Lundi 26 février 2007 1 26 /02 /Fév /2007 23:47
Si je vous parle de la notion d'ordre, peut-être penserez-vous d'emblée aux ordres religieux ou militaires... peut-être moins à l'entreprise.
J'ai le sentiment que l'utilisation de ce vocable est peu répandu aujourd'hui dans l'entreprise. Lorsqu'un manager reçoit pour instruction de mettre de l'ordre dans une situation, cela implique une situation de départ particulièrement dégradée, où il va falloir agir de manière rapide, voire militaire, afin d'atteindre le rétablissement.

Mon Larousse de la philosophie donne une définition assez simple de l'ordre :
Organisation des choses permettant une classification intelligible, et assurant une certaine stabilité.
L'intelligibilité et la stabilité sont deux dimensions clefs de l'ordre ; l'intelligibilité implique l'autre qui doit être capable d'expliquer le fonctionnement de l'organisation, ses règles. La stabilité, bien-sûr ! car l'ordre n'ne serait plus perçu si trop de changements survenaient.
Pour Alain Rey, dans son dictionnaire culturel, "ordre" admet deux significations liées mais distinctes :
  • L'existence d'une organisation dans la distribution d'objets au sein d'un espace délimité et cohérent
  • Domaine au sein duquel un ensemble d'objets homogènes peut être décrit et ordonné.

Je vous invite à réfléchir sur chacun des termes, en pariculier cette notion d'homogénéité et la possibilité de pouvoir décrire le système.
Dans les mythologies traditionnelles, l'ordre succède au désordre (aujourd'hui, on parlerait plus du chaos) ; un système en ordre serait donc un système que l'on puisse décrire dans son état et dans son fionctionnement.
Autrement dit, dans une organisation, chacun a son rôle et sa place, peut-être d'une certaine manière comme dans une mise en scène de théatre.

La Chine antique a affirmé un goût très affirmé, voir érigé au rang de bien suprême, l'ordre, ou plus exactement l'ordonnancement (caractère li3).
Quelle différence avec une conception occidentale : l'ordre occidental est emprunt de l'esprit du potier qui travaille l'argile dans le sens de son idée. L'homme a donc un pouvoir créateur (démiurge) de l'ordre. En Chine, le caractère utilisé ainsi que la pensée de l'ordre sont marqués par l'esprit du lapidaire, lequel fait l'expérience de la résistance du jade et emploie tout son art seulement à tirer parti du sens des strates de la matière brute pour dégager de celle-ci la forme qui y préexistait et dont nul ne pouvait avoir l'idée avant de la découvrir.

Et vous, en tant que manager, quelle vision retenir entre celle du potier et du tailleur de pierre ?
Publié dans : Risques et contrôle - Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire - Par La Chouette
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La Rochefoucault
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