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Jeudi 12 octobre 2006 4 12 /10 /Oct /2006 00:52
"Les illusions du management" : c'est le titre du livre de Jean-Pierre Le Goff avec comme sous-titre "Pour le retour du bon sens". Bien-sûr ce livre parle de management et il m'a semblé intéressant de vous faire partager un extrait (pp 34-36 des éditions La Découverte) afin d'alimenter la question que je soulevais dans mon précédent billet "Qu'est-ce que manager ?".


Le domaine du management
Dans sa dimension fonctionnelle, le pouvoir en entreprise assure la direction du processus de production, la mise en commun, la coordination et la mobilisation des ressources matérielles, techniques et humaines. Dans l’activité de travail, il a la charge du maintien d’un ordre nécessaire et de la réalisation des objectifs productifs. Pour ce faire, il est doté de ressources, de moyens, et dispose d’un système de sanctions. Dans l’activité de travail collectif en vue de la production de biens et de services, des rapports de commandement et d’obéissance, une organisation du travail, une discipline productive et les contraintes qu’ils impliquent sont nécessaires. Il nous paraît fallacieux de le nier au nom d’une utopie généreuse, de l’éthique ou des bons sentiments. .

Fonctionnalité du management
Le management en entreprise n’est pas une activité purement organisationnelle et gestionnaire. Il donne lieu à des discours et des pratiques qui tentent une implication et un encadrement des hommes au travail allant au-delà des nécessités productives. Dans ce sens, le management ne saurait prétendre au statut de neutralité et de pragmatisme dont il se réclame : il forme en fait une idéologie qui tente de masquer les divisions et les écarts existant au sein de l’entreprise. Cette dernière n’échappe pas aux évolutions sociales et culturelles et le management moderniste constitue précisément une tentative, à maints égards dérisoire, de prendre en compte ces évolutions, dans une logique de manipulation, en vue de l’optimum productif. Ces réalités sont à prendre en considération dans une optique de lucidité évitant tout idéalisme dans l’abord des problèmes du management. Mais elles n’épuisent pas pour autant la nature de l’activité.
Il existe une dimension coopérative du travail en entreprise. L’organisation collective des forces individuelles de travail réunies dans un même lieu en vue de la production suppose des fonctions de direction, de contrôle et de surveillance nécessaires à la bonne marche de l’ensemble. Karl Marx, qu’on ne saurait suspecter de complaisance à l’égard du patronat, a reconnu lui-même cette nécessité : « Tout travail social ou commun, se déployant sur une assez grande échelle, réclame une direction pour mettre en harmonie les activités individuelles. Elle doit remplir les fonctions générales qui tirent leur origine de la différence existant entre le mouvement d’ensemble du corps productif et les mouvements individuels des membres indépendants dont il se compose. Un musicien exécutant un solo se dirige lui-même, mais un orchestre a besoin d’un chef ».
Cette dimension fonctionnelle n’est pas refermée sur elle-même. Sa logique interne se trouve également déterminée par la finalité spécifique de cette activité. La production collective de biens et de services marchands implique un ordre nécessaire à la bonne marche de l’ensemble et à la qualité de la production. Que cet ordre productif n’obéisse pas pour autant à une pure logique fonctionnelle et marchande, qu’il puisse prendre un caractère despotique, n’implique pas pour autant qu’on puisse dénier l’existence de cette dimension : la production collective a ses nécessités et contraintes propres qui ne sont pas réductibles à la domination ou à l’exploitation.

Au-delà des dimensions déjà relevées dans l'acte de management, on soulignera entre autres :
  • Fixer des objectifs, en fait donner un sens, du sens...
  • Maintien de l'ordre (je repense encore une fois à la pensée de Foucault, ICI)
  • Garantir la réalisation d'objectifs


Publié dans : Management et organisation - Voir les 1 commentaires - Ecrire un commentaire - Par La Chouette
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Commentaires

Ces articles et reflexions sur le thème du management m'intéressent énormément, étant moi-même un "manager"...
Une partie de mes propres réflexions, élaborées au cours d'un cycle de management général, sont représentées de façon très embryonnaires dans une sémacarte (http://neocogit.blogspirit.com/archive/2006/05/20/strategie-d-entreprise-generation-2.html) en haut à droite, dans la zone orange. Il me plairait beaucoup d'étoffer et de faire évoluer ces connaissances.

Concernant les trois points listés à la fin de l'article, j'aurais tendance à distinguer la fixation d'objectifs du sens (donner du sens).
Pour moi les objectifs sont des jalons atteignables qui donnent des buts à cours terme alors que donner un sens c'est donner des finalités, c'est rendre une stratégie intelligible, ce sont des comportements et tendances à moyen et long terme.

Par ailleurs, ces derniers temps j'accorde une grande place à la notion de pilotage du changement, c'est à dire une entreprise-équipage plutôt qu'une entreprise-engrenage.
Vos propres réflexions à ce propos m'intéressent.

Commentaire n°1 posté par Christophe le 12/10/2006 à 09h46
Je reviendrai plus tard (probablement début 2007) sur cet article et vos commentaires. En effet, ces derniers mois, le contexte de mon entreprise a été tout particulièrement agité et j'ai connu une très évolution de mon rôle, une expérience "riche" et la solitude du manager. Je me laisse le temps d'un recul par rapport à cette évolution, la difficulté de mettre en cohérence ses idées et la pratique.
Réponse de La Chouette le 21/11/2006 à 22h47

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Citations

"Tout le monde se plaint de sa mémoire mais personne ne se plaint de son jugement"
La Rochefoucault
"Voyager nuit gravement aux lieux communs"
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