Vendredi 1 juin 2007 5 01 /06 /2007 00:58
deforestation5.jpg Je viens de finir la lecture du livre de Dherse et Minguet, "L'Ethique ou le Chaos", et souhaite vous en livrer un aspect supplémentaire (voir précédent article, Les quatre faces de la réalité).
Les auteurs développent la notion de bien commun comme dimension éthique de la préoccupation managériale.
Par cette notion de bien commun, ils entendent que le souci des personnes doit avoir pour objet le bien de chaque personne et en même temps le bien de tous, une sorte de parfaite harmonie (mais est-ce réaliste ?).

Afin de s'illustrer, il procèdent à une analogie du bien commun avec le corps humain, lequel
repose sur "la solidarité vitale entre le corps, les membres et les cellules ; dans cette logique, le bien commun n'exclut pas la compétition et même la lutte pour la vie" ; "il est cohérent avec un combat qui est une lutte de chacun pour une meilleure performance au bénéfice de l'ensemble, et non un duel fratricide qui vise avant tout à l'éliminationde l'autre".
Ainsi, pour les auteurs, tout type d'exclusion est un phénomène directement lié à l'absence de recherche du bien commun.

Minguet et Dherse rappelle que, selon eux :
La cause de la dégradation du monde (ou de la société) est bien cette omission du service de la personne qui place les autres devant deux épreuves blessantes :
  • la pression de l'exemplarité négative : "Si d'autres le font, pourquoi pas moi ?"
  • la pression des dissymétries injustes : "Si je ne fais pas comme eux, et comme ils me disent de faire, je suis condamné à être exclu"
Ils retiennent trois stratégies possibles pour faire grandir le bien commun :
  • L'héroïsme qui consiste à aller à conter-courant de la pression du groupe qui oblige à participer ou à être exclu.
  • La sagesse de ceux qui savent reprérer de loin les situations d'injustice et qui, au prix d'un effort intelligent, arrivent à ne pas s'y exposer de trop près .
  • L'activité de ceux qui cherchent délibérément à combattre ces structures de dissymétrie injuste et à créer des lieux inverses, où la pression de groupe va aider les nouveaux arrivants à inscrire leurs actes et décisions dans le sens du souci de la personne

Il faut retenir que le bien commun n'est pas dans leur conception un objectif en soi ; c'est un concept, peut-être inatteignable, mais dont la pensée peut servir de boussole à l'agir humain.
Ainsi, "l'homme de bonne volonté va donc adopter la recherche du bien commun comme critère de ses décisions et de ses actes".
La liaison, aussi surprenante soit-elle, entre la prise en compte du souci des personnes et la performance économique globale de la planète fonde le réalisme et la vigueur de l'homme de bonne volonté dans son action.
Et dans une logique de stratégie des petits pas (ou du battement d'aile du papillon à Pékin), "tout signe de renversement du courant, même ténu, va entraîner d'autres personnes à emboîter le pas". Les auteurs invitent à la pratique d'une certaine gratuité dans les décisions.

 
Cela vous semble-t-il réaliste ? Que serait pour vous de contribuer au bien commun dans votre quotidien ?
Ce dernier compte-rendu de lecture du livre de Minguet et Dherse est une première pierre pour aborder la notion d'humanité.
Voir les 0 commentaires - Par La Chouette - Ecrire un commentaire - Partager     - Publié dans : ÉTHIQUE
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