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Management et Philosophie
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| Un voyage pour nourrir la pensée et penser l'action du management, dépayser ses lieux communs. | |
Cela pourrait être une fable ubuesque mais il s'agit d'un lieu commun qui s'immisce sournoisement dans nos raisonnements ; le lieu commun joue ici comme une frontière entre un
outil rodé d'aide à la décision et un dogmatisme stérile, voir dangereux.Nous sommes tous des apprentis-sorciers. L’Ecole de Francfort le proclamait déjà : cela fait longtemps que la Raison, censée nous émanciper de la peur des dieux et nous rendre maîtres de nos destinées, s’est retournée contre nous. Dés Napoléon et Auguste Comte, précisait Horkheimer, la Raison des Lumières a été instrumentalisée, arraisonnée. Il faut désormais que « cela fonctionne ». Ainsi est née la « cage de fer » que pressentait déjà avant lui Max Weber, au bout du désenchantement du monde par la rationalité technicienne. Le savoir moderne ne vise plus la liberté, mais la « maîtrise », le pouvoir sur le monde – un monde réduit à des objets sans âme, indéfiniment manipulables. Et pour que la maîtrise s’exerce sans résistance, il faut encore que tout l’être soit réduit à des abstractions comptables, que soient élaborés des instruments de mesure universellement acceptés. Car la maîtrise, je cite encore Horkheimer, veut la « commensurabilité universelle », l’équivalence généralisée ; elle récuse toute hiérarchie des valeurs ; elle traque l’hétérogène, qui ne se laisse pas réduire à l’unité comptable.
Comment les hommes sont réduits à des « unités », comment la rationalité instrumentale mutile nos vies, nous rend plus méchants et violents que nous sommes, tel est le propos du dernier volet de la trilogie entreprise par le cinéaste Nicolas Klotz sur notre présente réalité.
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