Ce soir, l'émission Transeuropéenne de France Inter évoquait la question des murs et des frontières, thème au coeur du 19ème Festival des Sciences à Chamonix.
Le programme du festival introduisait ainsi sa rencontre Murs frontières :
A l'heure où la mondialisation fait tomber les frontières, on assiste à l'émergence de murs qui séparent et divisent les hommes, comme à Jérusalem, à Bagdad ou a Melilla. Grande muraille,
fortification, clôture de sécurité, barrière de séparation, dispositif défensif… Avec des pierres, du béton, du grillage, des barbelés… avec des chemins de ronde, des miradors, des systèmes de
surveillance et d’alarme… Dresser des murs est une spécialité humaine ancienne. Pour marquer la frontière et empêcher ou limiter les migrations. Pour se protéger des assaillants. Pour empêcher
la fuite ou l’exode de ceux qui veulent quitter le territoire (le Mur de Berlin, “mur de protection antifasciste” pour ses constructeurs, “mur de la honte” pour les autres, a été érigé pour
enrayer la fuite vers l’Ouest). Pour repousser l’arrivée de ceux qui aimeraient entrer sur le territoire pour y vivre (le mur de plus de 1000 km qui sépare Etats-Unis et Mexique vise à lutter
contre l’immigration illégale) ou pour y semer la terreur (la barrière de séparation de 700 km construite par Israël en Cisjordanie a pour but d’empêcher toute “intrusion de terroristes
palestiniens”). Pour isoler ou séparer des populations qui ne peuvent cohabiter… Si chaque jour des murs continuent à se dresser à travers le monde entre les hommes et les peuples, il arrive
que certains tombent… à Berlin, le 9 novembre 1989 (20e anniversaire) ou à Chypre, en 2007 entre le sud grec et le nord turc de l’île…
Même si ce petit texte ne vise que des murs érigés dans le monde physique, il souligne la propension de l'homme à y recourir pour se défendre/protéger, punir ou séparer.
Peut-on considérer que cette pratique s'arrête aux frontières de l'entreprise ? Pourquoi l'homme, une fois franchie la porte de l'entreprise, mettrait de côté cette pratique millénaire ? Le flou
et l'incertitude du monde moderne, sa complexité, sa globalisation, son accélération, sa dématérialisation... favorisent l'émergence de murs.
Bien entendu, pour les identifier, il faut envisager des murs virtuels comme, par exemple, des procédures, des règlements, des pratiques (par exemple, se focaliser sur l'intérieur de
l'entrerprise à presqu'en oublier son environnement et ses concurrents)...
Voyez-vous d'autres murs dans les entreprises que vous connaissez ? Quelle est leur utilité ? Que se passerait-il s'ils n'étaient pas là ? Protègent-ils efficacement ?
Si vous poussez ce questionnement, vous arriverez aux thèmes du contrôle et de la surveillance que plusieurs auteurs ont choisi de traiter récemment, parfois avec un regard philosophique :
- Eric Saldin, Surveillance globale
- Patrice Bollon, Kapital Kontrol – Les nouvelles servitudes volontaires
Plus lointainement, vous pourrez remonter au Surveiller et Punir de Michel Foucault.
En entreprise, cette question du contrôle est cruciale d'un point de vue de la maîtrise des objectifs et des risques ; mais il ne faut pas oublier de la mettre en contrepoint de l'esrpit
d'entreprise et de la nécessaire innovation.
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