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Lundi 23 avril 2007 1 23 /04 /Avr /2007 15:36
Parchemin.jpg Non, je ne vais pas vous parler de Google comme outil de management. Cette petite réflexion est inspirée par une émission de France Culture "Question d'éthique" où Monique Canto-Sperber échangeait avec Barbara Cassin à propos de son récent livre "Google-moi". Même si l'analyse est intéressante, je ne ferai pas écho ici à la critique de l'Amérique et de sa mission.
Une de missions que Google se donne est d'organiser toute l'information du monde (ambition qui au passage peut faire peur car il n'y a qu'un pas entre organiser et maîtriser).
Aujourd'hui, souvent, dès que vous avez une question, vous vous jetez sur votre ordinateur pour trouver la réponse ; est-ce qu'internet, en général, et Google, en particulier, serait un formidable moyen pour tout savoir sur tout ?
Comme cela est posé dans l'émission de France Culture, Internet et Google donnent-ils vraiment accès à un savoir ? Développer cette distinction entre savoir et information n'est pas ici mon propos, mais il me semble que beaucoup d'informations présentes sur internet ne peuvent prétendre au statut de savoir, dans la mesure où elles ne font pas l'objet d'une critique (ce qui est un critère minimum) et ne sont pas soumises à l'épreuve d'une méthode de validation (critère supplémentaire) (au passage, peut-on penser que le blog permet pas l'échange de commentaires d'apporter la critique nécessaire au savoir ?). L'épistémologie considère plus de critères pour qualifier un savoir.

Ces quelques considérations peuvent viser également les démarches de Knowledge Management (gestion des savoirs ou des connaissances) en entreprise. Comment éviter que ces démarches n'aboutissent à une simple accumulation d'informations et s'éloignent d'une véritable démarche de savoir ?

Quelle serait d'ailleurs une démarche de savoir en entreprise ? Je me proposerai peut-être d'aborder le sujet à une autre occasion.

La réflexion menée par B. Cassin soulève une deuxième problématique ; le classement de l'information reposant sur une mesure apparemment qualitative du site considéré : le page rank ; ce dernier mesure le nombre de liens vers le site considéré, comme autant d'approbations de son contenu. Dans cette approche, la qualité est une propriété émergente du quantitatif. Dans ce fonctionnement, à l'apparence démocratique (1 click = 1 vote), peut émerger une vision particulière de la vérité ou du savoir : le savoir vrai est le savoir validé par le plus grand nombre.

Ce critère de l'approbation collective et majoritaire, que l'on retrouve dans certaines décisions de l'entreprise, est-il le garant d'un savoir véritable ?

Pour aller plus loin :
Publié dans : Détours - Voir les 3 commentaires - Ecrire un commentaire - Par La Chouette
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"Tout le monde se plaint de sa mémoire mais personne ne se plaint de son jugement"
La Rochefoucault
"Voyager nuit gravement aux lieux communs"
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