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Management et Philosophie
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| Un voyage pour nourrir la pensée et penser l'action du management, dépayser ses lieux communs. | |
Peut-être avez-vous eu l’occasion de feuilleter de la littérature managériale sur la thématique du sensemaking ?Sa « bonne nouvelle » [référence à G Deleuze], c’est que le sens n’est pas à retrouver, mais à produire. Inutile, donc, de se déchirer les habits en déplorant que notre monde s’est vidé de ses dieux ; inutile de se demander si la vie a un sens ou n’en a pas : le sens n’est pas une priorité, mais un effet. Il nous reste donc à expérimenter de nouveaux montages, faire jouer les dispositifs symboliques déjà disponibles, inventer des langages, machiner des signes. Ni expérience, ni vériter, donc : bricolage.
Ainsi, Jean-Michel Salanskis […] redéfinit la philosophie comme une « philosophie du sens », qui ne produit plus de connaissance sur ce qui est, mais en dégage le sens pour nous. Ce sens délivré de toute indexation à l’être aparaît alors comme adresse, dédicace. C’est parce qu’une chose est adressée à, qu’elle a du sens ou plutôt c’est parce qu’elle est reçue comme ayant été adressée ou destinée, peu importe sa nature.
Ma lecture de Foucault est encore insuffisante mais j’ai l’impression d’y retrouver le courant de réflexion qui a animé de nombreux penseurs chinois, des siècles différents ; en effet, ces derniers ont fait de la bonne manière de gouverner et du pouvoir des objets quasi obsessionnels. Leur pensée a particulièrement été bien saisie dans sa différence par le philosophe et sinologue contemporain François Jullien : le stratège n’agit pas ; de par son observation et sa disponibilité, il se positionne dans un dispositif pour en tirer un maximum d’effet. Par ailleurs, la lecture des penseurs chinois met en exergue la vision prométhéenne de l'action en Occident : un événement résulte, selon une causalité linéaire, de l'action d'un individu : une tragédie où l'homme devient héros. Dans cette voie et traditionnellement, le pouvoir est détenu par une personne ; la Chine comme Foucault (et vice versa) considère le pouvoir comme une résultante des relations ( des interactions) entre les hommes.
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