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Agora du Management
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Questions et détours autour de l'éthique et du management
Le plaisir des idées et du dialogue...
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"Questionner sa pratique et en parler }?{
lui donner de la cohérence et du sens, c'est comme prendre un raccourci" 6 lecteur(s) actuellement - 165 par jour ; 173 839 depuis 2006. |
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Dans mes précédents articles Entreprise et fidélité aujourd'hui ainsi que dans Confiance, contrôle et droit, je suis parti à la rencontre de la notion de confiance, laquelle est fondatrice des rapports humains mais semble difficile à accorder. J'y ai été sensibilisé également par une conférence très intéressante de Jacques Ricot dans un document audio sur le thème du Croire chez M-Editer ().
Cela m'est apparu d'autant plus intéressant que je constatais samedi dernier dans mes pérégrinations à la FNAC la parution du livre "Le management par la confiance" écrit par Alain Fronteau et édité par Arnaud Franel. Le sous-titre est éloquent :
Comment fidéliser les cadres d'entreprise pour générer de la performance ?
Au-delà du fait que la confiance soit présentée ici comme un outil de management (imaginez-vous comme dans un garage ; le technicien ordonnant à son apprenti, "passe-moi la clef de 12" ; le manager à son adjoint : "passe-moi une dose de confiance"), ce sous-titre et la pratique m'inspirent une vision utilitariste de la confiance, et donc de la méfiance…voir m'inspire de la défiance.
Au passage, je souligne la difficulté à distinguer méfiance et défiance ; pour ce faire, je m'appuierai sur l'étymologie de "se défier de" venant du latin diffedere "ne pas se fier à" ; la défiance serait donc un refus de rentrer dans la relation avec autrui car il n'est pas jugé digne de confiance. Dans la méfiance, on entre en relation avec autrui tout en restant sur ses gardes. Cette approche est tout à fait personnelle. Je n'ai pas pris le temps de la valider (donc à vos remarques !).
Aujourd'hui, les entreprises (et plus largement mais dans une moindre mesure, les organisations et la société) vivent sous une double contrainte de l'incertitude et de l'urgence. Le changement et la flexibilité deviennent leurs conditions de survie. Ce que j'ai déjà soulevé dans mon article sur la fidélité, peut également s'applique à la confiance :
Par ailleurs, la judiciarisation des rapports (entre individus, organisations…) ou contractualisation des rapports sociaux permet donc de faire l'économie de la connaissance de l'autre et, donc, de la confiance ; la confiance dans l'autre, inter-individuelle devient inutile ; une confiance fondamentale dans le système reste cependant nécessaire.
Cette situation où la construction sociale ne repose plus sur la confiance inter-individuelle, est aggravée par l'ensemble des mises en garde de notre vie quotidienne (attention bagage suspect, attention pickpocket…) et de notre vie professionnelle (sécurité, procédure, zéro défaut…), lesquelles sont des propos responsables et pertinents dans bien des cas mais ne sont pas des invitations à la confiance.
Au regard de ces différentes considérations et s'il est vrai que l'on ne peut pas avoir confiance dans tout ce qui se passe dans le monde (comme le dit Jacques Ricot, "tout n'est pas fiable. Les paroles sont trompeuses ; l'homme se trompe souvent et trompe souvent"), peut-on néanmoins imaginer une société sans parole donnée, sans attestation, témoignage, sans foi jurée…une société sans confiance. La vie serait impossible s'il fallait vérifier la vérité de chaque parole entendue.
Malgré la fréquence des erreurs, quelque soit le nombre des transgressions et de nos déceptions, la confiance dans la parole d'autrui est fondatrice du rapport à autrui.
Comme le rapporte Jacques Ricot, "il existe une croyance originaire qui ne se confond pas dans la parole d'autrui : la promesse d'avant la promesse selon Paul Ricoeur. Etre digne de confiance, c'est être capable de persévérer dans son identité biologique (mêmeté selon Paul Ricoeur) et surtout de persévérer dans son engagement à être soi malgré les circonstances, à demeurer constant dans sa volonté en dépit des inclinations changeantes (identité ipséité selon Paul Ricoeur)".
La confiance, l'assentiment à la parole d'autrui, est donc première comme condition du lien social. Il y a d'abord la confiance puis vient la méfiance, le doute si de sérieuses raisons nous y poussent.
Dans ce cas, la méfiance est pensée comme exception à la norme et devient une vertu positive ; elle traduit un esprit de responsabilité.
Reste néanmoins, que la confiance ne doit pas être naïve et crédule, au risque de devenir dangereuse ; une confiance critique doit être à l'œuvre, tel que je le soulevais déjà sur la simplification dans Pourquoi faire simple, quand on peut faire compliqué ?
Chaque jour, une question d'éthique posée via Twitter et reprise ici dans la catégorie éponyme. Me suivre sur Twitter
La confiance, c'est aussi lié à une ambition collective et à la fixation d'objectifs élevés.
Je répond à votre commentaire qui s'interrogeait à ce propos, ici :
http://gillesmartin.blogs.com/zone_franche/2007/02/un_lecteur_atte.html
L'ambition, une protection contre les moeurs outrancières...