A propos

undefined
Management et Philosophie
Un voyage pour nourrir la pensée et penser l'action du management, dépayser ses lieux communs.
1  lecteur(s) actuellement
134 991 lecteurs depuis 2006.


Mercredi 12 septembre 2007
carte06parler.jpg Le "parler creux sans peine" est une découverte que j'ai faite au travers de la lecture du livre de Jean-Pierre Le Goff, "Les illusions du management" ; l'auteur précise bien qu'il n'en est pas l'inventeur et qu'il s'agit d'un document de source inconnue circulant dans les entreprises depuis les années 90.

De quoi s'agit-il ? De composer des phrases en retenant un mot de chaque colonne ; toutes les combinaisons ou presque vous donneront l'impression d'un air de déjà entendu.

J'ai trouvé une résonance tout à fait particulière dans ce petit "jeu" à la suite de mes précédents articles sur les lieux communs (ou idées reçues) :
Il constitue également une réponse au commentaire de Florent qui, au delà de nos vues convergentes sur la dimension socialisante du lieu commun, écrit :
C'est une vue romantique à mes yeux que de "créer du neuf" à chaque fois qu'on parle. C'est croire en l'individu, parfois outre mesure.
En réponse, je préciserai que mes articles et propos ne constituent pas un appel à "créer du neuf" à chaque fois mais un simple appel à la vigilance afin, entre autres, d'éviter ces phrases vides de sens que l'on peut entendre régulièrement ; le "parler creux", présenté ci-dessous, illustre cela peut-être de manière un peu caricaturale :
  L'excellence   renforce   les facteurs   institutionnels   de la performance
  L'intervention   mobilise   les processus   organisationnels   du dispositif
  L'objectif   révèle   les paramètres   qualitatifs   de l'entreprise
  Le diagnostic   stimule   les changements   analytiques   du groupe
  L'expérimentation   modifie   les concepts   caractéristiques   du projet
  La formation   clarifie   les savoir-faire   motivationnels   des bénéficiaires
  L'évaluation   renouvelle   les problèmes   pédagogiques   de la hiérarchie
  La finalité   identifie   les indicateurs   représentatifs   des pratiques
  L'expression   perfectionne   les résultats   participatifs   de la démarche
  Le management   développe   les effets   cumutatifs   des acteurs
  La méthode   dynamise   les blocages   stratégiques   de la problématique
  Le vécu   programme   les besoins   neuro-linguistique   des structures
  Le recadrage   ponctue   les paradoxes    systématiques   du méta-contexte


Mais ces non-sens (ou vides de sens) dont je parle, sont-ils si inutiles au-delà d'une valeur socialisante, de mise en relation ; leur vocation ne relève peut-être pas du discours, au sens d'un message à faire passer, mais peut-être, plutôt, d'un effet à créer chez le destinataire : l'impressionner, rappeler une expérience vécue commune, produire une sorte d'incantion qui rappellerait à chacun les valeurs de l'entreprise.
Voir les 3 commentaires - Ecrire un commentaire - Publié dans : Nourrir la pensée
Retour à l'accueil
Contact - C.G.U. - Signaler un abus