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Questionner le management, dépayser ses lieux communs et donner du sens, de la cohérence dans le feu de l'action.  Une invitation en philosophie où j'aborderai particulièrement la pratique du contrôle et de l’éthique.

Discussions socratiques

Vendredi 25 septembre 2009 5 25 /09 /2009 01:54
Le principe de précaution est présenté aujourd'hui dans toutes sortes de restaurants, à toutes les sauces. Ses frontières, déjà floues à la base, s'obscurcissent. Comme l'indique Charles Coutel dans son article "Précaution, philosophie et droit" (paru à la revue Droit de l'environnement de juillet/août 2001), N. de Sadeleer écrivait en 1999 le concernant : "concept dont la compréhension semble aller de soi mais qui a tendance à se dérober au fur et à mesure que l'on cherche à le définir".

Le principe de précaution se positionne entre, d'une part, un dogmatisme sans partage du progrès scientifique et technique, d'autre part, une véritable et certainement catastrophique technophobie.

La précaution est une disposition pour éviter ou atténuer l'effet d'un mal ; elle est donc une expression en acte (parmi d'autres) de la vertu de prudence (prudentia de Cicéron ou phronésis d'Aristote), qui s'est mise en oeuvre dans la phase de délibération en amont de l'action (en amont donc de la précaution).

J'ai précisé "parmi d'autres" car la précaution n'est pas la seule concrétisation possible de la vertu de prudence ; le prudent peut tout simplement continuer son action sans aucune précaution dès lors qu'il a fait preuve de prévoyance en envisageant le futur.

Ainsi donc, insister sur la seule précaution revient à négliger la vertu de prudence qui pourtant la rend possible, comme l'estime C. Coutel. Il précise d'ailleurs que "L'homme prudent est capable de précaution(s) et saura prévoir à long terme car il est doué de memoria (qui retient les leçons du passé), d'intelligentia (qui discerne l'essentiel dans le présent) et de providentia (qui envisager l'avenir pour le prévoir)".

C'est dans cet esprit que P. Lascoumes écrivait en 1997 dans la revue Esprit : "l'incertitude n'exonère pas la responsabilité (...) elle la renforce en créant un devoir de prudence".

Pour conclure, je reprendrai cette question de C. Coutel : l'homme n'est-il pas précautionneux pour ne pas être prudent, et ainsi s'affranchir de sa responsabilité dans le lointain avenir ?
Voir les 1 commentaires - Ecrire un commentaire - Publié dans : Ethique, RSE, sens
Par Damien
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