Samedi 3 octobre 2009
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Dans le cadre de la préparation du
colloque de l'UNESCO, qui en ce moment m'occupe une bonne partie
de mes week-ends et soirées), nous avons essayer de cadrer le thème de la liberté par rapport à l'entreprise. Je vous livre ici le fruit de nos réflexions et donc une idée de ce qui sera développé
dans la matinée du colloque.
Parler de liberté pour une entreprise, peut étonner. Néanmoins, à y regarder de plus près, la mise en perspective d’un tel concept permet de bousculer quelques évidences et d’éclairer quatre
enjeux de l’entreprise d’aujourd’hui :
- L’entreprise, est-elle libre de se comporter comme bon lui semble dans l’univers compétitif qui est le sien ? Sous peine de disparaître, n’est-elle pas obligée de se plier à une logique de
recherche à tout prix du profit ? Dès lors, quel sens y-at-il de parler de sa responsabilité ?
- En tant qu’acteur imbriqué dans un système plus global et responsable au sein de la société, l’entreprise doit souvent son succès à l’implication de ses parties prenantes et donc à son
aptitude à transformer des intérêts individuels particuliers en un intérêt collectif. Les modes de gouvernance actuels permettent-ils cette transformation ou faut-il doter l’entreprise
d’organes similaires à ceux des démocraties, c’est-à-dire organisant un débat contradictoire, caractéristique de la liberté républicaine ? De tels organes ne seraient-ils pas sources
d’inefficacité, voire d’inertie, dans un monde où il faut anticiper et agir rapidement pour survivre ?
- Au sein de l’entreprise, dans les relations au quotidien, là où tout un chacun doit faire face à un flot d’informations et de changements, la bonne décision ne repose-t-elle pas sur le
partage et la confrontation des points de vue, et en particulier la liberté d’exprimer une autre manière de voir ? Comment le manager et le dirigeant peuvent-ils ou doivent-ils éclairer leur
décision ?
- Pour terminer, comment le manager peut-il concilier d’une part ses objectifs de maîtrise et de contrôle (organiser, structurer pour prévoir et anticiper) avec, d’autre part, la prise de
risque et l’écart à la norme nécessaires à toute innovation ainsi qu’à toute adaptation à un environnement mouvant et imprévisible. Ainsi, la transparence et le contrôle/la conformité réclamés
aujourd’hui ne risquent-ils pas de tuer les capacités d’innovation et d’adaptation des entreprises ?
Au final, on pourrait également se demander si la liberté concernant l’entreprise n’est pas une illusion : l’entreprise ne doit-elle pas trouver son modèle dans les mondes du vivant, parfois
constitués autour d’un chef, le plus fort…
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Par Damien
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Publié dans : PHILOSOPHIE ET MANAGEMENT
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