'intéressent ; n'hésitez pas à m'en faire part.
Note : la peinture insérée dans cet article est l'oeuvre de Gustave Caillebotte : Les Raboteurs de Parquet ; j'ai y ressenti l'esprit du jeu.
Publié dans : Détours
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Par La Chouette
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