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Agora du Management
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Questions et détours autour de l'éthique et du management
Le plaisir des idées et du dialogue...
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"Questionner sa pratique et en parler }?{
lui donner de la cohérence et du sens, c'est comme prendre un raccourci" 7 lecteur(s) actuellement - 165 par jour ; 173 839 depuis 2006. |
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Dans sa rubrique Tests et Jeux, rédigée par un philosophe Adrien Barton, la
revue Philosophie Magazine publiait un test intéressant illustrant une controverse maintenant classique de la décision éthique/morale :Une femme âgée sait que son fils a émigré dons un pays lointain. Attristée que celui-ci ne lui donne plus de nouvelles, elle se console à l’idée qu’il y vit heureux. Récemment. Vous avez appris que son fils était décédé depuis plusieurs années. Vous savez qu’une telle nouvelle rendrait cette femme bien plus malheureuse qu’elle ne l’est déjà. Un jour. Elle vous demande si vous avez des nouvelles de son fils. Quelle serait selon vous l’action moralement juste ?
- Lui dire la vérité et lui annoncer la mort de son fils.
- Lui mentir, afin de ne pas la rendre trop malheureuse.
Un fou dangereux a truffé d’explosifs une salle de bureau. Cinq personnes y sont actuellement en réunion et le psychopathe, caché dans la cave de l’immeuble, s’apprête à actionner le détonateur. Sur la trace du criminel, vous arrivez derrière lui, pistolet au poing. Il ne vous a pas entendu approcher. Vous connaissez suffisamment la psychologie de l’individu pour être certain que, au moindre mouvement de votre part. Il déclenchera instantanément la bombe. Vous êtes sûr de pouvoir l’abattre avant qu’il puisse toucher au détonateur. Quelle serait l’action moralement juste ?
- Ne pas tuer cet homme et le laisser faire exploser sa bombe.
- L’abattre afin de sauver la vie des cinq personnes.
Un malin génie rendit visite au Premier ministre d’un certain pays et lui proposa le marché suivant : « Je sais que votre économie est languissante. Je suis désireux de vous aider à la raffermir. Je puis mettre à votre disposition une invention technologique fabuleuse, qui doublera votre Production Intérieure Brute et le nombre d’emplois disponibles. Mais il y a un prix à payer. Je demanderai chaque année la vie de 20 000 de vos concitoyens, dont une forte proportion de jeunes gens et de jeunes filles. » Le Premier ministre recula d’effroi et renvoya son visiteur sur-le-champ.Ce premier ministre est clairement dans la position déontologique. Ce que précise la parabole est qu'il venait de refuser... l'invention de l'automobile... Jean-Pierre Dupuy ajoute :
Si nos sociétés acceptent ce mal qu’est la mortalité routière aussi aisément, s’il ne leur pose pas de problèmes de conscience particuliers, c’est précisément parce qu’elles ne se le représentent jamais dans les termes qui sont ceux de cet apologie. Le problème que celui-ci met en scène est un dilemme moral classique : il s’agit de savoir si des victimes innocentes peuvent être sacrifiées sur l’autel du bien collectif. Bien qu’obsédée par ce type de cas, la philosophie morale classique n’a jamais réussi à les éclairer de façon satisfaisante.Il me semble avoir identifié une petite nuance dans cette parabole ; la société accepte le risque automobile parce qu'il y a toujours l'espérance de réduire cette mortalité, voire de l'éradiquer.
Dans un cas comme celui-ci ["bombe sur le point d'exploser", elle s'appuie sur un exemple proche de notre cas n°2], la menace d'un danger grave et imminent semble justifier le recours à la torture. Ne serait-ce que parce que le but visé est de prévenir l'explosion d'une bombe pouvant tuer des milliers de personnes... Mais comment le savoir ? Comment être sûr que celui qui est torturé menace bien de faire exploser une bombe ? Ne va-t-on pas torturer des innocents au nom d'une possible menace ?Bien entendu, les cas cités ne sont pas des cas d'entreprise ; ils représentent des positions extrêmes permettant d'éclairer deux postures distincts. Dans le quotidien de l'entreprise, ces postures peuvent se traduire dans le respect ou non des procédures. Je vous laisse trouver d'autres cas.
Face à une possible menace, comment éviter la surenchère et le danger d'une pente glissante qui instituerait un climat de terreur ? Comment diagnostiquer la dangerosité d'un individu qui pourrait justifier certaines pratiques ?
Chaque jour, une question d'éthique posée via Twitter et reprise ici dans la catégorie éponyme. Me suivre sur Twitter
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