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Agir par soi-même « L’individu réflexif » : résumé d'un article de la revue Sciences Humaines Octobre 2006
L’individu est sommé dans nos sociétés de donner sens à ses pratiques et d’inventer sa vie. Les sociologues parlent de réflexivité pour désigner, face au déclin des normes et des institutions, la nécessité pour chacun de construire soi-même son action. Véritable mutation sociétale ou simple air du temps ?
Deux visions s’opposent :
Ce qui nous fait agir, c’est bien davantage l’incorporation des régularités du monde social sous la forme d’un ensemble de dispositions à agir, ce qu’il appelait l’habitus.
Cette théorie a évolué pour ne pas faire de la réflexivité une propriété générique de l’action, mais bien une spécificité de notre époque.
L'accès à l'information facilité par les nouvelles technologies permet également la prise de conscience, « l‘examen et la révision constants des pratiques sociales, à la lumière des informations nouvelles ».
Les conduites sont organisées par des principes culturels et sociaux hétérogènes. Les individus ne collent plus subjectivement au rôle prescrit par leur institution d’appartenance, entre autres, parce que ces dernières sont porteuses de principes contradictoires (par exemple, respect des procédures, souci des personnes…).
Certains auteurs comme A. Ehrenberg prennent du recul par rapport à cette deuxième théorie. Pour eux, la théorie de l’individu réflexif correspond à une vision d’une société abordée comme un tas d’expériences individuelles reposant sur la subjectivité de chacun ; comme si nos ancêtres étaient dépourvus de ces traits qui appartiendraient en propre à l’individu moderne ! Ce serait de l’ethnocentrisme !
Ce n’est pas parce que les choses semblent plus personnelles qu’elles sont moins sociales.
Par rapport à cette approche réflexive, plusieurs auteurs émettent des doutes quant au fait que l’individu puisse se fonder lui-même comme il fonde un foyer.
En fait, peut-être faut-il considérer que ces deux approches puissent être valables selon les situations. Une forme de réflexivité induit par des dispositifs d’encadrements sociaux, qui demandent à l’individu de commenter son action (sportif commentant son match, patron présentant son bilan à ses actionnaires…).
Pour finir, j'ajouterai une note plus personnelle ; l'article soulignait le déclin de la tradition accompagnant l'individu réflexif, en particulier l'impossibilité de justifier une façon d'agir par un « parce qu’on a toujours fait comme ça ». Ce paragraphe m'a d'autant plus interpellé que, en tant que manager, je mène un véritable combat contre cet argument ; en prenant du recul, je souhaite que mes équipes aient un regard critique sur leurs pratiques. Mes différentes expériences, en particulier celle d'auditeur, m'ont amené à pointer ce type de discours et y trouver derrière des faiblesses organisationnelles significatives. Mais :
Dépayser les lieux communs.
Remettre du sens et de l'éthique au quotidien.
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Mise à jour du 5 jan. 2012
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