Mardi 8 mai 2007
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23:10
Aujourd'hui, je sors des
sentiers battus pour faire un petit détour par la Chine. J'ai déjà eu l'occasion de vous parler des chengyu, ces figures de
quatre caractères synthétisant des paraboles connues de tous.
J'ai retenu la parabole du chengyu :
Attendre le lièvre sous l'arbre
Jadis, un paysan travaillait dans son champ. Un lièvre apparut subitement, se cogna malencontreusement contre un arbre et mourru le cou cassé.
Le paysan avait gagné ainsi un repas gratuit sans aucun effort ; il s'en alla le cuisiner.
Tout en le préparant, il songea à la possibilité d'en attraper un chaque jour et s'imaginea ne labourant plus les champs.
Au final et dès le lendemain, il décida de se positionner près de l'arbre de sa première réussite.
Il attendit ainsi, et en vain, son lièvre toute la journée sous l'arbre.
Malgré ce premier échec, et fort de la perspective de ne plus avoir à labourer, il continua à se positionner près de son arbre.
Plusieurs jours s'écoulèrent ainsi sans la moindre trace de lièvre (sauf peut-être au loin, ce qui lui permettait de garder espoir) ; petit à petit, le paysan dépérit et son champ
aussi.
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Il ne faut pas se contenter de sourire à la lecture de cette petite parabole ; il s'agit bien-sûr d'un cas extrême mais, si vous cherchez bien, je suis convaincu que vous pourrez en trouver des
versions atténuées.
D'un point de vue "management", on peut regarder ce paysan comme quelqu'un qui, fort de sa réussite, continue à répéter les gestes qui l'y ont amené ; s'il avait préalablement questionné les
causes de sa réussite, il aurait mis en avant la très faible probabilité d'une telle occurence et aurait tout simplement conclu au hasard.
Peut-être avez-vous souvent remarquer la propension des individus à se glorifier d'une réussite à grands coups de communication ; si vous y regardez de plus prêt, vous pourrez peut-être même
constater qu'ils n'y ont pas contribué.
Souvent, les analyses causales effectuées restent simples, surtout lorsqu'un résultat confirme ce que l'on souhaite démontrer, indépendamment de toute corrélation.
Je vous laisser imaginer un groupe de travail de cinq personnes proposant l'innovation du futur pour l'entreprise ; ce n'est pas parce que j'ai constaté qu'il n'y avait que des français dans ce
groupe, qu'il ne faudra constituer que des groupes de français dès qu'il s'agira de réfléchir aux innovations.
Sous un autre angle, il est possible d'envisager cette histoire comme une allégorie de l'individu qui abandonne son devenir à la bonne fortune.
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Par La Chouette
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Publié dans : DÉTOURS
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