Lundi 28 août 2006
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22:00
De retour après une courte période de vacances estivales, j'ouvre par ce billet une rubrique "Divertissements" ; non ! ne vous inquiétez pas, l'intégrité du blog est respectée ; il s'agit, bien entendu, de divertissements amenant à réfléchir (toujours cette conviction qu'il y autant de manières de stimuler la réflexion que de chemins menant à Rome). Je vous le concède ! Il y aura une entorse à l'esprit de l'Agora du Management ; ces divertissements sous la forme de tests, citations, paradoxes ne seront pas nécessairement en rapport avec l'entreprise et le management.
J'ouvrirai donc cette série par un test publié dans le numéro 2 de Philosophie Magazine.
Quelles sont vos convictions morales ?
Cas n°1
Une femme âgée sait que son fils a émigré dons un pays lointain. Attristée que celui-ci ne lui donne plus de nouvelles, elle se console à l’idée qu’il y vit heureux. Récemment. Vous avez appris que son fils était décédé depuis plusieurs années. Vous savez qu’une telle nouvelle rendrait cette femme bien plus malheureuse qu’elle ne l’est déjà. Un jour. Elle vous demande si vous avez des nouvelles de son fils.
Quelle serait selon vous l’action moralement juste ?
- Lui dire la vérité et lui annoncer la mort de son fils.
- Lui mentir, afin de ne pas la rendre trop malheureuse.
Cas n°2
Un fou dangereux a truffé d’explosifs une salle de bureau. Cinq personnes y sont actuellement en réunion et le psychopathe, caché dans la cave de l’immeuble, s’apprête à actionner le détonateur. Sur la trace du criminel, vous arrivez derrière lui, pistolet au poing. Il ne vous a pas entendu approcher. Vous connaissez suffisamment la psychologie de l’individu pour être certain que, au moindre mouvement de votre part. Il déclenchera instantanément la bombe. Vous êtes sûr de pouvoir l’abattre avant qu’il puisse toucher au détonateur.
Quelle serait l’action moralement juste ?
- Ne pas tuer cet homme et le laisser faire exploser sa bombe.
- L’abattre afin de sauver la vie des cinq personnes.
La réponse est quelques lignes plus bas
(j'ai hésité à ne la diffuser que demain
mais la vocation de l'Agora n'est pas le
divertissement en soi)
Réponse
Ces expériences de pensée illustrent les différences entre deux grandes familles de philosophie morale : déontologique et conséquentialiste.
Une position déontologique permettrait de justifier les réponses 1. Selon cette approche philosophique, certains actes, comme le meurtre, le mensonge, la rupture d’une promesse sont moralement indéfendables, quelles que soient les circonstances qui les accompagnent et les conséquences qu’ils entraînent.
Les réponses 2 seraient justifiables dans une optique conséquentialiste. Selon cette position, ce sont les conséquences des actes qui décident s’ils sont moralement justifiables ou non. Ainsi, un mensonge qui permettrait d’éviter le malheur d’un individu, ou un meurtre qui épargne la vie de cinq personnes pourrait être une action moralement justifiable.
Le débat entre ces deux positions est loin d’être clos à l’heure actuelle. Et aucune ne fait l’unanimité dans le champ de la philosophie morale.
Avec un peu de recul, cette distinction entre philosophie morale déontologique et conséquentialiste, pourrait également éclairer une réflexion déjà esquissée sur la notion de responsabilité, en particulier au travers du Choix de Sophie (roman et film) :
Publié dans : Éthique et gouvernance
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Par La Chouette
Il refuse d'accepter un mensonge qui sauverait une vie humaine, car un mensonge est une atteinte à la crédibilité de la parole et donc à la justice.
Son nom n'est pas mentionné dans les pages concernées de la revue ; l'auteur s'est néanmoins manifesté auprès de moi ; je complète donc la citation et retirerai ce test si cela est souhaité.