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Mardi 5 juin 2007 2 05 /06 /Juin /2007 22:51
S--curit--.jpg Aujourd'hui, faisons un peu d'analyse lexicale ; au-delà d'une certaine mode politique en France, vous aurez certainement entendu parler de sûreté et de sécurité. Quelle différence entre ces deux termes ?

Tout d'abord, quelques extraits des définitions du TILF :
Sûreté
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  •  
  • Caractère de ce qui est sûr.
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  •  
  • Caractère de quelque chose dont il ne fait pas de doute qu'il aura lieu, qu'il se produira.
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  • État ou situation de ce qui n'est pas en danger, de ce qui ne court aucun risque. Synon. sécurité.

Sécurité
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  •  
  • État d'esprit confiant et tranquille qui résulte du sentiment, bien ou mal fondé, que l'on est à l'abri de tout danger.
  •  
  •  
  •  
  • Absence ou faible proportion de risques d'accidents; ensemble des mesures visant à réduire ou à minimiser ces risques.
Source : TILF

La sûreté semble graviter autour des notions de certitude, avec donc une dimension future quant à l'issue d'une action. Dans la sécurité, il y aurait une dimension plus statique, plus orientée vers les risques qu'un objectif lui-même.

Pour aller plus loin, voici quelques approches intéressantes trouvées sur le web :
Ni le latin, ni l’italien ne distinguent « sûreté » de « sécurité », « securitas » et « sicurezza » et, en français, l’étymologie commune des deux termes dont le deuxième semble avoir été pris à l’anglais plus qu’au latin nous avertit que le sens doit être très voisin.
Ce qui n’est pas le cas en anglais où l’étymologie de « safety » (sûreté) est différente de celle de « sécurity » « sécurité ». To be safe, c’est l’idée d’être sauf d’avoir échappé à un danger, to be secure, c’est n’être menacé par aucun danger.

Certes l’Association Henri Capitant dans son « vocabulaire juridique » distingue « sûreté » de « sécurité » IV Asso. H. Capitant :
« Sûreté : pour chaque citoyen (on précise parfois sûreté individuelle)
a) garantie contre les arrestations, détentions et peines arbitraires
b) garantie de la liberté individuelle qui consiste dans la protection accordée par la société à chacun de ses membres pour la conservation de sa personne, de ses droits et de sa propriété (déclaration de 1793 art. 8) » par extension : la protection dont l’Etat se couvre (sûreté de l’Etat), celle qu’il organise (sûreté publique)

SÉCURITÉ : « situation de celui (…) qui est à l’abri des risques (s’agissant des risques concrets : agressions, accidents…) état qui peut concerner une personne (sécurité individuelle), un groupe (sécurité publique) Par extension : prévention de tels risques mesures et moyens de protection tendant à prévenir la réalisation de ces risques, ensemble de précautions incombant à certaines personnes envers d’autres.
Compensation des risques réalisés, mesure tendant à compenser, chez la victime, la réalisation des risques. (Sécurité Sociale)Toute garantie tout système juridique de protection tendant à assurer, sans surprise, la bonne exécution des obligations, à exclure ou au moins à réduire l’incertitude dans la réalisation du droit.
Sécurité de l’emploi, sécurité du travail »

Ainsi la sûreté serait une garantie, une action qui incomberait aux autorités, la sécurité un état de celui qui n’est menacé par rien. Le premier terme est dynamique, suppose une action au moins éventuelle, le deuxième exprime un état.

Wikipédia nous permet d'aller un peu plus loin :
« La sûreté est beaucoup plus qu’une liberté particulière ayant un objet déterminé […] elle est, plus largement, la garantie de la sécurité juridique de l’individu face au pouvoir. […] La sûreté constitue donc la protection avancée de toutes les libertés : c’est elle qui permet leur exercice paisible ».
 
 
Source : Rivero J., Les Libertés publiques, t. 2, « Le régime des principales libertés », p. 21, Paris, PUF, coll. « Thémis », 2003.

