Lundi 3 juillet 2006 1 03 /07 /2006 00:10

Il y a quelques jours, Carole laissait un commentaire sur l’Agora avec un message d’encouragement dont je la remercie et un appel à l’aide. En effet, Carole écrit un mémoire de fin d’étude sur la fidélisation client et l’assistanat en marketing B to B ; elle a essayé de donner une dimension psychologie à son sujet mais n’arrive pas à faire le lien.

 

Je ne vais pas chercher, de ce pas, à traiter le sujet de Carole, mais essayé de l’éclairer dans l’esprit de l’Agora car il soulève des problématiques intéressantes.

 

Dès la lecture de son commentaire, je me suis fait une petite idée des éventuels points de blocage mais, avant d’aller plus loin, avançons avec méthodologie. Analysons donc les termes du sujet ! (article de méthodo de l’Agora).

 

Dans un article précédent sur l’étymologie du mot client, il ressortait que le terme latin de cliens traduisait un état de dépendance volontaire, qui, aujourd’hui, s’est inversé en faveur du client au détriment du fournisseur.

 

En ce qui concerne la notion de fidélité, on peut l’approcher au travers de termes comme attachement et constance. Une des définitions du TLFI n’est pas sans frapper : « Qualité d'une personne au service d'une autre, qui s'acquitte de ses fonctions avec dévouement et zèle ».

Dans cette définition, celui qui est fidèle, est celui qui est au service de… On retrouve le phénomène d’inversion déjà pointé du doigt dans la définition de client.

 

La notion d’assistanat souligne une présence auprès de quelqu’un, un secours mais aussi une faiblesse de la personne assistée.

 

Le marketing ! Ensemble des études et des actions qui concourent à créer des produits satisfaisant les besoins et les désirs des consommateurs et à assurer leur commercialisation dans les meilleures conditions de profit (emprunt à l'anglais marketing, dér. de to market «faire son marché, acheter et vendre»).


B to B : business to business ; cette notion recouvre les marchés où clients et fournisseurs sont des entreprises par oppisition au B to C impliquant les consommateurs-particuliers.


Après cette première revue, je me demande si Carole ne souhaitait pas aborder les thèmes de la dépendance ou de la manipulation, plutôt que celui de l'assistanat ; ici, je ne suis pas dans mes domaines d'expertise et il faudrait un éclairage complémentaire de Carole.

En effet, la notion d'assistanat met en avant un certaine faiblesse du client que l'on ne retrouve pas dans l'analyse des termes client et fidélité.

Le marketing B to C s’est beaucoup développé au travers des avancées des sciences cognitives, lesquelles permettent de mieux en mieux de comprendre le comportement de l’individu et ses failles ; qu’on le veuille ou non, cette meilleure connaissance de l'individu permet des stratégies mieux ciblées ou, suivant la manière dont on le considère, une plus grande manipulation s'appuyant sur les biais cognitifs qui agissent sur l’inconscient de l’individu (des revues comme Sciences Humaines ou Cerveau & Psycho regorgent d’exemples allant dans ce sens).

Mais à ce stade, je bute sur un écueil conceptuel ; le marketing B to B, contrairement au B to C, ne vise pas l'individu mais une organisation/un collectif, l'entreprise.
Que deviennent, sous le coup de cette considération, les notions de fidélité, d'assistanat ?

Si le vendeur souhaite mettre en oeuvre une tactique de dépendance, il va chercher à créer un besoin puis à l'entrenir jusqu'au moment où les habitudes prises par le client l'amèneront presque naturellement à acheter, voir accepter de payer davantage pour certains suppléments. Peut-on considérer que l'entreprise a des habitudes, une mémoire...


Au final, plusieurs questions peuvent être posées :
Le marketing B to B s'adresse-t-il  finalement aux entreprises ou aux individus qui les composent ?
Ne s'adressent-ils pas à certains individus des organisations/entreprises cibles (les acheteurs, le responsable services généraux...) ?
Le marleting B to B n'est-il donc qu'un avatar du marketing B to C avec une dimension "expertise" plus importante ?
L'entreprise est-elle douée de facultées de mémorisation, d'habitudes,...?

Cette dernière question peut recouper les considérations d'ordre général d'une responsabilité collective.
Le sujet ne semble donc pas si facile et nécessite des investigations complémentaires.

Bonne nuit !

La Chouette
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