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Questionner le management, dépayser ses lieux communs et donner du sens, de la cohérence dans le feu de l'action.  Une invitation en philosophie où j'aborderai particulièrement la pratique du contrôle et de l’éthique.

Discussions socratiques

Vendredi 11 septembre 2009 5 11 /09 /2009 23:43
Je vous propose aujourd'hui un petit texte d'Alain Le Ninèze, écrivain et philosophe contemporain, sur le risque et son lien étroit à la faculté humaine de projection et d'objectivation (autrement dit : sans objectifs, sans désirs ou intentions, il n'y aurait pas de risques) :

Le texte de Le Ninèze :
Le risque fait partie de notre vie. C'était vrai pour les Grecs, cela a toujours été vrai. Agir, c'est prendre un risque puisque c'est se projeter dans le futur, sans savoir d'une part si notre action va réussir, d'autre part quelles en seront les conséquences à long terme [remarque personnelle : cette incertitude ne poserait pas problème si le temps n'était pas irréversible]. Donc ce désir d'anticiper le risque fait partie de la condition humaine. Je dirais même : du tragique de la condition humaine. C'est l'angoisse de l'homme devant l'incertain : on ne sait pas, on ne peut pas prévoir, quoi qu'on fasse, ce qui arrivera. On ne peut pas prévoir le futur, on ne peut pas anticiper les risques [remarque personnelle : je marquerai ici un point de désaccord ; l'anticipation des risques ne fait pour autant disparaître l'incertitude, et c'est bien l'objet de la gestion des risques, du contrôle interne]. Autrefois, on s'en remettait aux oracles, aux devins. Même Socrate, qui pourtant était un homme du logos et de la raison, dit quelque part, selon Xénophon : "Pour les décisions de la vie quotidienne, on peut s'en remettre à la raison, à la sagesse pratique. En revanche, ce qui concerne l'administration des Etats, des familles, des choses importantes, il faut aller consulter les devins." C'est un des plus vieux rêves de l'humanité que de pouvoir anticiper le risque, et les mathématiques, à partir de Pascal, ont permis de donner les premiers moyens de quantifier un certain type de risque et de le gérer. Les statitistiques, depuis, ont pris une ampleur considérable. A notre époque, elles sont devenues une science dominante, omniprésente. On les utilise aujourd'hui dans la sociologie, dans la médecine, dans la politique, dans les sciences humaines, partout. Il y a une sorte d'impérialisme de la statistique et des probabilités.
Source : "Le Risque", M. Asch et A. Le Ninèze,EDP Sciences, coll. Mot à Mot, 2003, p 131
Ce petit texte concentre beaucoup de problématiques quant au concept de risque et quant à l'attitude de l'homme à son égard. Il est possible d'étendre peut-être les remarques du dernier paragraphe sur les statistiques et les probabilités aux systèmes de management comme le contrôle interne ou la gestion des risques ; sont-ils réellemenent efficaces ou jouent-ils le rôle de réducteurs d'angoisses ? Il n'y a pas de réponse courte à cette question ; un critère d'efficacité pourrait être leur prise en compte effective dans les prises de décision.
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Par Damien
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