Lundi 11 septembre 2006
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La revue Cerveau & Psycho, dans son numéro n°17 de Septembre Octobre 2006, publiait un article intitulé "Etes-vous rationnel ?".
La question ainsi posée vise à montrer la possibilité de décisions prises sur la base d'un ressenti émotionnel.
Afin de prendre une décision, vous fiez-vous à votre raisonnement ou vous laissez-vous guider par vos émotions ?
A un même problème formulé différemment, des individus peuvent apporter des réponses échappant à toute logique :
1) on donne 50 € aux sujets, avant de leur annoncer qu'on va leur en retirer 30.
2) on leur annonce que sur les 50 €, on leur annonce qu'ils en gardent 20.
Le résultat économique est strictement le même ; néanmoins, les individus "émotionnels" manifestent un plus fort mécontentement dans le cas n°1.
Les neurologues ne concluent pas à une défection du cerveau.
En effet, la décision émotionnelle serait utile face à des un choix complexe où il est parfois impossible d'intégrer sur un plan rationnel tous les paramètres.
Dès lors, la réflexion abstraite ne serait d'aucun secours, et les émotions aideraient à la décision.
Selon la théorie du neurologie américain Antonio Damasio, dite théorie des marqueurs somatiques, les décideurs expérimentés utilisent leurs émotions pour savoir si un choix complexe est avantageux ou non.
Ainsi, face à une décision difficile à prendre en raisonnant, le cerveau intègrerait les différents paramètres et déclencherait un état émotionnel composite, qui combinerait diverses émotions déjà éprouvées par le passé en présence de chacun de ces éléments pris séparément. Un individu habitué à bien décoder ses émotions peut les transformer en sentiment (une émotion consciente) et s'appuyer sur ce sentiment pour prendre une décision.
Ces évolutions scientifiques, encore embrionnaires, amènent donc à reconsidérer la valeur de l'intuition. Encore faut-il savoir décrypter ses émotions, ce qui est loin d'être évident !
La lecture de ce article survient quelques jours après un échange avec un ami psychiatre sur les personnalités difficiles (je l’entretenais d’un cas concret de personnalité narcissique) ; il m’enjoignait à écouter et essayer d’interpréter les émotions dans mes relations avec les tiers comme un facteur d’alerte fiable.
Je me rappelle également de la trilogie de science-fiction d’Isaac Asimov, Fondation, Fondation et Empire et Seconde Fondation ; Asimov imaginait une nouvelle science et un monde où la psychologie tient un rôle fondamental.
Si l'interprétation des émotions peut apparaître comme un facteur fiable de décisions, il me semble cependant difficile de convaincre lorsque l'on doit rendre compte, en l'absence de fondement rationnel. Le recours affiché à un tel mode de décision devrait s'accompagner d'une plus grande confiance entre les individus.
Publié dans : Management et organisation
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Par La Chouette
Pour faire le lien entre un précédent message (La confiance peut-elle se fonder sur des engagements non respectés en raison d'une modification du contexte ?) et celui-ci, je dirais que l'on peut tenter de convaincre en utilisant la confiance, la promesse (engagement basé sur la parole), pour conduire à l'acte, ne serait-ce que pour une durée limitée.
L'acte étant "auto-engageant", la personne construit alors sa propre conviction... ou réfutation.
Le recours pur à la rationalité, pas toujours possible, peut alors être évité. Le résultat, quant à lui, ne peut pas toujours être garanti.