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Questionner le management, dépayser ses lieux communs et donner du sens, de la cohérence dans le feu de l'action.  Une invitation en philosophie où j'aborderai particulièrement la pratique du contrôle et de l’éthique.

Discussions socratiques

Vendredi 5 octobre 2007 5 05 /10 /2007 11:11
crown-ringbg.jpg Cela pourrait être une fable ubuesque mais il s'agit d'un lieu commun qui s'immisce sournoisement dans nos raisonnements ; le lieu commun joue ici comme une frontière entre un outil rodé d'aide à la décision et un dogmatisme stérile, voir dangereux.

Ainsi, la démarche Qualité préconise la mesure pour évaluer toute action et envisager ses éventuels correctifs. La bêtise serait de croire qu'une action peut se résumer à un chiffre (une autre bêtise serait également de rejeter radicalement toute mesure).


D'autre part, des financiers, forts de leur argumentation chiffrée, pourraient conclure sur un ton victorieux : "les chiffres sont têtus" (je l'ai d'ailleurs entendu il n'y a pas plus de deux jours de la bouche d'un de mes collaborateurs), comme si ces derniers pouvaient concentrer en eux toute la complexité d'une situation. Cela peut paraître tout aussi bête que de prendre des décisions sans aucune analyse chiffrée (au passage, le résultat d'une entreprise n'est-il pas souvent considéré comme le reflet de la situation d'une entreprise ?).

Le chiffre est roi !

Une récente émission de France Culture, le "Grain à moudre" introduisait le film de Nicolas Klotz de la manière suivante :
Nous sommes tous des apprentis-sorciers. L’Ecole de Francfort le proclamait déjà : cela fait longtemps que la Raison, censée nous émanciper de la peur des dieux et nous rendre maîtres de nos destinées, s’est retournée contre nous. Dés Napoléon et Auguste Comte, précisait Horkheimer, la Raison des Lumières a été instrumentalisée, arraisonnée. Il faut désormais que « cela fonctionne ». Ainsi est née la « cage de fer » que pressentait déjà avant lui Max Weber, au bout du désenchantement du monde par la rationalité technicienne. Le savoir moderne ne vise plus la liberté, mais la « maîtrise », le pouvoir sur le monde – un monde réduit à des objets sans âme, indéfiniment manipulables. Et pour que la maîtrise s’exerce sans résistance, il faut encore que tout l’être soit réduit à des abstractions comptables, que soient élaborés des instruments de mesure universellement acceptés. Car la maîtrise, je cite encore Horkheimer, veut la « commensurabilité universelle », l’équivalence généralisée ; elle récuse toute hiérarchie des valeurs ; elle traque l’hétérogène, qui ne se laisse pas réduire à l’unité comptable.
Comment les hommes sont réduits à des « unités », comment la rationalité instrumentale mutile nos vies, nous rend plus méchants et violents que nous sommes, tel est le propos du dernier volet de la trilogie entreprise par le cinéaste Nicolas Klotz sur notre présente réalité.

Source : France Culture - Du Grain à Moudre, par Brice Couturier et Tara Schlegel

Cette idée de chasse à l'hétérogène décrit bien ce que l'on peut rencontrer parfois dans certains dogmatismes d'entreprise ; d'une autre manière, cela pose également la question de la diversité ?

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Par La Chouette
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