Malgré les congés d’été et l’atmosphère estivale ambiante, vous aurez probablement prêté une oreille attentive au vote du Sénat entérinant les
nouvelles dispositions relatives au temps de travail des cadres.
Pour un aperçu des évolutions et de leurs impacts, je vous invite à lirel’article d’Antoine Chazal et Philippe Ravisyparu dans Newzy ; vous aurez compris, il vous faut tout de suite aller
vérifier que votre contrat de travail mentionne bien votre durée annuelle de travail (ce qui permet de calculer un salaire journalier facilement multipliable par la nouvelle durée du temps de
travail de votre branche d’activité, afin d’obtenir votre nouvelle salaire ; la durée n’est pas mentionnée ? Il va falloir négocier pour que votre salaire soit ajustement
proportionnellement).
Je m’arrêterai ici sur l’interprétation du texte car cela n’entre pas dans le champ de l’Agora du Management de traiter de la pure actualité et d’en débattre. Par contre, et c’est la raison de
cet article, les nouvelles dispositions légales amènent les entreprises dans une situation où se pose clairement une question de responsabilité sociale et/ou d’éthique.
En effet, les dispositions du gouvernement n’entreront en vigueur qu’à partir du moment où elles auront été relayées par des accords collectifs ; il appartient donc aux entreprises de suivre
ou non le gouvernement dans cette voie. Mais pourquoi soulever une dimension éthique et de responsabilité sociale ?
Tout simplement, parce que ces dispositions portent en elles un modèle de société différent de ce que l’on connaît aujourd’hui :
Quel modèle de famille peut-on imaginer si les deux parents sont amenés à travailler 282 jours par an ? Qui s’occupe des enfants (on
peut revenir à une époque où seul un des membres du couple pouvait travailler) en particulier au regard de la pauvreté des structures d’accueil des enfants et de leur coût ? Que faire des
enfants pendant les congés scolaires que vous n’aurez plus (sauf à supprimer les congés pour l’éducation nationale également) ?
Quelle société de loisirs ? On peut préférer une société où seul le travail a droit de citer mais il faut avoir néanmoins anticipé
le devenir de l’économie développée autour du secteur des loisirs. Si l’on travaille tout le temps, quand peut-on dépenser son épargne ? (ah oui, j’oubliais, elle sera dépensée dans les frais
de garde d’enfants que vous ne ferez plus).
La santé au travail ? Certains, particulièrement pessimistes, avancent que la perspective des congés est un facteur de productivité et
qu’en leur absence, elle risquerait de décroître. D’autres ont imaginé une maladie imaginaire, « le stress », et ils imaginent son aggravation…
L’enrichissement individuel : on travaille plus, on gagne plus et tout le monde est riche !
La globalisation : pour d’autres enfin, les 35 heures menaient la France tout droit à la catastrophe dans le cadre globalisant de la
globalisation…
La vision ainsi mise en avant est peut-être partisane et/ou parcellaire ; mais ce n’est pas le but ; je souhaite simplement mettre en avant la responsabilité des « entreprises » dans leur prise
de position sur ces nouvelles dispositions ; il ne s’agit donc pas d’une décision anecdotique.
Voilà donc ce que concrètement peut recouvrir la responsabilité sociale des entreprises.
PS : d'autres, enfin, soulignent une certaine lâcheté politique à transférer cette responsabilité aux entreprises.
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