Mardi 29 août 2006 2 29 /08 /2006 00:44
Hier matin, j'entendais à la radio l'annonce du programme télévisé de soirée d'Arte et, plus particulièrement, le film français "Violence des échanges en milieu tempéré" de Jean-Marc Moutout. Le thème s'annonçait intéressant pour une réflexion sur l'entreprise et le management.
Malheureusement, la densité de ma journée de reprise ne m'a pas laissé le temps de m'organiser pour essayer de voir ce film.
Une visite sur le site d'Arte m'a réconforté ! Il y a une séance de rattrapage ; le 7 septembre à 1h05 (du matin) ; Avis aux amateurs !
J'essaierai de le voir ou de l'enregistrer mais si vous l'avez déjà vu, n'hésitez pas à faire part de vos commentaires sur ce billet ; soulève-t-il vraiment une réflexion fondamentale sur le management ?


Ce film, qui aborde le thème de l'entreprise soumise aux lois du marché, suit le parcours de Philippe Seigner, jeune consultant sortant de l'école, partagé entre son désir de rentabiliser l'entreprise, et donc de procéder à des licenciements, et sa sensibilité, ses états d'âme qui le font s'interroger sur les conséquences humaines de ses actes.
Deux personnages seront centraux dans le film et incarneront au final les deux parties : le supérieur de Philippe Seigner, Hugo, qui pousse, de manière très professionnelle et extrêmement froide, Phillipe Seigner à rentabiliser, rationaliser, et licencier, et sa nouvelle petite amie, Eva, qui se révolte de la situation et de la mission de Phillipe Seigner dans l'entreprise, et le poussera à démissionner.
Présentation et liens sur Wikipédia

Après Ressources humaines de Laurent Cantet (2001), Violence des échanges en milieu tempéré est une deuxième incursion réussie du cinéma français dans un monde a priori peu propice à la fiction, celui de l'entreprise. Jean-Marc Moutout montre pourtant que dans ce monde peuvent naître des drames à la mécanique implacable et des dilemmes cornéliens. Devant sa caméra, des hommes en costume cravate parlant un langage obscur pour les non-initiés deviennent les acteurs d'une tragédie qui se joue sur fond de bureaux impersonnels et de murs en préfabriqué. Le réalisateur décrit avec froideur, étape par étape, l'absorption d'une entreprise par une autre. Jérémie Renier est parfait en jeune Candide ébranlé dans ses convictions, se débattant dans les filets d'une histoire déjà écrite et finissant par jouer le jeu de son diable de patron (Laurent Lucas, cynique à souhait en Méphistophélès du XXIe siècle). Si Violence des échanges en milieu tempéré brille d'abord par sa démonstration d'ensemble, à la fois calme et révoltée, il vaut aussi pour un certain nombre de détails très réussis, comme les scènes d'"interrogatoire" des ouvriers de l'usine et quelques seconds rôles : le cuisinier Adji, Suzanne dans sa relation touchante avec le maître d'oeuvre Martin. C'est la force et la réussite du film que de montrer que la "violence des échanges" ne s'exerce pas que du haut vers le bas mais se joue partout, à tous les niveaux de la société, que ce soit dans le monde du travail ou dans les rapports amoureux.
Arte

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Voir les 2 commentaires - Par La Chouette - Ecrire un commentaire - Partager     - Publié dans : DÉTOURS
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