Par ailleurs :
Si nous cherchons maintenant à retrouver trace du concept de sécurité encore plus loin dans le temps, nous découvrirons une évolution assez inattendue.
Naguère en effet, la sécurité comme concept était essentiellement liée à l’âme et à la spiritualité. C’était tout simplement une notion théologique. La sécurité était considérée comme un état d’esprit, une vision du monde et un état spirituel dans le sens tant psychologique que moral. Le terme grec ataraxie (αταραξία) ― tranquillité de l’âme ― a été utilisé pour décrire l’état de sécurité.
Il est intéressant de noter que l’expression avait une connotation négative. La sécurité correspondait à l’absence de problèmes émotionnels ou spirituels, compris comme absence de souci.
(...) À l’époque du passage du grec ancien au latin, ataraxie fut traduit par le terme latin securitas. La connotation se rapprocha davantage de ce que nous appelons aujourd’hui la sûreté (safety en anglais, trygghet en norvégien), autrement dit la stabilité, la fermeté, la solidité, etc. Cela signifie donc que la version romaine de la sécurité avait un caractère beaucoup plus objectif. Le souci et la considération de la sécurité pouvaient dès lors être partagés par plusieurs individus et constituaient par conséquent la base d’une compréhension commune, d’une approche commune et de mesures communes. La notion est toutefois restée dans une grande mesure morale, psychologique et partant subjective. Si l’on est en sécurité, aucune inquiétude ni arrière-pensée ou matière à réflexion ne nous habite, et nous nous trouvons par conséquent sans instinct de conservation et certainement sur une pente dangereuse, surtout par rapport aux forces célestes. (...) Ce point de départ historique nous conduit vers une combinaison assez surprenante de la morale et de la sécurité (...).
Au cours du Moyen Âge, les deux conceptions se sont dissociées pour prendre une orientation différente. Le concept de certitudo (certitude) a détaché la réflexion sur la sécurité axée sur la connaissance du concept de securitas (sécurité). Certitudo signifiait la sûreté dans la connaissance, dans la réflexion, dans la conviction. Securitas a retenu le sens de la sûreté vécue par l’être humain. À partir de là, cette déviation de sens a ouvert la voie au concept moderne de sécurité, qui a donc pu se développer.

Source : site prio
 


C'est un peu flou ? Et vous, quelle différence faites-vous entre sécurité et sûreté ? Avez-vous des commentaires pour aboutir à une distinction plus formelle ?
Publié dans : Risques et contrôle - Voir les 9 commentaires - Ecrire un commentaire - Par La Chouette
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Commentaires

Un exemple me permet de retenir la différence : 
La sûreté d'une arme est un mécanisme manoeuvré par le tireur, alors que la sécurité d'une arme est déjà en place dans l'arme. Sans action sur la sécurité le tireur ne pourra pas se blesser, ou blesser autrui par mégarde.
Ainsi on peut rapprocher ces vérités à des situations de la vie de tous les jours. 
La sécurité n'intervient qu'avec intervention. Ainsi un exemple concret : la ceinture de sécurité...
Est-ce clair?
Commentaire n°1 posté par poudre le 18/06/2007 à 01h13
LA SURETE ; est une combinaison de mesure ainsi que de moyen humain et materielle visan a proteger aviation civile des actes intervention illicite  c est un acte terroriste escemple;11 septembre 2001
La securite es la protetion des personne ou des bien
Commentaire n°2 posté par najar le 21/12/2007 à 21h45
j ai aussi un exemple troublant :
nous prenons une assurance pour nous garantir contre un risque, une eventualité, en general cette assurance porte en elle le caractere sur de l indemmnisation
Aussi dans le domaine concerné par l indemmisation nait un sentiment de securité
Dans cet exemple la securité n est que le sentiment qui resulte de la sureté acquise dans l assurance
Commentaire n°3 posté par marc barthelemy le 07/02/2008 à 19h28
La sécurité n'est-elle qu'un sentiment ? Voilà un angle intéressant de réflexion ; j'y réfléchis un peu (en fait, il faut que je resitue la catégorie philosophique du sentiment) Merci de votre réflexion
Réponse de La Chouette le 19/02/2008 à 15h32
A noter qu'il existe une distinction entre la sûreté et la sécurité dans le monde de industriel. La sûreté est du domaine de la protection des biens, des installations et des hommes de toute intervention malveillante venant de l'extérieur d'une entreprise. La sécurité concernera en revanche les aspets liés à l'accident du travail, les "agressions" internes, liées au travail.
Je reponds un peu tardivement mais je viens seulement de découvrir ce site.
Commentaire n°4 posté par Kévin le 05/01/2009 à 13h14
Un article paru dans Le Monde d'hier, aborde le sujet.
En voici un extrait :
""la sécurité est la première des libertés". Sous l'apparence d'un (efficace) bon sens, la phrase recèle quelques malentendus qui seront durables.

Le premier, de nature théorique, renvoie à la construction de l'édifice républicain. De l'autre côté de l'Atlantique, Thomas Jefferson (1743-1826) avait eu cette phrase : "Si tu es prêt à sacrifier un peu de liberté pour te sentir en sécurité, tu ne mérites ni l'une ni l'autre." En France en 1789, ce n'est pas la sécurité mais la "sûreté" que les révolutionnaires font figurer dans l'article 2 de la Déclaration des droits de l'homme, parmi ses "droits naturels et imprescriptibles". Or, comme l'explique l'ancien président du Conseil constitutionnel Robert Badinter, la sûreté est précisément "l'assurance, pour le citoyen, que le pouvoir de l'Etat ne s'exercera pas sur lui de façon arbitraire et excessive". Dans sa version moderne, cette notion est défendue par la Convention européenne des droits de l'homme. Elle "donne le droit d'attaquer son propre Etat quand on estime qu'il porte atteinte à ses libertés fondamentales", précise Hugues Portelli, sénateur UMP du Val-d'Oise, professeur de sciences politiques à l'université Paris-II."

