Honte à moi ! Je me suis
approprié l'ipod offert à ma femme voilà deux ou trois ans !
Fort de ce nouvel outil, je me suis lancé à la chasse aux podcats (documents audio téléchargeables) que j'écoute dans mes trajets en voiture pour me rendre sur
mon lieu de travail. J'ai quelques sites de prédilection, en particulier sur France Culture
ou sur l'éditeur M-Editer.
J'ai ainsi pu écouter un extrait d'une intéressante conférence de Denis Moreau, intitulée "Quel chemin suivrais-je dans la vie ?".
Cette question, posée initialement par le poète Ausone sous la forme "Quod iter sectabor vitae" fut reprise par Descartes.
Aujourd'hui, selon l'auteur, nous considérerions qu'il n'y eût pas de réponse évidente et/ou catégorique à cette question, par opposition à une époque (ou culture) où
chaque individu se voyait attribuer ou donner un projet de vie. Ainsi même, si quelqu'un venait vous imposer une réponse, vous seriez souspçonneux et l'affubleriez de l'étiquette de "dogmatique"
ou "sectaire".
Pour éclairer son propos, Denis Moreau développe deux analogies amusantes : l'une avec le crayon et l'autre avec la chenille.
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Ainsi, si le crayon était pensant et se posait la question "Quod iter sectabor vitae", une réponse évidente s'imposerait à lui : crayonner.
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En ce qui concerne la chenille, la voie vers l'insecte parfait, c'est-à-dire le papillon, passe par le stade de chrysalide. La chenille pourrait considérer
qu'elle fait bien le chenille à partir du moment où elle fait tout pour atteindre son être de papillon.
Malheureusement, pour l'homme, la réponse à la question "Quod iter sectabor vitae" ne s'impose pas d'elle-même et, il s'agit peut-être, d'un trait
spécifique de l'humain :
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Qu'est-ce que bien faire l'humain ?
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Qu'est-ce qu'un humain parfait ?
Jean-Paul Sartre pensait également que rien n'indiquât à l'homme, sur le mode de l'évidence, ce qu'il dût faire : l'être humain serait ainsi un être sans but
directement (et immédiatement) assignable.
Quelle angoisse ! Que vais-je faire de ma vie ? Comment ne pas rester maintenu dans une sorte d'indécision perpétuelle ?
Face à cela, il peut être plus confortable et rassurant de rejoindre des moules déjà préparés par d'autres.
Sous cet angle, l'entreprise, la fonction publique (en fait, toute organisation, collectif finalisé) ne peuvent-elles pas être perçues comme des moules offrant des
voies toutes tracées où il n'est plus nécessaire de se poser la fameuse question d'Ausone. Dans cette continuité, il est facile d'imaginer qu'un licenciement renverrait l'individu face à cette
terrible question.
Mais, là encore, il ne s'agit que d'idées ou de pistes de réflexion ne concernant que peu d'individus (et ce n'est pas un phénomène permanent ; parfois, aussi, je
considère plus facile, plus confortable, de me voir assigner une voie par un tiers) ; d'autres sont victimes des dogmatismes et d'autres ont réussi à développer une parfaite vision de ce qu'ils
veulent devenir.
Nietzsche a lui abordé le point de manière plus tranchée :
Il est plus facile d'obéir à autrui que de se commander soi-même
Je ne suis pas sûr de la correcte retranscription de cette citation mais elle traduit un débat régulier entre les notion d'autonomie et hétéronomie (loi que l'on se donne par opposition à une loi
donnée par l'extérieur).
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Publié dans : Nourrir la pensée
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