Mardi 15 janvier 2008
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Une des vocations du budget est de décliner des objectifs
stratégiques en moyens ; il est l'outil par excellence d'une pensée aristotélicienne. Pour cela, il faut considérer cette construction budgétaire sous l'angle du rapport moyens-fins : une
délibération sur les moyens dans un rapport de causalité directe ; le bien-agir repose sur deux démarches complémentaires et deux facultés :
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L'établissement correct du but (telos), posé comme objet de visée (skopos);
- La découverte des moyens conduisant à la fin (ta pros to telos).
- la volonté entendue comme aptitude à désirer le bien (boulesis), fixe la fin souhaitée (indépendamment de toute réalité);
- La capacité de choisir (proairesis) nous fait opter, après délibération, pour le moyen le plus adéquat en tenant compte des circonstances et des obstacles.
La méthode d'identification des moyens les plus adéquats nous vient de la géométrie d'Aristote ; elle consiste à partir de la fin supposée comme acquise pour déterminer ensuite
régressivement la série des moyens qui y conduisent (et le dernier moyen aperçu est celui par lequel il faudra débuter). Par ailleurs, devant des possibilités concurrentes et incertaines quant à
l'issue, une délibération est de rigueur (démarche typique du savoir approximatif de l'"opinion"); cette délibération est fondamentale dans nos procédures sociales et politiques (Conseil des
Anciens d'Homère, la boulé). On peut donc considérer la démarche budgétaire comme une délibération sur les moyens à mettre en œuvre pour faire entrer dans les faits la fin idéalement conçue.
Cette approche reste prédominante dans la société occidentale même si elle a des limites connues :
- Si la réversibilité mathématique permet de parcourir indifféremment la série dans l'un ou l'autre sens, l'action humaine se déroule dans un temps irréversible et, tant qu'elle n'est pas
vérifiée par l'expérience, la causalité instrumentale du moyen y reste hypothétique ;
- Entre le moyen et la fin visée, risquent toujours de s'interposer des événements imprévisibles qui fassent obstacles à l'efficacité supposée du moyen et mettent la fin hors de portée ;
- Compte tenu de la relative autonomie du moyen vis-à-vis de la fin, le moyen risque aussi, en développant sa causalité, de déborder la fin visée. Il n'est jamais parfaitement isolable ; il y
a dissolution de l'incidence du moyen.
- L'exercice budgétaire pert en pertinence en prenant peu compte de l'environnement de l'entreprise, des circonstances et facteurs externes, lesquels n'entrent pas forcément dans un rapport
de causalité directe.
- On évacue les notions de hasard ou bien d'ordre des choses en attribuant les résultats d'une action à un agent ou un groupe d'agents. L'agent est considéré comme un élément moteur de
l'évolution d'une situation et ayant une influence sur l'ordre des choses ; il y a une faible prise en compte des éléments contextuels (des catalyseurs et rarement es éléments moteurs).
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Par La Chouette
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Publié dans : MANAGEMENT
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