L'article est consultable dans son intégralité ici :

http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/02/04/quand-la-securite-est-devenue-a-gauche-comme-a-droite-la-premiere-des-libertes_1150562_3224.html#ens_id=1150640

Commentaire n°5 posté par Koni le 05/02/2009 à 10h59

Je voudrais revenir sur l'aspect "industriel" de ces notions, comme indiqué déjà dans les commentaires : sécurité au travail = protection contre les accidents ; sûreté = protection contre la malveillance ; il y a un contre sens (faux-ami) dans les traductions anglaises mentionnées plus haut : en fait sécurité = safety et sûreté = security ; par exemple on dit bien "safety belt" pour "ceinture de sécurité" mais "security measures" pour "mesures de sûreté" (contre la malveillance)

voir aussi ce document très intéressant :

http://www.iot.ntnu.no/users/albrecht/rapporter/notat%20safety%20v%20security.pdf

Commentaire n°6 posté par FK le 23/12/2010 à 10h17

Pour moi sécurité et sûreté se différencient de la façon suivante :

sécurité : état d'invulnérabilité à des menaces accidentelles, inintentionnelles

sûreté : état d'invulnérabilité à des menaces intentionnelles

Dans l'entreprise, même si cela n'est pas exprimé tel quel, c'est relativement à cette conception que l'on organise les parades.

Commentaire n°7 posté par Jean Dautremer le 03/02/2011 à 10h43

Merci pour votre commentaire ainsi que celui de FK avec la pièce jointe. En fait, on constate que la terminologie n'est pas stabilisée et qu'elle peut même être inversée entre le français et l'anglais. J'ai vu une autre approche dans une entreprise de transport où la sécurité porte sur les marchandises alors que la sûreté porterait sur les hommes...

A ce stade, je me demande s'il ne faut pas considérer autrement la question. Quel intérêt y a-t-il pour une entreprise, ou une organisation, à distinguer sécurité et sûreté ? Cela génère-t-il des mesures différentes ? Par exemple, pour reprendre la distinction de Jean, le fait que la menace soit intentionelle, cela change-t-il les mesures organisationnelles de réduction ou d'élimination des risques ?

Au plaisir de vous lire

Réponse de Damien le 03/02/2011 à 23h51

en réponse à Kévin et FK, dans un cadre industriel si vous souhaitez approfondir, http://www.surete-securite.com rassemble des experts qui sauront sans aucun doute répondre.

Pour ma part la sureté arrive en amont de la sécurité. Dans le sens où la sureté répond à des incidents inconnus et la sécurité à des incidents connus  

Commentaire n°8 posté par Mathieu le 06/10/2011 à 10h54

Dans un de ses numéros de décembre, l'Express montrait une publicité pour France Terme qui est en fait un site qui communique tous les termes définis et publiés au Journal Officiel par la Commission Générale de Terminologie et de Néologie.

Ainsi, en 2011, la Commission a revu ses définitions de la sûreté et de la sécurité dans le domaine nucléaire, de la manière suivante :

  • sûreté nucléaire : Ensemble des dispositions techniques et des mesures d'organisation appliquées aux installations ou aux activités nucléaires, en vue de prévenir les accidents ou d'en limiter les effets ; par extension, état résultant de ces dispositions.
    Note : La sûreté nucléaire concerne notamment la conception, la construction, le fonctionnement, l'arrêt définitif et le démantèlement des installations nucléaires de base ainsi que le transport des matières radioactives.
  • sécurité nucléaire : Ensemble des dispositions prises pour la sûreté nucléaire, la radioprotection, la prévention et la lutte contre les actes de malveillance, ainsi que des actions de sécurité civile prévues en cas d'accident ; par extension, état résultant de ces dispositions.

L'objectif de ce site est d'inciter à employer les mots justes.

On peut maintenant se livrer à l'exercice suivant puisque la définition de sécurité renvoie à celle de sûreté :

Commentaire n°9 posté par Damien le 20/12/2011 à 15h13

Socrate et l'entreprise

Dépayser les lieux communs.

Remettre du sens et de l'éthique dans les pratiques au quotidien.

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"Socrate, un philosophe au secours de l'entreprise" - Damien Goy (Maxima)

Pour avoir votre exemplaire : FNAC, Amazon.

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