Samedi 17 février 2007 6 17 /02 /2007 16:49
Dans un récent article Aie confiance, Gilles Martin parlait de la confiance comme d'une valeur fortement désirée des managers mais, au final, peu présente dans l'entreprise. Cet article m'a inspiré deux réflexions : l'une sur la confiance et l'autre sur la fidélité. Je suis en train de finir un petit texte sur cette notion de confiance et aborderai donc dans seulement la notion de fidélité dans ce billet. Au passage, je vous rappelle un précédent article sur la même thématique : La confiance peut-elle se fonder sur des engagements non respectés en raison d'une modification du contexte ?

Pourquoi parler de fidélité ? Parce il s'agit d'une valeur à durée limitée : environ trois ans. Beaucoup de contrats entre entreprises (en tous cas, dans mon secteur d'activité) sont conclus pour une durée de trois ans ; on entend souvent dire qu'après trois ans dans un poste, il faut envisager d'évoluer. J'arrêterai ici cette énumération car il ne s'agit pas d'une affirmation sérieuse de ma part. Je souhaite seulement souligner que beaucoup d'organisations, en particulier dans le secteur privé, connaissance des turnover (taux de renouvellement du personnel) des plus en plus élevés ; plus personne (sauf peut-être encore au Japon) ne s'attache à une entreprise. N'y a-t-il plus de fidélité ?

Si fidélité, il doit y avoir, à quoi faut-il être fidèle ?

Tout d'abord, essayons de distinguer deux notions : la fidélité et la loyauté :
  • Loyal
- Qui est conforme à la loi, aux prescriptions de la loi.
- Qui est sincèrement fidèle dans sa conduite aux engagements pris, aux lois de    l'honneur et de la probité.
- Etym. : du latin legalis, v. légal, attesté en lat. médiév. au sens de «usuel, courant, normal» ; dans son sens #2, le mot est emprunté à l'angl. loyal de même sens, qui est une spécialisation du sens «fidèle à un engagement».
  • Fidèle
- Qui a le souci de la foi donnée, qui est respectueux de sa parole, de ses   engagements.
- Personne dévouée à (une cause, un parti); personne respectueuse de (ses   engagements, de ses devoirs).
- Qui est constant et sûr dans ses sentiments.
- Qui demeure attaché à quelque chose; qui suit avec constance quelque chose.
- Étymol. : issu du lat. class. fidelis « en qui l'on peut avoir confiance, sûr, loyal;   solide, ferme », lui-même de fides, v. foi; fidèle est emprunté.

Les termes semblent assez proches ; ils sont d'ailleurs souvent avancés comme synonymes. Mais, si vous passez en revue différents  énoncés, vous constaterez ne pas les utiliser indifféremment. Je m'avancerai peut-être en donnant à la loyauté, un statut de sous-ensemble de la fidélité. La loyauté pourrait également avoir une dimension plus institutionnelle (loyauté à un régime, à un roi...).

La difficulté à distinguer ces deux termes ne doit pas être un obstacle pour avancer ; néanmoins, n'hésitez pas à partager votre point de vue !

Nous retiendrons que la notion de fidélité implique celles de l'engagement et d'une croyance en l'autre (l'autre étant soit une entreprise soit un individu) ou en une valeur.

***

Le monde change vite ; la société doit s'adapter en permanence ; l'impérieuse nécessité de changer touche également les entreprises ;
Il faut changer pour ne pas s'enfermer dans le carcan des habitudes et de la routine ; seuls les imbéciles ne changent pas d'avis : changer ou mourir (un certain darwinisme). Dans cet environnement voué au culte du changement, la fidélité est affaiblie ; l'infidélité triomphe.
Cette quête du changement ne fait-elle pas à l'image de Don Juan allant de conquête en conquête, afin de renouveler chaque jour la vie tout entière : à vouloir échapper à tout et conquérir en permanence, le héros finit seul ; car qui a envie de faire confiance à un infidèle (je n'utilise pas là un sens religieux).
Il est nécessaire de nuancer cette affirmation : le changement ne touche pas l'être dans sa totalité : la fidélité traduit la possibilité de retrouver malgré le temps, malgré le conformisme social, les mêmes valeurs chez l'autre. Nietzsche disait que ce qui fait la force d'un grand sentiment ne vient pas de son intensité mais de sa durée.

La fidélité trouve donc sa force dans la constance de valeurs et principes. Certaines entreprises détruisent tout potentiel de fidélité par des décisions opportunistes allant à l'encontre de tous les discours passés ; il vaut mieux instaurer en permanence des principes de profitabilité et ses sanctions en cas de manquement que prôner des discours paternalistes sans sanctions en périodes de vâches grasses...

La fidélité étant très liée à la notion de confiance, je m'arrêterai ici et reviendrai vite vers vous avec un nouveau billet sur ce thème.
Voir les 0 commentaires - Par La Chouette - Ecrire un commentaire - Partager     - Publié dans : ÉTHIQUE
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