Vendredi 27 avril 2007
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Résumé : Que peut apporter l'histoire, du moins sa méthode, à l'entreprise si ce n'est de garder la mémoire de son passé et d'en tirer un avantage majeur : celui d'éviter de répéter les erreurs
du passé, de renforcer le groupe et peut-être de tendre vers une réelle notion de responsabilité collective.
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Souvent, j'ai constaté la capacité des organisations à passer rapidement sur les échecs et leurs causes (en tous cas, dans mon expérience personnelle)
: il ne faut pas perdre de temps et aller de l'avant. Rebasculer immédiatement dans l'agir semble être la solution d'efficacité.
Est-ce une nécessité ou s'agit-il d'une amnésie volontaire par peur de sanction des responsables ou d'une simple répulsion à toute introspection.
Est-ce une partition des rôles dans un pur esprit tayloriste : le manager agit, la compréhension/l'analyse appartient aux fonctions de contrôle, d'audit.
A mon sens, ce travail introspectif est vital pour une décision pertinente et éclairée ; il faut savoir se ménager des périodes de temps raisonnables
(ni trop ni pas assez), périodes pouvant être alimentées par un travail, pourquoi pas, d'historiens ?
L'histoire n'est pas une science (selon, entre autres, René Char) mais une rigueur, une méthode pour comprendre le réel et aboutir à une lecture et
interprétation commune des événements. Si l'histoire est riche d'enseignements, encore faut-il qu'elle soit en plus formalisée et écrite.
Je n'ai pas encore eu connaissance de ce type d'expérience où, comme travail de base, tous les événements seraient listés formellement. L'étape suivante serait de trouver la cohérence et les
causes de ces différents événements. Ainsi, l'histoire permet de construire une mémoire inaltérable, éviter que les actions accomplies ne s'effacent avec le temps, ce qui est une condition sine
qua non pour constuire l'avenir (l'histoire peut s'assimiler aux fondations d'un édifice).
Je n'assimile pas la communication interne telle qu'elle est pratiquée, à ce travail historique. Les chargés de communication interne sélectionnent essentiellement les éléments positifs et
fédérateurs de l'entreprise et, tous comme les journalistes, ne s'inscrivent pas dans la durée longue.
Au passage, nous pouvons nous interroger sur cette exclusion des événements négatifs ; à mon sens, ils peuvent être plus fédérateurs d'un groupe (souvent dans la difficulté les groupes se
soudent), voire d'une expérience commune si la responsabilité est considérée comme relevant du collectif et non comme le fait d'un individu. En effet, ce travail historique, en particulier sur
les épisodes difficiles, reposent sur l'acceptation de l'erreur individuelle et de l'acceptation par l'ensemble d'une part de responsabilité (ce point de vue est tout à fait discutable ; donc,
n'hésitez pas).
Mais, là encore, il n'est pas de bon ton de parler des "sujets qui fâchent"... pourtant, cela constituerait une bonne approche pour limiter autant que possible la répétition des erreurs du passé,
car rarement les erreurs sont le fait d'un seul individu...
Voilà donc tout un programme que l'on peut résumer en trois points :
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Soigner les acteurs de l'entreprise de leur amnésie sélective ;
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Prendre conscience d'une responsabilité collective et l'assumer ;
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Connaître son passé pour construire l'avenir (il s'agit d'un savoir, plus que d'information, pour boucler avec mon récent billet Google : point de départ d'une réflexion sur le savoir).
Qui vote pour ? Ouvrons le débat ;-)
Publié dans : Management et organisation
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Par La Chouette
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