Mardi 1 mai 2007
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Dans un esprit proche de la philosophie, le blog de l'Agora du Management vise, depuis avril 2006, à questionner le management, la
finance et l'économie afin de retrouver un sens souvent perdu dans le feu de l'action, toujours plus urgente, ou dans l'habitude de pensées héritées. L'opacité du monde qui nous environne est
également accrue par des tendances, parfois antagonistes, comme la dématérialisation, l'abondance d'information, la mondialisation, à la fois ouverture aux autres cultures et
uniformisation.
Les pratiques et concepts utilisés dans le management (au sens large) ne reflètent pas un monde différent de notre société ; ils en font partie intégrante. Les
considérer peut amèner à se demander quelle humanité est à l'œuvre au sein des entreprises.
J'aurai une attention toute particulière pour la finance ; en effet, cette dernière est riche de son positionnement à la croisée de toutes les facettes de
l'entreprise et de la société ; pour plusieurs raisons, elle mérite d'être questionnée et/ou reformulée :
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Elle apparaît souvent comme nébuleuse et hors d'atteinte, ce qui n'est pas acceptable étant donnée sa place centrale et prépondérante ; présentée simplement, elle
est pourtant accessible ;
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La finance fournit souvent l'argument ultime de toute décision ou argumentation ; son plus grand danger est de se considérer comme une science universelle
productrice de vérités indiscutées (est-ce là le fait de la magie des chiffres ?). A ce titre, elle mérite d'être considérée sous un angle critique (peut-être parlerons-nous d'epistémologie
de la finance) ;
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Etant donné son poids, elle influe nécessairement sur nos finalités et dessine même notre avenir. Dans cette perspective, un regard philosophique (ou des autres
approches des sciences humaines) pourra apporter un éclairage intéressant ;
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Dans une démarche de questionnement critique et grâce à de nombreux détours (parfois inattendues par la philosophie, les sciences humaines….), il s'agira de
regarder ce que dit la finance, comment elle le dit, sur la base de quelles croyances, ce qu'elle ne dit pas ou ne considère pas.
Ma démarche aura pour fil directeur le dépaysement ; elle pourra donc être apparentée à celle d'un voyageur découvrant un autre pays ; peut-être aurais-je pu
introduire mon texte par cette citation du poète belge Louis Scutenaire :
Je vais vous parler d'un autre monde, le vôtre
Plus précisément, je m'appuierai sur les axes suivants :
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Clarifier : pour cela, il faut définir, en toute objectivité ; différencier le savoir de l'opinion et les accepter comme complémentaires. Il est
également nécessaire de pratiquer le discernement à l'image des films de Hitchcock (Vertigo, Fenêtre sur cour…) où les sens peuvent se perdre dans le flot
d'informations, caractéristique de notre ère
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Echanger/Dialoguer : l'Agora est un lieu d'échanges, avec la conviction que l'échange est à la source de toute pensée critique nécessaire à
l'exercice de la raison ; cet échange doit se faire par-delà toute considération de bien et de mal, sans jugement et dans le respect de l'autre.
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Comparer l'incomparable : aller chercher dans tous les domaines possibles des parallèles afin d'éveiller l'imagination et faire surgir des
questions et des idées inhabituelles ; en quelques sortes, s'étonner pour avancer.
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Etre à contre-courant et prendre le contre-pied dans les seuls soucis de dynamiser l'échange (et peut-être, parce qu'il s'agit d'une constance de
ma personnalité) et de mettre à jour les dogmatismes, les pensées uniques.
Peut-être, plus simplement et plus humblement, l'Agora reste l'occasion de :
Prendre du recul par rapport à sa pratique du management
Prendre la plaisir de la réflexion et de l'échange.
Nemo vir est qui mundum non reddat meliorem
Quel genre d'homme est l'homme s'il ne cherche pas à améliorer le monde ?
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Par La Chouette
Encore Bravo et longue vie à ce Blog donc je suis un assidu
Bonne journée du travail "et du repos"
Bravo pour le nouveau design et le fond de la chouette.
René
Mais il est indéniable que l'entreprise a une part de responsabilité importante pour l'humanité de demain...
Il est vrai par ailleurs que l'entreprise n'a pas une vocation d'humanité mais doit-elle pour autant en être séparée ; peut-on accéder à une plus grande humanité, au travers d'une petite portion de son temps (celle où l'on ne travaille pas) ? J'ai différentes questions dans ce sens.
Quelle est votre idée de l'humanité ?
Votre remarque concernant la répartition de la population mondiale est également pertinente ; mon appréciation était plus ethnocentrique ; mais existe-t-il des stats en ce domaine. Mais bon, cela ne diminuerait pas pour autant la prégnance de l'entreprise.
A bientôt
Un blog à découvrir, complémentaire du livre de Gérard Roth et Michal Kurtyka "Profession dirigeant" (Dunod, 2007) : http://www.profession-dirigeant.com.