Samedi 8 septembre 2007 6 08 /09 /2007 23:59
colombe-main.jpg Qui n'a pas entendu, affirmé ou rappelé que lorsqu'un bien est vendu sur le marché à un prix pour lequel les consommateurs demandent plus de biens que les entreprises peuvent en offrir, alors le prix du bien considéré tend à augmenter. Inversement, le prix va tendre à diminuer quand la quantité offerte excède la quantité demandée.
Pour les économistes, depuis Adam Smith, le marché agit comme une main invisible qui harmonise les offres et les demandes, instaurant un équilibre.
Pour un grand nombre de non-économistes, il s'agit d'une vérité absolue.

Quel imbécile ne sait pas cela ? Qui oserait aujourd'hui contester cette idée ?

Je ne répondrai pas à ces questions mais me contenterai de rappeler une citation de Kant :
La colombe légère, lorsque, dans son libre vol, elle fend l'air dont elle sent la résistance, pourrait s'imaginer qu'elle réussirait bien mieux encore dans le vide.
Ici la colombre oublie la gravitation à laquelle elle ne peut s'abstraire (sans faire appel à une quelconque technologie) et surtout, que l'air est nécessaire à porter son vol (la portance : force jouant dans le sens contraire de la gravitation).

A l'instar de cette colombe, nombreux sont ceux qui oublient les conditions de validité telles qu'énumérées par les théoriciens de l'économie ; la loi de l'offre et de la demande n'a de sens que lorsqu'on parle :
  • d'homo œconomicus, c’est-à-dire uniquement en considérant les acteurs comme rationnels et hédonistes, uniquement préoccupés par le prix des biens qu'ils convoitent ;
  • de concurrence parfaite entre les agents économiques (atomicité de l'offre et de la demande, produits identiques, information rapide et complète de chacun, etc.).

En dehors de ces conditions, cette loi devient très approximative, voire conduit à des jugements erronés ;
d'ailleurs, je ne crois pas qu'il existe de situations où toutes les conditions de validité soient réunies.
Néanmoins, elle est très répandue et ce, peut-être, avant tout, grâce à sa simplicité (il s'agirait donc d'une made-to-stick idea).
A force, elle est devenue un lieu commun.

Il faut donc rester vigilant à ces principes ou lois ou vérités qui, en s'absolutisant (autrement dit, plus personne n'ose les remettre en cause), oublient leurs conditions de déploiement et/ou de validité.

 
L’erreur n’est pas le contraire de la vérité.
Elle est l’oubli de la vérité contraire.
 
Pascal
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