A propos

undefined
Management et Philosophie
Un voyage pour nourrir la pensée et penser l'action du management, dépayser ses lieux communs.
1  lecteur(s) actuellement
134 991 lecteurs depuis 2006.


Jeudi 27 septembre 2007
thermometre.jpg Avant de revenir sur le thème des hommes d'affaires, faisons un petit détour par un autre ouvrage de la littérature managériale : "Cadres - Par ici la sortie ! Guide de survie des cadres en milieu hostile".

F. Riera-Dabo rapporte certains débats du monde universitaire, en particulier celui d'une hégémonie des visions néo-libérales ou néoclassiques ; selon l'auteur, cette hégémonie se traduirait tout particulièrement au travers de cinq préceptes que je vous livre ci-dessous :
  1. Ce qui existe doit pouvoir se mesurer: si l’analyse néoclassique est celle qui se prête le mieux à la formalisation mathématique, cela prouve sa supériorité sur toutes les autres théories.
  2. La concurrence est une loi de la nature. Elle permet aux individus de révéler le meilleur d’eux-mêmes. Le progrès ne peut être que le fruit de la compétition.
  3. Avec la financiarisation de l’économie, l’entreprise est un objet à partir duquel se construisent la circulation et l’échange des capitaux suivant le libre jeu du marché.
  4. Le succès du capitalisme est assuré par la « main invisible du marché » qui alloue naturellement les ressources disponibles aux activités les plus rentables et ce, pour le plus grand bien de tous.
  5. Le travail est un coût et les salaires une charge pour l’entreprise qui, dans un contexte de concurrence exacerbée, n’a d’autre choix que de les comprimer si elle veut garder sa compétitivité et ne pas disparaître.

Chacun de ces points fait l'objet d'un développement dans le livre de F. Riera-Dabo.
Selon moi, le premier point "la mesure" et le quatrième "la main invisible" sont de véritables lieux communs. La "mesure" traduit à la fois le souci du dirigeant ou du manager de tout maîtriser ; quant à elle, la "main invisble" dispense facilement ces derniers de toute réflexion sur le sens de leurs actions.
Mon interprétation de ces deux préceptes est tout à fait discutable mais mon sentiment est, qu'à la différence des trois autres, ils sont vraiment présents en filigrane des discours managériaux.

Le point 2 sous-tend l'idée d'une compétition permanente au détriment du collectif, de l'équipe, mais il semble trop fortement exagéré, voire trop militant (une expression que j'entends régulièrement sur les ondes FM).
Le point 3 renvoie à l'idée d'un monde des entreprises piloté par des actionnaires inconnus ; pour ma part, je suis plus inquiété par leur vision court-termiste plutôt que leur identité, et à vrai dire, je ne les rencontre pas dans mon quotidien managériale, en dehors de cette pression aux résultats rapides.
Le point 5 est une idée régulièrement entendue ; il semblerait même que les actions cotées s'envolent lors de l'annonce de plans sociaux mais là encore la position est extrêmiste... ou insuffisamment car en fait tout se traduit en coûts, pas seulement le travail.
Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire - Publié dans : Nourrir la pensée
Retour à l'accueil
Contact - C.G.U. - Signaler un abus