Samedi 20 janvier 2007
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Dans son article "Des mots faciles, des mots fragiles" sur le blog Zone Franche, Gilles Martin parle d'un best-seller en puissance aux Etats-Unis : "Made to stick" dont le fil directeur est la question suivante : pourquoi certaines idées survivent et d'autres meurent ?
Leur réponse, et solution, semble se résumer en six mots :
Simplicity
Unexpectedness
Concreteness
Credibility
Emotional
Stories
Comme le souligne Gilles, il manque un "S" mais bon, nous allons dire qu'ils voulaient être compris des Français.
Avant d'aller plus loin, vous remarquerez qu'il s'agit d'une recette en 6 principes ; dans mon article "Penser avec son chapeau...ses chapeaux", il s'agissait d'une recette avec 6 chapeaux. Quelqu'un a-t-il connaissance d'un mécanisme cognitif où au-delà de 6 idées, le cerveau humain retient moins bien... Au quel cas, peut-être que, si Dieu n'avait édicté que six commandements au lieu de dix, il aurait eu encore plus de succès ou un monde meilleur viendrait plus rapidement ?
Revenons à nos SIX principes : simplicité, inattendu, concret, crédible, émotions, anecdotes.
A titre d'exemple, Gilles écrit :
Il y a une des règles qui marche fort, c’est l’émotion. C’est vrai, on le sent bien, que le raisonnement froid, la démonstration analytique, ça passe pas toujours. Alors, tous les pros de la communication nous le disent, l’émotion, y a que ça de vrai.
L'idée du livre vous plaît ; allez voir le site.
Pour ma part, il me reste à l'acheter et à le lire.
Mais, au fait pourquoi ai-je décidé de vous faire part de cette publication, au-delà de mon plaisir personnel à lire les articles de Zone Franche ?
Avec mon peu de lecture du livre, la méthode SUCCES me fait penser à une recette de communication, et ses éléments me semblent pertinents. Mais quelque chose dans ces six principes m'a frappé.
Est-on condamné à ne véhiculer que des idées simples et/ou simplifiées ?
Peut-on toujours réduire le complexe à des idées simples ? Peut-être, que l'anecdote, en tant qu'analogie, permet de conserver inconsciemment la dimension complexe ?
Des idées simples, les titres percutants du journalisme... Ne s'agit-il pas d'un appauvrissement de la pensée ? Ou d'un enrichissement, si l'on considère l'accès au plus grand nombre, et par voie de conséquence, plus d'échange sur l'idée ?
Concernant cette deuxième proposition, j'ai tendance à penser que nous sommes plus dans la consommation passive des idées... nous reprenons et véhiculons leur simplicité et perdons à jamais leur complexité...
Ainsi, une idée simple... la croissance est la solution... mais au fait pourquoi ? quel était le fondement théorique et les hypothèses ? Les théories, les modèles doivent aider à penser et non s'y substituer ; en effet, on constate que les hypothèses ne se sont pas remplies (information parfaite, par exemple) et donc l'idée "simple" ne vaut plus.
Penser est difficile. Notre inclination naturelle nous laisserait bien souvent dériver vers ces situations tranquilles où les autres pensent à notre place. Penser requière du courage.
Je garde toujours à l'esprit mon premier cours de philosophie au lycée avec Catherine Kintzler ; elle nous expliquait que l'enseignement de la philosophie doit passer par une obligation car sa complexité apparente n'attirerait pas, sans cela, les enfants.
Penser est difficile et un acte de courage ; il est toutefois important de ne pas oublier que les savoirs ne sont jamais acquis ; ils se construisent, non pas dans la solitude, mais toujours dans l'interaction avec les autres.
La simplicité permet-elle donc la pensée ?
Avant de continuer, il me faut lire ce livre. Je vous dis donc à bientôt pour continuer cette réflexion.
Publié dans : Détours
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Par La Chouette
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